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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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Après le Mardi Gras PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Février 2015 00:00
Mardi Gras l www.libres.org

Après le Mardi Gras vient le Mercredi des Cendres et les Chrétiens entrent en Carême.

 

 

Le Mardi Gras autorise les débordements. C’est l’occasion d’un enivrement collectif, d’un défoulement social. En fait, il marque la fin d’un temps révolu : on est arrivé au bout des plaisirs, de la fantaisie, de l’exubérance. Au bout jusqu’à l’excès, jusqu’à la mascarade. Nous avons porté pendant de longs mois le masque de l’insouciance, de l’inconstance, de l’incompétence. Dans un pays socialiste comme la France, le port du masque est obligatoire presque tout le temps. Aujourd’hui le carnaval gouvernemental a défilé, le soir il sera brûlé. C’est la fin d’un règne. Les mimosas sont flétris.

Le Mercredi des Cendres, dans la tradition chrétienne, marque la fin de la récréation, la rupture. Maintenant, on va en venir aux choses sérieuses, essentielles, pour aborder un temps nouveau, celui qui apportera la résurrection. Le Carême chrétien, ou ce que j’en sais, est avant tout un appel à la conversion, avec la fameuse invite : « Changez vos cœurs de pierre ». Les religions monothéistes ont pratiquement toutes leur carême. Il se manifeste par des signes extérieurs de prière, de jeûne et d’abstinence. Il a une dimension pénitentielle. Mais ce n’est pas la seule et, en particulier pour les Chrétiens, cette dimension est mineure ; pour sa part, l’Eglise Catholique n’a cessé d’alléger les privations naguère associées au Carême, seul le mercredi des cendres et le vendredi saint sont jours d’obligations. L’essentiel n’est pas de se confire en dévotion, mais de se préparer à une nouvelle vie. L’essentiel de la préparation consiste non pas à se mortifier comme des pharisiens, mais à se tourner vers les autres, dans une démarche de charité qui donne sens à la foi et qui apporte l’espérance.

J’ai tenu à faire ce rappel, que certains trouveront inutile, prétentieux, déplacé, dépassé, obsolète, et tout cela en même temps : le temps est-il à la prédication ? Mais j’y ai tenu parce que je ne crois pas que l’on puisse diffuser les idées de la liberté si on ne les assortit pas de leur contenu moral et spirituel. Un grand libéral français, très méconnu aujourd’hui, nous a transmis le message : Jacques Maritain. Le libéralisme n’est pas seulement un mode d’organisation sociale ou un panier de droits individuels. Ou, plus précisément, il est ordre social, juridique et politique, parce qu’il est avant tout une référence à la personne humaine.
Et l’anthropologie libérale est celle d’un être humain créateur, serviteur et prêcheur. Créateur parce qu’il emploie son potentiel d’esprit et de cœur à prolonger la création initiale, à « dominer la terre », à innover, à exprimer ses talents. Ces talents sont mis à la disposition des autres, car l’être humain est serviteur ; il ne peut s’épanouir et réaliser sa vie qu’aux côtés des autres et à leur service, par l’échange, par la communauté. Bien sûr, l’homme n’est « pas parfait mais perfectible » (Bastiat). Pêcheur, il sait reconnaître ses erreurs et c’est le processus d’essais et d’erreurs qui lui permet de progresser.

Beaucoup de libéraux, et souvent les plus récents convers, ne prêtent pas toute l’attention voulu à cet arrière plan philosophique, moral, voire religieux, du libéralisme. Ils en arrivent à se donner pour seule valeur de référence la liberté elle-même, dont ils font une fin alors qu’elle n’est qu’un chemin. Sans doute y sont-ils invités par plusieurs étoiles de la pensée libérale. Mais tôt ou tard, la sincérité et la lucidité poussent à se poser la question hélas triviale : la liberté, pourquoi faire ? Et, de mon point de vue, et dans la ligne de Jean Paul II, la liberté a pour origine et pour destination la dignité de la personne.

Voilà qui nous ramène au carême. L’an dernier j’avais consacré plusieurs articles de cette Lettre à des « prédications de Carême » que j’avais appelées « Carême libéral ». Je m’étais efforcé de reprendre les quelques points essentiels de la philosophie libérale et de ses déclinaisons politique, économique, sociale. Je terminais ainsi ce « Carême libéral » : Nous voici à la fin du Carême et j’en termine aussi avec cette courte série d’articles [...] dans lesquels j’ai essayé d’en revenir à ce qui me semble essentiel. Si vous m’avez suivi – dans les grandes lignes au moins – n’hésitez pas à faire découvrir autour de vous le libéralisme dans ses dimensions philosophique, morale et religieuse. C’est aux jeunes en particulier qu’il faut dévoiler cette face du libéralisme, car ils sont à la recherche de repères solides, dont ils ont été souvent privés par le système éducatif et la vulgate économique. On leur a menti sur le sens, la grandeur et les exigences de la liberté. Faisons de la liberté le message d’espoir, faisons de la dignité la vertu des hommes libres.

Je reprenais en conclusion les « vingt propositions pour faire connaître le libéralisme », vous les trouverez à nouveau dans cette Lettre, elles sont reprises de mon ouvrage « Connaissance du Libéralisme ».

Nous voici donc à l’aube du carême 2015. La mission est toujours d’actualité. Elle est même plus impérative que l’an dernier, parce que le ciel s’est assombri entre temps en France et ailleurs, mais surtout parce qu’en France nous abordons maintenant une période qui pour les uns n’est que préparation d’une alternance de majorité, mais pour les libéraux l’amorce d’un vrai programme de nature à retrouver espoir et prospérité – encore faut-il ne pas se tromper de cible et donner au libéralisme toute sa dimension pour qu’il ait toutes ses chances.
La récréation est finie, sachons passer et penser aux choses sérieuses. Bon Carême.

Il y aura un « après 11 janvier », nous dit-on. La « marche républicaine » ouvrirait une ère nouvelle, la barbarie devrait être anéantie, l’union nationale devrait se prolonger. Qui ne se réjouirait de telles perspectives ? Mais je m’interroge sur les arguments et les moyens envisagés pour bâtir une France nouvelle, du moins à court terme.

 
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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
Actualité
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Une grève tout à fait logique - L’avenir est-il à la confédération ?  - La discussion du budget 2018 est en marche
Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
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