Les Chrétiens d’Occident Imprimer
Mercredi, 15 Avril 2015 00:00

Le 2 avril l’Eglise Universelle célèbrera la mémoire de ce Pape prophétique

 

A juste titre cette affaire a fait grand bruit : resterait-il un souffle de foi, une mince réserve d’indignation dans le monde occidental ? C’est au nom de la laïcité du service public que la RATP avait demandé que soit supprimée sur l’affiche la ligne indiquant que le concert des Prêtres allait être donné au bénéfice des Chrétiens d’Orient. Finalement, la RATP a dû revenir sur son incroyable décision.

L’homélie pascale du pape François et l’écho qui lui a été donné dans les églises du monde entier, mais aussi dans les médias, ont créé l’évènement : le pape a ouvertement reproché aux peuples « civilisés » et à leurs gouvernements de n’avoir aucune riposte, ni même souvent aucun malaise, à l’extension du martyre dont sont victimes les Chrétiens. Un martyre qui se prolonge, s’élargit et s’aggrave depuis trois ans au moins, mais qui a atteint les sommets de la barbarie et du fanatisme quand au début du mois cent cinquante étudiants de l’Université de Garissa (Kenya) ont été massacrés après un tri consciencieux pour épargner les musulmans. Tant qu’à évoquer les génocides dont les Chrétiens ont été les victimes, le pape a rappelé celui des Arméniens, dont un million et demi ont été déportés puis exécutés.

S’agit-il d’un appel à la guerre de religion et à une nouvelle croisade ? Certainement pas. Mais d’un appel au « devoir d’ingérence » qu’avait évoqué Jean Paul II : aider les victimes et prendre les mesures pour neutraliser les barbares. Jean Paul II avait un camp retranché pour arrêter la barbarie communiste : la chrétienté catholique que les maîtres de Varsovie n’avaient pu soumettre, en dépit de l’arrestation du cardinal Wyszinski et de la répression policière permanente. Jean Paul II avait aussi le soutien actif du monde occidental, Etats Unis et Europe unis dans la guerre froide contre le Kremlin.

Ces deux soutiens, le populaire et le diplomatique, font aujourd’hui défaut. Les stratèges Occidentaux ont été pris au piège de la complexité politique au Moyen Orient. La reconnaissance de l’Etat d’Israël et la défense de ses habitants, jadis priorités dans la diplomatie occidentale, ont été relativement oubliées dans les positions de l’Amérique et de l’Europe ; l’émergence d’un Etat « palestinien » a recueilli chaque année plus de soutien et a fourni un aliment de plus en plus fort pour un neutralisme de bon aloi. Ce neutralisme a permis une surenchère entre pays musulmans eux-mêmes, entre coalitions chiites et sunnites. Les Etats Unis d’Obama, pour la gloire du Président, ont donné dans le pacifisme bêlant et l’Europe a été neutralisée par ses divisions face aux régimes en place à Bagdad, Beyrouth, Damas, Téhéran, Tripoli, au Caire. Les « printemps arabes » ont mis en évidence toute l’inconscience et toute l’inconsistance des gouvernements occidentaux. Ils ont eu au moins un effet, catastrophique : prendre les Chrétiens en otages, puis en cibles.

Ces divisions et ces erreurs traduisent le fait qu’il n’y a plus, ou plus guère, de peuple chrétien en Europe. Et comme le déplorait le pape François, les Chrétiens d’Orient ne peuvent compter sur la solidarité de leurs frères européens. Seul un puissant élan populaire pourrait pousser les gouvernements à faire les choses enfin sérieusement. Mais le seul élan populaire est aujourd’hui celui qu’inspire la peur des terroristes, sans réaliser à quel point le fanatisme et l’impérialisme islamistes sont les racines du terrorisme et l’étendent en Afrique (et pas seulement au Maghreb) et en Europe.

Le peuple a abandonné sa foi et son sort entre les mains des gouvernements, aussi arbitraires et puissants pour asservir leurs concitoyens que désorientés et impuissants pour imposer la paix mondiale. C’est donc la RATP, l’Elysée et le Quai d’Orsay qui parlent au nom des Français. Puisque la laïcité est la religion d’Etat, il n’est pas question d’écouter la voix de l’Eglise de France et des Chrétiens. Alors que peuvent faire ces Chrétiens d’Occident, qui sont fiers de l’être ? Prier sans doute, pour que l’Esprit Saint éclaire enfin une humanité « déconstruite ». C’est naturellement la première voie indiquée par François. Mais aussi ne cesser d’affirmer sa foi, par son exemple, par la fréquentation des fêtes et des offices. Il faut aussi que la société civile continue de s’affirmer, comme elle l’a fait avec la manif pour tous. Il faut faire sortir les deux tiers de Français qui se disent Chrétiens du sommeil prolongé dans lequel l’ont plongé le mimétisme païen, le matérialisme asservissant, le carpe diem anesthésiant ou son contraire tout aussi nocif le catastrophisme nihiliste. Il faut enfin ranimer le débat sur la laïcité, sur la liberté scolaire, sur les valeurs morales et spirituelles. Il y a ceux qui se morfondent et appellent de leurs vœux l’apocalypse. Il y a ceux qui s’éclatent en attendant d’être éclatés. Il y a des Chrétiens d’Occident qui s’engagent contre la barbarie et pour la Vérité.

 
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