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Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Janvier 2015 00:00
1515 l www.libres.org

1515 : Marignan. La date jadis la plus connue des écoliers français. Je m’en suis servi pendant les quelque 35 ans de mon enseignement d’histoire de la pensée et des faits économiques. Ce n’est pas que la victoire de François 1er ait été un temps fort de l’histoire de l’humanité – si ce n’est que pour lever une armée de 50.000 hommes le jeune roi eut besoin de lever de lourds impôts. C’est que j’indiquais aux étudiants, ravis de découvrir enfin l’histoire qu’ils ignoraient totalement après trois ans de faculté, que se référer à 1515 était un bon moyen mnémotechnique pour retenir quelques unes des dates marquantes de l’histoire. A partir de 1515 on pouvait retrouver, entre autres, 1215, 1513, 1517, 1715, 1815, 1915. La postérité retiendra-t-elle 2015 ?

 

 

1215 est une date majeure, puisque c’est la signature de la Magna Carta, la première reconnaissance des droits de l’homme. Le pouvoir politique est triplement limité : interdiction aux gens du roi de pénétrer dans un domicile privé, interdiction d’emprisonner quelqu’un sans qu’il ait été jugé, interdiction de lever un impôt nouveau sans l’accord du Grand Conseil. Avec l’habeas Corpus s’ouvre l’histoire de la liberté politique, se profilent l’état de droit et le parlement.

1513 est toute à l’opposé. C’est la publication du Prince de Machiavel, l’invention de l’Etat moderne qui, au nom de l’intérêt général, détient le pouvoir absolu. La « raison d’Etat » justifie arbitraire, crimes et guerres. Car l’Etat est une institution intemporelle (il survit au prince et gouverne au nom des générations futures) et universelle (le pouvoir local n’existe pas).

1517 ouvre une page douloureuse du christianisme, c’est « l’affichage de Wittenberg » : Luther rompt les négociations avec la Papauté. Protestants et catholiques seront en guerre pendant deux siècles, religion et politique s’entremêlant pour dresser les uns contre les autres.

1715 mort de Louis XIV, après un règne de 72 ans, marqué par l’absolutisme politique et religieux (fatale révocation de l’édit de Nantes), par le colbertisme, rencontre du dirigisme et du protectionnisme, par les dépenses somptuaires et les guerres incessantes qui écraseront le peuple sous le poids de l’impôt et laisseront en héritage une dette publique qui ne sera jamais résorbée et engendrera la révolution de 1789. Bref « le grand siècle », l’Etat protecteur de l’économie, de la religion, de la science et de l’art. Pendant ce temps, Hollandais et Anglais développent la culture intensive, le commerce extérieur et la finance, porteurs de la révolution industrielle.

1815 traité de Vienne : l’Europe organisée en Sainte Alliance (entre Russie, Autriche et Prusse) veut assurer la paix et contrôler toute menace d’insurrection, toute résurgence de la Révolution Française et de ses principes. En fait, comme l’Union Européenne de nos jours, le jeu politique fait échouer cette entreprise, les guerres se succèderont. Les seuls signes de paix viendront du traité franco-anglais de libre échange et de l’émergence des Etats Unis.

1915 la guerre entre, d’un côté, Français et Anglais et, de l’autre, Allemands et Autrichiens devient réellement la première guerre « mondiale ». Elle agite les Balkans, la Turquie, plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique Latine, l’Australie et les relations entre Etats Unis et Allemagne se tendent. Elle devient aussi la première guerre totale touchant la population civile, avec le bombardement de Londres par les Zeppelin. De quoi donner raison aux anti-mondialistes actuels !

Ainsi l’histoire est-elle jalonnée de bornes millénaires : tantôt elles ont marqué la naissance de la démocratie, du droit, et des progrès majeurs de l’humanité à ce jour, tantôt elles ont signalé les drames d’une humanité égarée et déchirée. Contrairement à une opinion répandue, l’histoire n’est pas un éternel recommencement, elle n’est pas faite d’un balancier fatal, car les leçons de l’histoire, souvent oubliées, remontent à la surface et dénoncent les erreurs, les dangers. Paradoxalement, l’histoire est permanence et évolution. Ce n’est pas une mécanique inconnue qui règle l’histoire, mais l’action humaine. Les hommes du pouvoir et de l’Etat agissent par la coercition pour servir leur gloire et leurs intérêts : c’est un péril permanent. Aux hommes libres la charge de conjurer le péril, de rejeter l’absolutisme et le souverainisme, et de découvrir le chemin de l’harmonie.

Quid de 2015 ? La réponse à cette question est en grande partie dans notre foi et nos initiatives. Nous ne sommes pas spectateurs, mais acteurs de l’histoire.

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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Conjoncture : La bourse ou la banque : un choix remis en cause

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