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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Un prix Nobel néo-classique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Octobre 2014 00:00
Sciences économiques l www.libres.org

Je saluerai bien sûr comme il convient l’attribution du Nobel de Science Economique à Jean Tirole, directeur et créateur (avec Jean Jacques Laffont) de la TSE (Toulouse School of  Economics). La modestie qui a marqué ses premières réactions est sympathique, ainsi que son désir de ne pas s’engager dans la discussion avec les journalistes qui se hâtaient de lui demander son opinion sur la politique économique française. Il s’est contenté de rappeler avec discrétion la nécessité de réformes dans notre pays et en particulier la diminution des dépenses publiques. Il a su diriger la TSE en excellent entrepreneur, il a obtenu des financements astronomiques tant des pouvoirs publics que des fondations privées. Ses liens privilégiés avec les milieux industriels lui ont donné les moyens et la célébrité dont il avait besoin. Membre de l’académie des Sciences morales et politiques et du Conseil d’Analyse Economique, il a cumulé à ce jour toutes les distinctions françaises et étrangères.

 

Cela dit, son profil scientifique est bien dessiné : c’est un économiste mathématicien (issu de Polytechnique) spécialiste de l’analyse des stratégies des entreprises sur des marchés réglés par le droit de la concurrence, mais aussi sous bonne garde d’une réglementation publique. Tirole et son équipe ont notamment étudié ce qui se passe quand on ajoute ou retranche une « régulation » aux pressions de l’offre et de la demande. Les modèles ainsi conçus par Tirole peuvent donc passer pour un guide scientifique pour les entrepreneurs et les pouvoirs publics.

L’intérêt de cette recherche est grand au moment où les marchés financiers sont en pleine évolution, conditionnés par les réglementations mondiales comme Bâle 1, II et III. Mais Tirole s’interroge aussi sur ce que pourrait être la dérèglementation de certaines activités comme les transports ou l’énergie, puisque leur privatisation est en débat. Nous sommes donc dans une période où l’on s’inquiète de « l’efficience des marchés ». Tirole ne s’éloigne pas de la pensée unique qui, en France comme aux Etats Unis, confie aux pouvoirs publics le soin de veiller aux marchés. Il est bien dans la tradition dite « néo-classique » de Stanley Jevons et Léon Walras au 19ème siècle, et des grandes universités de Harvard et Chicago aujourd’hui. 

Hélas, de mon point de vue, il s’agit davantage d’une déviation que d’une innovation méthodologique. Partisan convaincu de l’école autrichienne, je rejette l’approche néo-classique pour son mécanicisme, son irréalisme, bien masqués par l’apparente rigueur des formules mathématiques. Je crois qu’en économie il n’y a ni équation, ni solution. 

Les arguments de l’école autrichienne devraient s’imposer à tout esprit expérimenté et raisonnable :

1° Le comportement humain n’est jamais répétitif, car celui qui agit tire leçon de ses actions passées : notre histoire est riche d’informations précieuses.

2° Celui qui décide n’est jamais dans les mêmes conditions ; le temps lui-même n’a pas la même valeur, certaines minutes sont trop brèves, d’autres semblent durer des heures !

3° L’équilibre n’existe pas davantage en économie que dans la vie. La vie est faite au contraire de déséquilibres, qui appellent une réaction. Seule la mort est équilibre parfait.

4° Le marché est un processus de découverte, nul ne sait ce qui sera conclu (même avec le secours de la théorie des jeux).

 

Mario Rizzo et Gerald O’Driscoll, tous deux élèves d’Israel Kirzner, décrivent l’être humain comme en situation « d’ignorance totale » ; il est dans une  incertitude « radicale » : on ne peut même pas imaginer l’évènement qui va se produire.

Dans ces conditions, peut-on bâtir des modèles, peut-on trouver une solution mécanique ? 

Mais alors, la science économique est-elle prédictible, comme toute science devrait l’être ? L’économiste ne peut certainement pas prédire mécaniquement un résultat, ni connaître un équilibre (parfait ou imparfait). Mais il peut rechercher et expliquer les principes qui guident le choix personnel. L’économie est, comme le disait Mises, « la science de l’action humaine ». Aujourd’hui ceux qui sont réellement à l’avant-garde de la science économique sont ceux qui étudient l’impact des institutions, des règles du jeu social, sur la façon dont la plupart des gens vont se comporter. Ils étudient aussi comment naissent et se développent ces institutions. Dans un espace étendu (extended order) et dans une société ouverte, les relations sont nécessairement impersonnelles, encore faut-il que la confiance règne, c'est-à-dire que la plupart des personnes respectent la règle. Sans quoi nul échange n’est possible, nulle harmonie en société n’est pensable.

Par exemple, les institutions qui garantissent la liberté économique, comme l’état de droit, la propriété privée, la concurrence, la monnaie stable, le libre échange expliquent mieux que n’importe quel modèle d’où vient la richesse d’une nation. Arthur Seldon de l’Institute of Economic Affaires de Londres avait annoncé en 1957 qu’au 21ème siècle, la Chine serait capitaliste, tandis que la vedette néo-classique Paul Samuelson avait prédit en même temps que l’URSS aurait dépassé les Etats Unis avant la fin du 20ème siècle.  

Il y a les institutions qui valorisent et épanouissement l’être humain, il y a celles qui l’asservissent et l’appauvrissent, et je ne peux prédire ce qui se passera si l’environnement institutionnel varie.

Tout cela relève du simple bon sens, et on n’a réellement pas besoin des économistes pour expliquer la supériorité du travail sur l’oisiveté, du contrat sur le conflit, de l’honnêteté sur le vol. Alors pourquoi des économistes, pourquoi bâtir des modèles ? Simplement pour faire rentrer plus d’argent dans les caisses publiques et financer les projets des princes qui nous gouvernent. Les princes, se prenant eux-mêmes pour des savants, ont besoin de savants pour démontrer aux contribuables qu’ils doivent payer plus d’impôts, aux riches qu’ils doivent battre leur coulpe, aux pauvres qu’ils doivent fuir les marchands. Pour honorer ces grands esprits, rien de tel qu’une distinction sans égale.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
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