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« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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J’aime les socialistes PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 01 Septembre 2014 00:00
Emmanuel Valls l www.libres.org

Comme notre Premier Ministre a fini par l’avouer à La Rochelle, moi aussi j’aime les socialistes. Mais ce qui semble aller de soi de la part d’un membre éminent du PS vous surprendra sous la plume d’un ayatollah du libéralisme.

J’explique donc mon reniement et mon ralliement.

 

D’abord voici des socialistes qui se disent libéraux. Le cap qu’ils choisissent maintenant est celui du socialisme libéral. Madame Le Pen, fine observatrice de la vie politique, ne s’y est pas trompée : « Manuel Valls, c’est l’ultra-libéralisme ». En quelques semaines tout est devenu libéral : la politique dirigiste et keynésienne de l’Europe, le ministre de l’économie venu de chez Rothschild, le déficit budgétaire encore aggravé, les fonctionnaires de l’Education Nationale en surnombre. Les efforts que je déploie avec mes amis depuis des décennies n’ont pas été vains : c’est le grand retour des libéraux. Avec un peu de chance, Sarkozy va faire à son tour allégeance, dût-elle lui coûter. Mais pour régner sur l’UMP, il faut montrer patte libérale.

Ensuite, la conversion de Valls est dans la grande tradition de la gauche. En 1974, Georges Marchais l’avouait aussi « Je suis libéral ». Il faut dire qu’il était en sévère compétition avec un autre grand libéral, Valéry Giscard d’Estaing, inventeur du libéralisme « avancé » (qui consistait à faire avancer le dirigisme et les impôts). En 1992, Pierre Bérégovoy était salué comme « le Pinay de gauche » et formait un gouvernement où siégeaient déjà Ségolène Royal et Michel Sapin, socialistes libéraux convaincus.

Enfin, lorsque le socialisme libéral aura échoué, dans quelques mois ou quelques semaines, on ne me reprochera pas d’être libéral, puisque je pourrai brandir ma carte de socialiste. 

Donc, vous l’aurez compris, j’aime les socialistes pour leur duplicité, leur folklore, leur mensonge permanent, leur incurie, leur machiavélisme, leur cynisme, et toutes les facettes de l’art politicien qu’ils pratiquent avec un talent achevé. Ils disent n’importe quoi, ils font n’importe quoi et en général ce qu’ils disent est l’inverse de ce qu’ils font, mais comme c’est n’importe quoi, peu importe. Gouverner c’est communiquer, gouverner c’est mentir. 

Il est vrai que pour le libéral que je continue à être (rassurez-vous !), il est plus difficile de se battre contre ces socialistes caméléons que contre les bons vieux marxistes qui avaient conçu le Programme Commun de la Gauche en 1973 et l’ont appliqué en 1981. Ces socialistes-là avaient une doctrine, récitaient un catéchisme et s’y tenaient. Ces socialistes-ci sont des girouettes tournant au vent électoral, en quête de majorité au Parlement et, maintenant en quête de majorité dans la majorité. Il est difficile de lutter contre l’Etat pieuvre, mais encore plus difficile quand la pieuvre change de couleur pour tromper sa proie ou sauver sa pitance. 

J’ai plus sérieusement démontré, après tant d’autres, pourquoi le socialisme ne pouvait pas être libéral. « Socialisme libéral » est un oxymore, une expression vide de sens et incohérente. Le socialisme est contre la propriété, contre la réussite personnelle, contre les choix individuels ; il soumet l’être humain à un ordre créé par les décrets de faiseurs d’utopie, de technocrates et de dictateurs. Il n’admet pas le libre échange, qui est pourtant le principe de base de l’économie. Il ne connaît que la planification, l’administration. Il imagine qu’une redistribution forcée est de nature à assurer la justice sociale, alors qu’elle pousse à l’irresponsabilité générale et à la spoliation. Il se propose d’inventer l’homme nouveau et organise à cet effet une éducation étatique. Il se réfère à un être humain envieux, dominateur, destructeur de la nature, parce que la société l’a perverti ; une raison suffisante pour mettre en place la société des justes et des égaux. 

J’en viens ainsi à une lecture moins optimiste du socialisme libéral. Les socialistes actuels n’ont-ils pas pour habileté suprême de nous faire croire qu’ils ont cessé d’être socialistes, alors que leur attachement au socialisme est toujours intact ? La présence au gouvernement de Christiane Taubira et Najat Vallaud Belkacem n’est-elle pas un gage suffisant pour ceux qui rêvent d’arracher les derniers lambeaux de la société de libertés ? Démanteler la famille, conditionner les enfants, détruire la dignité de la personne humaine, supprimer la propriété : ces objectifs ont-ils été abandonnés par Emmanuel Valls ? Et quand le Premier Ministre flatte les entrepreneurs dans le sens du poil, n’est-ce pas pour poursuivre l’œuvre d’asservissement ?   

Tout compte fait, je n’aime pas les socialistes. Ni les caméléons ni les dinosaures.

 

 
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