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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Le plan B PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 12 Novembre 2013 00:00
L'alternative centriste l www.libres.org

Ils auraient pu dire « le plan BB », cela aurait eu un air coquin et tropézien. Mais il y a eu dans la grande presse assez de moqueries sur le sujet : « le mariage pour tous », « Bayrou et Borloo pacsés ». Je n’en rajouterai pas sur l’union des deux comiques troupiers.

Ainsi nous voilà proposée la nouvelle formule UDI + MoDem = Alternative. Formule alchimique, qui méritait bien d’être présentée ce mardi à la Maison de la Chimie.

Nos deux compères ont découvert que les Français sont en « désespérance » et qu’ils attendent une « nouvelle offre politique ». Bravo : le constat est original. Le remède aussi : BB propose une « alternative politique, économique et sociale », une « reconstruction de la nation ». La nouveauté, précise Bayrou, c’est qu’on abandonne l’intérêt des personnes et des partis pour ne penser qu’à l’intérêt général. Par exemple, il faut changer les institutions (notamment en adoptant une dose de proportionnelle dans les élections), lutter contre l’illettrisme et contre le chômage de longue durée.

Je m’incline devant tant de lucidité, de créativité, d’abnégation et j’apprécie ce plan B pour la France « Le plan B, c’est nous », martèle Borloo.

 

Cette affaire devrait être tenue pour négligeable si elle n’était pas un cas d’école : qui et comment changer l’esprit de la classe politique actuelle ?

Qui donc ? Les joyeux compères ont quelques hauts faits à leur actif. Non seulement Bayrou a soutenu explicitement François Hollande en 2012 mais, en tant que ministre de l’Education Nationale, il est l’auteur de la réforme LMD dans les Universités, qui permet à des étudiants d’entrer en deuxième, puis en troisième année, sans avoir réussi la première année : ils se mettent à jour au fur et à mesure. Génial. Quant à Borloo, il s’est immortalisé avec le Grenelle de l’Environnement qui a enfanté en particulier l’écotaxe, parmi quinze taxes écologistes nouvelles, et pondu plus de deux cents réglementations. Génial aussi. A l’image de bien d’autres, les BB ont retourné leurs vestes plusieurs fois, appartenu à maintes formations différentes et au sein même de leurs troupes, ils trouvent critiques et dissidences. La promesse d’aller ensemble aux élections est déjà écornée dans bien des endroits (à Paris en particulier), mais on sait bien que c’est l’intérêt général qui anime l’Alternative et pas du tout les calculs électoraux. 

Et où serait donc le changement dans ce plan B ? Unir les centres. « La France doit être gouvernée au centre » avait déclaré VGE, en créant l’UDF. Le centre, c’est le marais, c’est le non-choix, il englobe (et c’est confirmé dans la charte de l’Alternative) les écologistes et les sociaux-démocrates. VGE ne faisait que transcrire les conclusions de l’analyse de l’école des « Public Choice » de James Buchanan et Gordon Tullock : dans une configuration électorale bipartisane (gauche/droite, Républicains Démocrates, Libéraux/socialistes) c’est l’électeur médian, celui qui permet de passer de 49,99 à 50,01 % des suffrages, qu’il faut séduire et, pour ce faire, il faut aller chercher les voix « en face » et avoir les programmes les plus anodins, les moins repoussants possible. Avec BB la victoire est assurée : ils n’effaroucheront personne et à l’image du Front National, ils capteront surtout les votes négatifs d’électeurs effectivement et légitimement lassés de l’UMPS. Sauf que Borloo a fait une belle carrière à l’UMP et que Bayrou a soutenu le PS. Dans plusieurs circonscriptions, l’Alternative fera alliance de fait avec leurs anciens amis, de gauche ou de droite. 

Mais je me demande pourquoi je m’acharne sur le plan B et ses auteurs. D’une part, on ne tire pas sur une voiture balai, d’autre part, les autres acteurs de la vie politique française ne font pas mieux. Je n’en vois aucun prôner la véritable alternative, je ne vois aucune offre politique libérale faite aux Français. Dans un article à paraître, j’insiste sur le changement qu’il convient de faire : rompre avec le socialisme, de droite comme de gauche, en vigueur et en progrès depuis au moins un demi-siècle, mais aussi aller au-delà du capitalisme pour lui associer étroitement le libéralisme. Certes la défense du capitalisme est nécessaire, mais elle oublie trop souvent la dimension morale et humaine du libre échange et de la libre entreprise. Certes la liberté est notre choix, mais ce choix est ordonné à la dignité de la personne humaine.

Trop de gens imaginent que nous vivons dans un système capitaliste, alors que nous vivons dans un système dirigiste et socialiste, qui a parfois des apparences marchandes mais n’est en réalité que le capitalisme des coquins et des copains, né de la collusion entre un certain milieu des affaires et le milieu de la politique et de l’administration. Les Anglo-saxons dénomment ce régime « crony capitalism », le capitalisme des tricheurs, des menteurs. 

La véritable alternative, aux yeux des vrais libéraux, consiste à rompre avec la tricherie et, pour ce faire, à rompre avec le tout Etat, le tout ENA, qui nous ont menés à la prévarication, aux privilèges, aux injustices. Certes, je lance un appel solennel à Bayrou, Borloo, François, François, François, Nicolas, Jean Marc, Marine et tous les autres pour qu’ils viennent nous rejoindre dans cette entreprise de reconstruction nationale. Mais je crains qu’ils n’en soient qu’au b.a-Ba de leur apprentissage libéral. Le plan de libération sera sans doute porté par d’autres, tôt ou tard. Le plus tôt est le mieux, mais mieux vaut tard que jamais.

 

 
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