Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

Lire la suite...
Médecine libérale et santé publique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Mars 2015 00:00
Futur de la médecine libérale l www.libres.org

Les médecins dans les rues de Paris. Après les notaires, les professions juridiques, les contribuables, artisans, commerçants : à chaque semaine sa manifestation. C’est doublement rassurant : d’une part, le pavé n’est plus le monopole de la CGT ou des syndicats d’enseignants, d’autre part, le réveil de la société civile, que je ne cesse d’observer depuis deux ans, se confirme.

 

 

 

 

La classe politique et syndicale enrage. Cela ne veut pas dire que ces manifestations impressionnent le pouvoir ; tout comme les défilés spectaculaires contre les lois Taubira ou Macron, celui-ci n’infléchira pas Madame Marisol Touraine, elle l’a d’ailleurs fait savoir.

Cependant, ces médecins-là me semblent porter plus de promesses que leurs prédécesseurs. D’abord, ils bénéficient d’un soutien populaire important : 55 % des Français approuvent leur revendication, fut-ce au prix d’une gêne importante. Pourtant Madame Touraine leur a assuré que son projet de tiers payant était dans l’intérêt de tous les Français et particulièrement des plus démunis. Les Français y croient-ils ? Oui : 60 % des sondés sont pour le tiers payant. Alors quoi ? Ils sont plus de 60 % à craindre la disparition des médecins libéraux. En fait très nombreux sont ceux qui voient dans le projet gouvernemental non pas un progrès (puisque le tiers payant s’applique déjà à bon nombre de personnes qui le méritent sans doute) mais une attaque contre une profession qui se dépeuple parce qu’elle est l’objet d’une traque bureaucratique comme celle qui vise d’autres professions.

Mais là n’est pas mon seul motif de satisfaction. Car, à les entendre et à lire leurs slogans, ce que les médecins défendent aujourd’hui, c’est le principe même de la médecine libérale. Voici un changement spectaculaire et exemplaire. Spectaculaire parce que les syndicats de médecins se sont enfermés depuis cinquante ans dans une logique de négociation avec la Sécurité Sociale et l’Etat : réajustement des tarifs d’honoraires, régimes fiscaux et sociaux, conditions d’installation et d’exercice. Il y a trois conceptions possibles de la profession médicale : la médecine socialisée, vers laquelle on dérive sans cesse, la médecine ordonnée, héritage de Vichy qui organisait les professions en « ordres » (médecins, architectes, avocats, experts comptables, etc.), et la médecine libérale. Jusqu’à ce jour, une combinaison de service public et d’ordre professionnel prévalait et la plupart des syndicats de médecins étaient sur cette ligne. Il est spectaculaire de voir aujourd’hui une véritable résurrection de la médecine libérale. Spectaculaire mais aussi exemplaire, parce que les médecins ne se contentent pas de critiquer la ruine du système de santé français, ils montrent la voie de l’avenir : se passer de l’Etat et en revenir à une saine conception de l’art médical et des relations entre praticiens et clients.

La médecine libérale a en effet efficacité et noblesse. L’efficacité est celle de toutes les relations contractuelles : le libre choix garantit la qualité, la valeur convient à toutes les parties, il n’y a ni pénurie ni excédent, les comportements sont responsables. Cette responsabilité grandit non seulement les médecins, capables de moduler leurs honoraires en fonction des situations personnelles et familiales (c’est ce qui distingue l’honoraire d’un prix ou d’un tarif), mais aussi les malades, qui cessent d’être des assistés, voire même des tricheurs, pour devenir des personnes prévoyantes et raisonnables. Dans cette Lettre, vous trouverez quelques extraits du texte d’une proposition de loi déposée en 1993 par le docteur Beaumont dont l’article 1 est ainsi formulé : « Chaque Français a le devoir de se protéger et de lutter personnellement contre la maladie. Il est responsable de sa santé et dispose librement des ressources destinées au financement de sa protection contre la maladie. Il a le droit absolu de consulter le médecin de son choix ».

Oui, dira-t-on, et les irresponsables ? Si l’irresponsabilité est affaire de ressources, rien de plus simple : en dehors des mesures prises par le médecin lui-même, c’est la solidarité qui va jouer. Solidarité volontaire à travers les familles, les associations, les communautés, etc.. Solidarité forcée à travers l’impôt et des fonds de solidarité publics. Certes la santé est publique en ce sens que des administrations ad hoc peuvent être chargées de prendre en charge des mesures de protection générale de la population. Elle est également publique parce que tout être humain doit avoir accès à des soins de qualité.

Plusieurs mesures permettent de concilier santé publique et médecine libérale. En particulier, on peut obliger toute personne en dessous d’un plancher de revenus à souscrire à une assurance-santé. Pour les personnes n’ayant pas les moyens de souscrire, tout ou partie de l’assurance peut être payée par un fonds de solidarité. On peut combiner ce dispositif avec d’autres techniques comme le chèque éducation ou le carnet de santé.

Ainsi, la médecine libérale peut-elle être restaurée sans difficulté et, ici comme ailleurs, on peut se passer de l’Etat ou le confiner dans un rôle subsidiaire. Depuis quelques années, de nombreux pays ont réformé leur système de protection sociale en le privatisant, en instaurant concurrence et liberté de choix. Leurs dépenses de santé par habitant (et en proportion de leur PIB) ont diminué. Seul Obama a pris la voie contraire, mais précisément « l’obamacare » imaginée pour « sauver les malades des griffes des assureurs » est déjà un échec complet, y compris financier, administratif, et … médical.

Chez nous, les professionnels de la santé qui ont défilé dimanche ont ouvert la perspective d’une libération bienfaisante. Ils n’ont pas entendu défendre les intérêts d’une corporation, mais la dignité de leur profession, gage et accompagnement d’une société de liberté et de responsabilité.

Il y aura un « après 11 janvier », nous dit-on. La « marche républicaine » ouvrirait une ère nouvelle, la barbarie devrait être anéantie, l’union nationale devrait se prolonger. Qui ne se réjouirait de telles perspectives ? Mais je m’interroge sur les arguments et les moyens envisagés pour bâtir une France nouvelle, du moins à court terme.

 
More Articles :

» L’économie française aux couleurs de l’Elysée

« L’économie française retrouve des couleurs » : titre des deux pages que le Figaro de mercredi dernier consacrait à la conjoncture, assorties de deux photos géantes du Président et de son Premier Ministre. Même enthousiasme à la une...

» La mondialisation est-elle remise en cause ?

Aux Etats-Unis, en Europe, les idées et discours protectionnistes ont progressé. Antimondialistes et altermondialistes ont la cote, et l’Organisation Mondiale du Commerce s’inquiète. Non seulement cette inquiétude n’est pas justifiée,...

» Les 100 jours de Trump

Le bilan est-il aussi négatif que le disent les commentateurs français ?

» La majorité de Trump éclate

Les Républicains les plus libéraux rejettent un texte trop accommodant

» Nos craintes étaient justifiées, hélas !

Le numéro 1300 de la Nouvelle Lettre a été spécial à plusieurs points de vue. Publié à l’occasion de la cérémonie du cinquantenaire de l’ALEPS, il marquait aussi la 36ème année de parution de notre « bulletin de la paroisse...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
Actualité
:
Y = C+I+ [X-M]  - Refondation sur un socle boîteux  - Que se passe-t-il à Riyad ? - Merkel-Macron : front commun à la COP 23
Connaissance du libéralisme :
La transmission de la propriété
Lu pour Vous :
La tyrannie de la redistribution


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...