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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Comment rembourser 2.000 milliards PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Octobre 2014 00:00
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2.000 milliards, c’est le seuil franchi par la dette publique française depuis une semaine. 2.030 exactement, mais ce chiffre est déjà en soi sous-évalué, parce qu’il n’intègre pas les provisions qui seraient nécessaires pour garantir les retraites des fonctionnaires en activité aujourd’hui. Mais qu’importe ? On n’en est pas à ça près. D’ailleurs, je ne sais pas si le chiffre, pas davantage que celui de 95 % du PIB, a quelque sens pour la plupart des Français. Comment les persuader que c’est grave ?

 

En leur disant que la dette des Allemands est de 75 % contre 95 % chez nous ?

En leur expliquant que chaque enfant qui naît trouve dans son berceau un cadeau de 30.000 euros représentant ce qu’il aura à rembourser tout au long de sa vie ?

En rappelant que le seul paiement des intérêts de la dette est de 48 milliards par an et représente la première dépense du budget de l’Etat, avant celle de l’Education Nationale ? 

On finit par vivre avec son mal. La dette publique fait partie des meubles de la République certes, mais Saint Louis, Philippe le Bel, François Ier, Louis XIV et Louis XV ont emprunté, pillé, volé le peuple. Quelles lettres de noblesse ! D’ailleurs la dette n’est-elle pas dite « souveraine » ? Elle ne manque pas de grandeur. 

Attention : les créanciers de l’Etat n’ont qu’à bien se tenir. Philippe le Bel devait trop d’argent aux Templiers : il les brûle. L’Ancien Régime avait accumulé les déficits : qu’on les efface avec l’émission d’assignats. Entre le Franc Poincaré (1928) et le Franc Rueff (1958), pas moins de seize dévaluations. Au fond, il suffirait d’explorer l’histoire de France pour rembourser sans problème les 2.000 milliards. Un puissant courant de pensée se développe aujourd’hui : l’endettement fait l’affaire de la finance internationale, qui s’enrichit sur le dos des Français : pourquoi ne pas en finir avec les marchés ? C’est que les Templiers sont plus solides aujourd’hui : les trois quarts d’entre eux ne sont pas justiciables de notre Royaume. Il faudrait surtout faire des prières pour qu’ils ne se mettent pas en tête d’augmenter les taux d’intérêt qu’ils nous demandent aujourd’hui. Une hausse de 1 point du taux d’intérêt représente 25 milliards et cela peut se produire du jour au lendemain… 

La dette ne peut donc s’effacer. Mais elle peut se gérer. En Angleterre, au XIXème siècle, Gladstone a procédé à la « conversion de la dette » : les porteurs de titres de la dette sur le trésor royal se voient offrir le rachat de leurs titres contre une rente perpétuelle à un taux élevé, ou à des annuités à un taux encore plus avantageux. Mais d’une part, les créanciers actuels du Trésor français ne sont pas des nationaux et d’autre part, le crédit de l’Etat est épuisé, quelque forme qu’il prenne. Enfin, pour racheter la dette, encore faut-il avoir une économie dynamique sur une longue période. A peu de choses près, ce genre d’opération est celle qui permet actuellement à l’Agence du Trésor Français de s’en sortir, mais encore faut-il que la crédibilité de l’Etat français à dix ou vingt ans soit assurée dans l’esprit des prêteurs.

 En fait, confiance et croissance sont les deux seuls moyens honnêtes de rembourser la dette publique. Toutes deux peuvent exister si, et seulement si, les causes de l’endettement français sont durablement éliminées. Finalement, la chose est aisée : la dette vient des déficits, les déficits viennent d’un excès des dépenses, donc il faut réduire la dépense publique.

Ici s’opposent une réduction quantitative et une réduction qualitative. Quantitative : on fait des « économies » ajustées à une certaine cible. Milton Friedman, par exemple, disait que pour réduire le budget de l’Etat de 5 %, il fallait réduire aveuglément tous les postes budgétaires de 5 %. De la sorte sont évitées les éternelles discussions pour savoir par où on commence et qui on va priver. L’expérience montre en effet que chaque ministère veut une réduction du budget pourvu que ce soit celui des autres.

Quantitative, on va sélectionner les dépenses qui paraissent inutiles et les couper par priorité. Mais quel est le critère de la sélection ? Sont inutiles les dépenses telles que les services et produits rendus par l’administration alors qu’ils pourraient être fournis par le secteur privé, marchand ou communautaire. C’est la ligne de partage entre sphères publique et privée qui doit être déplacée. Voici à ma connaissance la seule façon de réduire la dépense publique : réduire l’Etat.

Cette réduction a des effets rapides et puissants sur la croissance : les mêmes biens et services sont offerts à moindre coût grâce à la concurrence et au critère de rentabilité. En quelques petites années, comme cela s’est observé au Canada, au Chili, en Australie, en Nouvelle Zélande, en Suisse (avec le « frein à l’endettement ») et dans bien d’autres pays encore, les budgets publics se rétrécissent, les excédents budgétaires apparaissent et la croissance permet d’étaler sur une période raisonnable les dettes à rembourser.

C’est simple, mais trop simple sans doute dans ce pays de géniaux gouvernants. Moins de « grands hommes » recommandait Bastiat.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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