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L’Ukraine, la liberté et Gazprom PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 24 Février 2014 00:00
Capitalisme ou mafia ? l www.libres.org

Comme la plupart d’entre vous sans doute j’ai été bouleversé par le soulèvement du peuple ukrainien. Il fait écho aux soulèvements de Budapest en 1956, de Prague en 1968, de Gdansk en 1970. Le courage des manifestants, la répression policière, la lutte contre la dictature, la statue de Lénine renversée : autant de signes d’un combat pour la liberté.

Comme la plupart d’entre vous sans doute j’ai applaudi à la victoire de l’opposition, chèrement payée, mais j’ai du mal à imaginer que tout soit réglé désormais : le pays est divisé entre Est et Ouest, aucun leader politique crédible ne semble capable de réaliser une unité nationale durable, et la situation économique du pays est catastrophique.

Comment en est-on arrivé là ? Par les égarements, voire les crimes, des dirigeants politiques mais aussi par les enjeux économiques sous-jacents ; deux causes d’ailleurs étroitement liées, qui devraient alerter le camp de la liberté.

 

La liberté, les Ukrainiens pouvaient y accéder en 1991. Le referendum pour l’indépendance avait recueilli 91 % des voix (82 % des Ukrainiens avaient participé au vote). Malheureusement, l’élan libérateur s’était vite rompu avec la présidence de Leonid Koutchma, dirigeant communiste très proche de Moscou, installant corruption et répression. En 2004, la « révolution orange » avait contesté les élections présidentielles gravement entachées de fraude et portait à la présidence Viktor Iouchtchenko, Ioulia Tymochenko, la pasionaria des manifestants, devenant Premier Ministre. L’Ukraine allait-elle enfin connaître la liberté ? C’était sans compter sur les dissensions entre les artisans de la Révolution Orange, et sur la corruption de l’ensemble de la classe politique (corruption qui permettra d’écarter Ioulia Tymochenko du pouvoir et de la condamner à sept ans de prison). Les amis de Koutchma et les nostalgiques du communisme prennent alors une revanche éclatante et Viktor Ianoukovitch, le président déchu depuis dimanche, est élu en 2010, l’opposition est réduite au silence. Dans ces conditions, on comprend la colère du peuple, notamment des jeunes, contre un régime politique instable dominé par une nomenklatura avide d’argent et de pouvoir.

L’incapacité et la corruption de la classe politique ont été attisées par la lutte d’influence que ce sont livrés Moscou et Washington (sous la présidence de George W. Buch). D’ailleurs, pendant ces jours de révolution, Poutine n’a cessé d’accuser les Occidentaux d’être derrière les manifestants et les Occidentaux ont accusé Poutine d’être derrière le pouvoir en place. Certains sont allés jusqu’à évoquer la menace d’une «nouvelle guerre froide ». Il est vrai que la volonté du Kremlin de reconstruire la Grande Russie inquiète sérieusement les pays libérés de l’URSS, en particulier la Pologne, les Pays Baltes, la Géorgie et les républiques asiatiques. D’autre part, Poutine poursuit son chantage, il détient une arme puissante avec Gazprom et la place que le gaz naturel et les gazoducs occupent dans l’économie de l’Europe Occidentale, notamment en Allemagne. Mais c’est précisément ce qui va tenir les hostilités dans des limites étroites, car Poutine ne peut renoncer à la rente que lui servent les Occidentaux via Gazprom.

C’est précisément ce dernier aspect de l’affaire ukrainienne qui mérite à mon sens toute l’attention. Ce qui est en cause est une fois de plus le dirigisme économique dans sa forme la plus insidieuse et la plus contemporaine : le capitalisme des tricheurs (Crony capitalism) né de la connivence entre le monde des affaires et la classe politique. Lorsque Koutchma a proposé aux Ukrainiens d’entrer le plus vite possible dans « l’économie de marché » c’était pour calquer le modèle russe qui faisait émerger une nouvelle nomenklatura, s’emparant par tous moyens des dépouilles de l’Union Soviétique et s’installant à la tête des grandes entreprises naguère publiques. Souvent la nouvelle nomenklatura n’était que l’ancienne, soudainement convertie aux vertus du « marché », sauf à préciser que la propriété n’était pas entre les mains d’entrepreneurs ou d’apporteurs de capitaux, mais de celles d’usurpateurs et de mafieux.

Ce qui est en filigrane des évènements ukrainiens, c’est la lutte d’influence entre les « oligarques » du camp russe et du camp occidental. Ianoukovitch portait les intérêts de tous ceux qui veulent assurer la richesse de l’Ukraine, et leur richesse personnelle, à travers la collaboration étroite avec la Russie. Mais cette collaboration s’accommode mal de relations plus étroites avec l’Union européenne, dont le peuple ukrainien pouvait espérer qu’elles secoueraient le joug de Moscou et soutiendraient l’économie locale exsangue. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est que Ianoukovitch a renoncé à cette « européanisation ».

Pour autant, l’Europe peut-elle aujourd’hui se substituer à la Russie pour aider les Ukrainiens ? Les Allemands sont partagés entre leur besoin de recevoir le bon gaz de Gazprom et leur crainte d’avoir à régler la dette publique de l’Ukraine. Les Polonais veulent une nette rupture avec Moscou. Les autres membres de l’Union sont divisés, partagés principalement sur la politique de Poutine au Moyen Orient. Les Etats Unis ont du mal à prendre une ligne bien définie.

Une grande incertitude règne donc maintenant sur l’avenir immédiat de l’Ukraine. Pourtant, une première chose est certaine : l’avenir est suspendu à la lutte des oligarques. Et une autre chose encore : l’avenir de la mondialisation dépend de la totale élimination des Etats de la scène internationale. Tandis que l’économie marchande rapproche les peuples, l’économie dirigée crée des conflits et, un jour où l’autre, des guerres. La guerre civile et la ruine de l’Ukraine n’auraient pas existé sans l’existence de Gazprom.

 
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Conjoncture : Diminuer les charges sociales

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