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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Le Pape François : l’anti-économique ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Mercredi, 11 Décembre 2013 00:00

Certains catholiques s’interrogent sur le discours économique du Pape : à tort ?

 

« La joie de l’Evangile » est le titre d’un texte écrit la semaine dernière par le Pape François. Le titre est important et il reflète l’essentiel du contenu de ce message évangélique : dans le monde contemporain en souffrance, les chrétiens doivent apporter la joie. Aux côtés de la foi et de la charité, l’espérance est une vertu théologale, elle doit éclairer nos comportements et rassurer ceux qui peinent.

Or, dit le Pape, nos comportements sont dans le monde actuel dominés par un système économique qui consacre l’argent-roi, la compétitivité, qui exclut des millions d’êtres humains et crée des « disparités sociales ». L’Eglise elle-même s’occupe trop d’être « dans la mondanité spirituelle» et ne rêve que d’expansion et de pouvoir là où il faudrait de l’attention aux plus humbles. Le Pape a quelques formules qui en auront inquiété plus d’un : « la loi du plus fort où le puissant mange le plus faible […] la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain ». Y a-t-il lieu de s’inquiéter ? Oui et non.

Oui, parce que visiblement le savoir économique du Pape a été acquis dans une Argentine où en effet de richissimes propriétaires fonciers n’ont rien fait pour le développement d’un pays qui compte encore aujourd’hui des millions de pauvres, dans une Argentine où le « mauvais capitalisme » comme disait Jean Paul II est à l’œuvre. On est donc frappé du contraste avec Jean Paul II, qui avait appris l’économie à l’école des régimes communistes, et associait étroitement la liberté économique et la dignité humaine. Le texte de François n’a ni la consistance ni la maturité de « Centesimus Annus ».

Non, on ne doit pas s’inquiéter pour autant, ou pour l’instant. Le texte de François n’est qu’un simple essai, et non pas une Encyclique, qui appelle le travail et la précision qu’exige une pièce de la Doctrine Sociale. Il s’agit de la collation des homélies prononcées en chaire avec beaucoup de spontanéité et parfois d’improvisation par le Pape actuel. Mais surtout ce texte est éclairé, traversé dans chacun de ses passages par ce qui est essentiel aux yeux de François : l’appel à la prière, l’Evangile partagé par tous les hommes de tous les pays, mais aussi de toutes les religions. Certes le monde adore le veau d’or, mais chaque être humain a sa dignité, il a aussi la responsabilité de ses frères. De ce point de vue, François s’inscrit dans la ligne de Jean Paul II et Benoît XVI. Du moins peut-on le penser.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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