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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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La fracture civique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Mars 2014 00:00
Monarques sur écute... l www.libres.org

Les écoutes ont déclenché un bruit assourdissant. Je suis désolé de vous en parler encore, mais c’est, je crois, nécessaire. C’est en effet l’effondrement de la démocratie et de la nation française qui est en jeu.

Je ne vais pas vous faire perdre votre temps en m’interrogeant sur les acteurs de cette tragi-comédie. Comme moi, vous avez compris que ce sont les odeurs de mœurs politiques polluées qui remontent à la surface. Est-ce grave, docteur ? Non et oui.

Ce n’est pas grave dans la mesure où voilà des siècles que le pouvoir politique utilise les moyens les plus infâmes, les plus indignes, pour préserver son emprise sur la société. La semaine dernière, nous remontions à Machiavel : la raison d’Etat efface l’état de droit. Les princes n’ont pas à se plier aux règles morales qui s’imposent aux sujets. Tous les mauvais coups sont permis quand il s’agit de gérer la chose publique.

 

La justification de ce dualisme moral est bien connue : assurer la puissance et la sauvegarde de l’Etat vaut bien quelques mauvaises manières, parce que sa mission concerne non seulement les générations présentes mais aussi celles à venir et fait prévaloir le bien commun sur les intérêts particuliers. Les hommes de l’Etat présents s’inscrivent dans cette tradition et cette logique et se comportent ni plus ni moins comme leurs prédécesseurs ; l’histoire est pleine d’affaires de poisons, de crimes de spadassins, de bastilles et de masques de fer. Tout compte fait, des écoutes téléphoniques et des valises de lingots ne me paraissent pas plus choquantes que la noyade de Robert Boulin ou le suicide de François de Grossouvre. Donc, rien de nouveau, rien de grave. 

Les choses deviennent graves quand l’Etat devient Providence. Alors l’immoralité pénètre la société dans toutes ses cellules, parce que l’Etat prend totalement en charge les individus. Quand les manœuvres voire les crimes des hommes de l’Etat ne concernent finalement que le cercle d’un pouvoir limité à quelques minorités, le peuple finit par les ignorer et se tient prudemment à l’écart de l’Etat. Les gens vaquent à leurs affaires, qui ne sont ni celles du monarque ni celles de l’aristocratie.

Mais aujourd’hui, l’Etat vient vers le peuple pour lui imposer le collectivisme, de sorte que le prince tient ses sujets dans les serres de sa réglementation, de ses prélèvements, de ses services publics. Dans ces conditions, d’une part le domaine du pouvoir s’élargit subitement : diriger un pays c’est s’ouvrir des portes innombrables, se créer sans cesse des occasions de puissance accrue et de richesse accumulée. La corruption et la dilution des mœurs sont à tous les niveaux. D’autre part les individus (que l’on continue à appeler malgré tout « citoyens ») n’ont plus aucune ligne de défense contre l’usage scandaleux et arbitraire du pouvoir. Tous les contre-feux imaginés par les hommes libres se révèlent vains, qu’il s’agisse des constitutions, des déclarations des droits individuels et, à plus forte raison, des procédures de vote, devenues une arme redoutable de l’Etat Providence puisqu’elles permettent de distribuer privilèges et prébendes.

Que peut-il se passer dans un tel contexte ? Ou bien, et c’est ce qui s’est produit en France, le peuple s’achemine vers « la servitude consentie » et attend tout de l’Etat. Ou bien la rupture est totale entre l’Etat et la nation, entre la société politique et la société civile.

Est-ce une situation durable ? Tout d’abord, l’Etat Providence ruinant peu à peu la totalité des gens va les dresser les uns contre les autres. Quand la croissance n’est plus là, quand le gâteau ne grossit plus, l’un ne peut accroître sa part qu’en diminuant celui de l’autre. C’est la « fracture sociale » qui se creuse. Ensuite, la classe politique ne pouvant plus assouvir les appétits de tous et faisant un nombre croissant de mécontents, elle se déconsidère aux yeux des citoyens qui réalisent enfin que les hommes de l’Etat sont des fourbes et des impuissants, qui nourrissent la présomption fatale de tout régenter et n’hésitent pas à donner des leçons de morale basique, celle qu’ils ne cessent de violer. Alors la démocratie est en danger et se produit une fracture civique entre la société politique et la société civile.

A ce moment se présentent deux scénarios. Le premier est l’éclatement de la nation, provoqué par le populisme qui croit sortir les sortants pour leur substituer des apprentis sorciers qui se hâtent de renforcer l’Etat pour rétablir l’ordre. Le deuxième est la réduction de l’Etat. Encore faut-il que la société civile soit assez déterminée et assez sage pour assumer ses fonctions et reprendre une partie des missions que l’Etat Providence s’était attribuées. Se passer de l’Etat est possible dans la plupart des domaines où il est prouvé que l’initiative privée et le marché font mieux que l’administration publique et la réglementation. Encore faut-il que cette preuve soit connue et convaincante : les libéraux ne cessent d’y travailler. L’Etat est subsidiaire, l’Etat est tenu de respecter le droit : seule la conjugaison de ces deux principes permet de réduire la fracture civique et de rendre confiance et paix sociale.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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