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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Novembre 2013 00:00
Réduction de l'Etat l www.libres.org

« C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie » (Luc, XXI, 5-21)

L’Evangile de dimanche dernier 17 novembre invitait à rappeler toutes les vertus de la persévérance. Le Christ ne cachait pas à ses disciples qu’ils auraient à connaître des guerres, des famines et des catastrophes naturelles, qu’ils seraient persécutés parce qu’ils affirmeraient leur foi, qu’ils seraient dénoncés par leurs plus proches et seraient condamnés à mort. Mais Il les rassurait aussi : à long terme, leur message serait compris et ils trouveraient tous les arguments pour persuader et convertir les autres. Depuis vingt siècles la persévérance est la ligne chrétienne, porteuse de civilisation.

 

L’appel à la persévérance devrait être entendu dans une société où apparemment seul l’immédiat importe. Le « tout et tout de suite » est la maladie de nos temps, l’accélération du progrès technique et du développement économique y est pour beaucoup. Dans le domaine de la politique, les incantations du keynésianisme et le jeu démocratique frelaté ont privilégié le court terme. Rien ne semble tenir la distance : la famille se décompose, les opinions fluctuent, les vertus morales se délitent. Il n’est pas jusqu’à l’histoire que l’on travestit, pour l’adapter au goût du jour. Et si certains se réfugient dans le statu quo, c’est parce qu’ils ont perdu toute vision d’avenir, toute référence durable. La route n’est plus semée d’étoiles.

« Perseverare diabolicum » : certes la persévérance a son revers, on peut persévérer dans l’erreur. C’est bien ce qui explique la situation actuelle de la France. Depuis des décennies (j’ai quelque difficulté à choisir entre 1936, 1945, 1962, 1968) la marche au socialisme et au collectivisme a été permanente. Allant plus loin, depuis des siècles notre pays s’est enfermé dans l’étatisme et le jacobinisme, et c’est de cette tradition que viennent également la plupart de nos maux. La crise économique a été prolongée et aggravée parce que les puissants de ce monde ont persévéré dans l’économie dirigiste et protectionniste. En France, il se trouve encore une majorité d’intellectuels (dont certains font profession d’économistes) pour soutenir qu’il aurait fallu persévérer dans les déficits et dans les dettes.

Cependant s’il est diabolique de persévérer, c’est parce que l’erreur est humaine. Le progrès personnel et universel auquel nous sommes promis n’est pas linéaire. L’évolution sociale, rappelait Hayek, est le fruit d’un processus d’essais et d’erreurs. L’homme est imparfait, faillible, mais sa raison l’éclaire (et sans doute la grâce) pour lui signaler les erreurs commises et reprendre le chemin de la dignité personnelle et de l’harmonie sociale. 

Depuis plus d’un demi-siècle, j’ai incité les libéraux à persévérer dans la connaissance et la diffusion des idées de la liberté. Sans doute avons-nous fait parfois fausse route, et j’ai moi-même commis de nombreuses erreurs. Mais la vision d’une société de liberté et de responsabilité ne nous a jamais quittés, et j’ai poussé le soc de la charrue avec peine, les yeux fixés sur l’immédiat, sur le labour, mais en relevant régulièrement la tête pour vérifier que je tirais droit. Aujourd’hui, comme je vous l’expliquais la semaine dernière, le sol est rocailleux, mais je me fais un devoir de continuer, de persévérer. C’est dans les épreuves que nous puisons une force nouvelle, c’est bien ce qu’on appelle la persévérance.

Un exemple de la persévérance est curieusement donné par une autre lecture de dimanche dernier, l’épître de Saint Paul aux Théssaloniciens : « […]Dans la fatigue et dans la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous […] Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l’oisiveté, affairés sans rien faire. A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné ».

Cet extrait a tout d’abord le mérite de rappeler que le travail (entendons l’activité économique) a non seulement une dimension personnelle (expression de la créativité humaine, retombées bénéfiques de l’effort), mais aussi une dimension sociale : rendre service aux autres, ne pas être à leur charge. Mais cet extrait nous encourage aussi à lutter avec persévérance contre la redistribution arbitraire mise en place par l’Etat Providence. C’est avec obstination qu’il faut dénoncer l’oisiveté, et tout cet « affairisme » qui n’est pas du travail. C’est sans cesse qu’il nous faut plaider pour le lien entre production et rémunération, entre service et revenu, et en finir avec la subvention du parasitisme.   

Vous le voyez, je persévère : je reste fidèle à Adam Smith en professant que la richesse des nations vient de la division du travail ou, mieux encore, de l’échange de services (Bastiat).

Je reste aussi fidèle à la référence chrétienne que d’aucuns négligent ou détruisent, et je persévère dans l’idée qu’être libéral n’empêche pas d’être croyant. « Libéral et croyant » : c’était la devise de ce cher Raoul Audouin, qui nous a tant appris, qui a traduit en France avec talent et persévérance le message de Hayek et von Mises. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » : la célèbre citation de Guillaume d’Orange est plus actuelle que jamais. Persévérons : la liberté vaincra.

 
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Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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