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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Une campagne pitoyable PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 19 Mai 2014 00:00
Europe l www.libres.org

Une campagne pitoyable débouchera sur un scrutin ridicule.

On savait la classe politique française en panne d’idées, et en manque d’élémentaires connaissances économiques et sociales. Elle a affiché durant cette campagne un vide intellectuel sidéral, ânonnant des slogans éculés et ignorant toute réalité. Passe encore pour le Parti Socialiste, prisonnier de la vulgate marxiste, et pas encore familier avec la « boîte à outils » sociale démocrate que certains de ses dirigeants prétendent avoir découverte. Mais on attendait quelque souffle, quelque innovation de la part de l’opposition.

Au sein de cette opposition Madame Le Pen, bien instruite par ses conseillers gauchistes, répète avec talent le credo nationaliste et socialiste et exploite avec passion son fonds de commerce xénophobe. Je ne vois rien de nouveau dans son discours souverainiste et populiste. Mais que dire des autres composantes de l’opposition ? Les interventions des officiels de l’UMP sont déroutantes : il nous faut une Europe de la réussite et de l’efficacité (bravo !) Comment ? Par une véritable politique industrielle, par la création de « champions », ces grands groupes européens capables de compétitivité (Hollande parle à leur sujet des Airbus qu’il nous faut), par le patriotisme économique, par le contrôle des banques et de la finance, par la bataille pour les énergies nouvelles, etc. C’est du copier-coller des discours élyséens, c’est beau comme du Montebourg. De plus, l’UMP doit gérer une fronde interne, avec des insoumis comme Guaino, qui nous ramène au gaullisme planificateur des années 1950, ou Wauquiez qui prêche contre le capitalisme et le libre échange. C’est dire que cette opposition qui entend prendre le pouvoir le plus tôt possible n’a aucune doctrine, aucune charpente. Elle a définitivement perdu, disent les pessimistes, ou pas encore trouvé, disent les optimistes, la moindre crédibilité.

Un autre point d’harmonie entre tous ces propos de campagne est la responsabilité de l’euro dans les malheurs de la France, qu’il s’agisse de l’euro lui-même ou de sa gestion « ultra-libérale » (c'est-à-dire keynésienne). Un très large consensus se dégage aussi contre le dumping social et le dumping fiscal qui auraient été mis imprudemment en place par l’Europe, la circulaire Bolkestein ; le « plombier polonais » ou le routier bulgare ont durablement marqué les esprits français.

Cela signifie que les vrais choix européens n’ont pas été abordés, faute de connaissances, faute de doctrine : la classe politique se complaît dans la promesse de mesures aussi démagogiques que décalées, ou dans les discours emphatiques sur la justice, le bonheur et la solidarité. Mais le rêve passe mal. Comment en serait-il autrement quand c’est depuis 1945 la même pensée unique qui guide les gouvernements de toutes tendances, quand le socialisme et le collectivisme ont conquis les esprits français fragilisés par plusieurs siècles d’étatisme et de centralisation ?

Les résultats du scrutin de dimanche m’apparaissent déjà ridicules. Ridicule le taux de participation, le premier parti de France sera une fois de plus celui des abstentionnistes, dont les uns n’attendaient déjà rien, tandis que d’autres n’ont pas compris quelle Europe on voulait leur faire avaler. La fracture entre société politique et société civile ne cesse de se creuser.

Mais ridicule aussi le nouvel échiquier des partis politiques. Avec 25 % des votes, mais 10 % des citoyens, le Front National peut-il passer pour un recours ? Peut-il mettre en place un protectionnisme hexagonal, avec des douaniers à la frontière allemande ? Peut-il interdire l’usage de l’euro pour imposer un franc (qu’il faudrait « faible » d’après la logique protectionniste mais « fort » dans la logique de l’honneur national). En réalité, les Frontistes et autres populistes européens continueront à encaisser les dividendes de la grogne et de la haine engendrées par les dirigeants politiques de leurs pays respectifs. Mais ce n’est sûrement pas un parti de gouvernement qui sortira de ce scrutin.

Hélas, ce n’est pas davantage du côté de l’UMP que l’on peut attendre le salut. Ce parti se déconsidère par ses luttes intestines et ses querelles de personnes. Son seul recours est Nicolas Sarkozy, mais il ne fait pas l’unanimité et comment en un or pur le vil plomb serait-il changé ? A l’Elysée de 1995 à 2012, le parti de la droite étatiste a été incapable d’amorcer la moindre réforme de nature à s’adapter au contexte mondialiste, à libérer l’esprit d’entreprise, à éliminer les privilèges.

Je me vois contraint de vous infliger, chers lecteurs, la conclusion habituelle : il n’y a d’issue au mal français que dans l’émergence d’une classe politique nouvelle acquise aux idées de la liberté. Mais le chemin vers la libération a deux préalables. D’une part, il faut que les Français, électeurs et contribuables, subissent une cure de désintoxication, puisqu’ils sont drogués à l’Etat Providence depuis plusieurs générations ; il est vrai que les injections massives d’impôts et de cotisations commencent à fatiguer les organismes. D’autre part, il faut que les Français soient enfin instruits des perspectives extraordinaires du libéralisme, qui ne s’ouvrent pas par l’intervention d’un homme ou d’un parti providentiel, mais par la volonté personnelle de créer et de vivre dans la dignité. Beaucoup de nos jeunes l’ont compris et s’en vont. Il est de notre devoir de lutter contre cette émigration, en enseignant et en pratiquant les vertus du libéralisme. Pour ce faire, nous devons nous rencontrer et nous entraider.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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