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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Un nouveau monde de science et d’industrie

Saint Simon « le dernier des gentilshommes et le premier des socialistes » (se définissait-il modestement) partage l’idée d’Auguste Comte : avec le XIXème siècle le monde est entré dans une ère scientifique.

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Jour de colère PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 28 Janvier 2014 00:00
Manifestations l www.libres.org

“L’espérance a deux beaux enfants : la colère et le courage. La colère face aux choses telles qu’elles sont et le courage pour les changer”

Cette phrase de Saint Augustin a été citée par Béatrice Bourges en exergue de son article dans Valeurs Actuelles de la semaine dernière. Porte parole du “Collectif pour l’enfant” elle a été l’une des têtes de la manifestation de dimanche dernier “Jour de Colère”. Bien évidemment, les medias ont tout de suite classé les manifestants à l’extrême droite. Bien évidemment la police n’a dénombré que 17.000 manifestants et les organisateurs 140.000. Bien évidemment ce sont les policiers qui ont été blessés et, bien évidemment, on a dû arrêter 150 “casseurs”. Le scénario était monté d’avance par le Ministre de l’Intérieur.

 

En dépit des truquages, des mensonges et des provocations de Manuel Valls, ce jour de colère a traduit l’hostilité à la politique de François Hollande, le ras le bol fiscal, social, sociétal de centaines de milliers de Français. Précédé par la marche contre l’avortement quelques jours plus tôt, ce défilé va être suivi dimanche prochain 2 février par une nouvelle “manif pour tous” contre les lois Taubira. Comme en 2013, la société civile se mobilise et le pouvoir socialiste vacille. Voilà qui est sympathique : des gens de tous horizons, de toutes origines, de tous âges, sont capables de s’unir pour dénoncer les “choses telles qu’elles sont”. 

Pour autant, et pour l’instant, la colère ne s’accompagne pas d’un projet pour “changer les choses”. On aura remarqué le caractère hétéroclite des manifestants et de leurs slogans. Les adversaires du mariage pour tous, de l’avortement, de l’euthanasie voisinaient avec les routiers ruinés par l’écotaxe, les Bretons victimes de ségrégation, les frontaliers privés du choix de leur protection sociale, les contribuables harassés d’impôts arbitraires, les cathos dits “intégristes” protestant contre la christianophobie et, sans doute, nombre de ceux qui n’aiment ni les forces de l’ordre de la République ni leur ministre. 

A vrai dire cette diversité est en soi révélatrice, puisqu’elle est le reflet de l’omniprésence de l’Etat. L’Etat s’occupe de la vie privée, de la vie, de la mort, des enfants, de la famille, du mariage, de l’environnement, de la Sécurité Sociale, de la religion. Aujourd’hui la Providence est devenue la pieuvre étatique, et enserre les Français, tenus désormais en esclavage. Le jour de colère, c’est le chant des esclaves. 

Que le peuple se soulève contre un despotisme absolu est une marque de dignité retrouvée, la servitude n’est plus “consentie”, comme disait La Boëtie. Un “printemps français” devrait lever une grande espérance, comme celle qui avait accompagné les “printemps arabes”. 

Oui, mais c’est précisément ici que l’on peut s’interroger sur la suite des évènements : les jours de colère n’ont pas souvent de lendemain. Ils ébranlent le pouvoir, voire l’abattent, sans pour autant réussir à “changer les choses”. Il manque souvent à la libération un projet de société nouvelle. 

Dans l’article de Madame Bourges, plein de bon sens et d’émotions véritables, j’ai trouvé aussi des incongruités, comme la condamnation du profit qui, d’après elle, expliquerait les dérives politiques et morales actuelles. J’attribue bien sûr cette sottise à l’ignorance économique que la dame a en partage avec les trois quarts de nos concitoyens. Mais du coup, elle ferme la porte à la seule issue possible pour redonner espoir aux Français : la liberté, qui n’est pas seulement porteuse d’efficacité économique, mais aussi source et exigence de valeurs morales et spirituelles. Source également de progrès social, comme je l’expliquais dans un article du même numéro de Valeurs Actuelles jouxtant celui de Madame Bourges. 

Faute de brandir le drapeau du libéralisme, les révoltés d’aujourd’hui seront les trompés de demain. Les uns vont fuir dans l’extrémisme de droite ou de gauche ; aujourd’hui ils se rejoignent dans leurs thèmes (contre le capitalisme, la finance, l’Amérique, l’Europe, les riches, seule l’immigration les sépare). Les autres, une fois la colère exprimée, se réfugieront dans le cocon des partis “d’opposition” et croiront changer la France en provoquant l’alternance. Ils changeront l’uniforme des soldats de l’Etat sans dissoudre l’armée. 

Il y a donc, de mon point de vue, un seul courage à avoir pour “changer les choses telles qu’elles sont”: montrer la voie de la liberté, qui est aussi celle de la responsabilité, de la vraie solidarité et de la pleine dignité. C’est la voie qu’ont empruntée, peu ou prou, les pays qui ont évité la crise ou en sortent maintenant, c’est la voie qui a rendu confiance à ceux qui veulent travailler, entreprendre, épargner, sans avoir derrière eux des “enrayeurs” comme disait Bastiat, des prescripteurs, des contrôleurs, des percepteurs dont la mission officielle est de servir le public, mais dont la tâche avérée est de servir les privilèges et les prébandes des supports et clients de l’Etat. 

La voie est aujourd’hui obstruée par la classe médiatique et politique. En cela, le jour de colère traduit une rupture bienfaisante avec la pensée unique. Mais il appartient maintenant aux libéraux d’éclairer la route de la liberté. Nous ne pouvons nous contenter de protester et de critiquer, chacun de notre côté. Nous devons nous faire “pêcheurs d’hommes”, comme Pierre André, Jacques et Jean. C’est un engagement ecclésial qu’il nous faut prendre maintenant.

 

 
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