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Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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Le 1er Mai n’est plus ce qu’il était PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Avril 2015 00:00
Défilé du 1er mai l www.libres.org

En ma qualité de vieux militant cégétiste, je vous le dis sincèrement : le 1er mai n’est plus ce qu’il était.

Jadis, avec les camarades, nous vendions du muguet au coin des rues au bénéfice de nos cellules. Aujourd'hui, ce sont les roms ou des associations caritatives qui nous ont remplacées.

 

 

 

 

 

 

 

Nous ne pouvons pas être au four et au moulin : vendre du muguet, faire des ventes militantes de l’Huma et défiler. D’ailleurs, aujourd’hui nous sommes à l’aise, grassement subventionnés par l’Etat et parfois même par les organisations patronales. Nous allons donc nous contenter de défiler. J’ai fait le tour de ceux qui ne seront pas en vacances en Thaïlande, ou au Portugal ou en Grèce (pays ami) : on va se trouver une petite centaine. Heureusement nous nous arrangeons toujours avec les chaînes de télé pour que les prises de vue laissent croire que nous sommes aussi nombreux que les gens de la Manif pour tous.

Non, ce n’est plus ce que c’était ! C’était pourtant beau, la fête du travail. Le travail, base de toute valeur, le travail, capital vivant exploité par le capital mort, qui n’est autre que du travail accumulé par les travailleurs spoliés par les capitalistes qui ont inventé le droit de propriété pour mieux effacer le droit des travailleurs. Jadis, on célébrait la lutte des classes, les victoires du prolétariat. Aujourd’hui on a remporté toutes les victoires : la durée légale du travail, le salaire minimum, le blocage des licenciements, bref : le code du travail.

Heureusement il y a encore des politiciens et des économistes qui rappellent dans leurs discours et écrits que le travail est la base de toute valeur. Pas de travail, pas d’argent –disent-ils. J’en connais pourtant qui vivent bien sans travailler. Ils confirment ce que disait un penseur du XIXème siécle, un certain Bastiat, député qui votait tantôt à gauche tantôt à droite : « Depuis que l’homme a été condamné à gagner son pain à la sueur de son front, il n’a cessé de chercher à gagner son pain à la sueur du front des autres ». Et Bastiat d’expliquer : il y a eu l’esclavage, mais il est révolu, il y a le vol, mais il est puni, reste l’Etat, « la grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».

Oui, le travail est pénible, c’est un fait. Heureusement on s’occupe maintenant de la pénibilité du travail. J’ai apprécié que le pouvoir de gauche (même s’il nous a trahis) ait mesuré avec précision la pénibilité. Auront des points de pénibilité ceux qui auront « levé ou porté des charges unitaires de 15 kilos, voire de 250 kilos si elles sont poussées ou tirées…déplacé avec une charge unitaire de 10 kilos à une hauteur située au-dessus des épaules…ou accroupi ou à genoux, en position du torse fléchi à 45°… et le tout pendant une durée minimale de 60 heures par mois ». Voilà un beau texte ; il est vrai que les patrons l’ont accepté pour ne pas tuer le travailleur, la poule aux œufs d’or.

Car c’est le travail, et seulement le travail, qui est source de richesse et de profit. Même les grands économistes dont on nous a parlé (Adam Smith et Ricardo si je me rappelle les noms), ont découvert que la valeur d’un produit se mesure toujours au nombre d’heures de travail qui ont été nécessaires à l’ouvrier pour le fabriquer. Voilà au moins une valeur objective, elle ne se discute pas.

J’ai entendu des ultralibéraux dire le contraire, prétextant que l’économie est faite pour les consommateurs et pas pour les producteurs. C’est l’utilité pour l’acheteur qui le décide à payer le prix. Donc, ils admettent qu’une paire de ski vaille moins cher l’été sur les plages que l’hiver sur les pistes. Pourtant, le ski est fait avec la même matière et avec le même nombre d’heures de travail. La valeur « subjective », quelle ineptie ! Le Bastiat en question a même soutenu que la valeur est attachée au service rendu aux autres, libre à chacun de savoir comment satisfaire les besoins des autres pour se payer de quoi satisfaire ses propres besoins !

Où va-t-on si on raconte que l’économie et le marché reposent sur la solidarité entre les êtres humains du monde entier, alors que nous savons bien qu’il n’y a que lutte des classes et défense du travail national contre le travail des étrangers qui viennent manger notre pain !

Heureusement, la droite elle-même s’est rendue à la réalité : ses leaders plaident un « travaillisme à la française », ou prônent l’association capital-travail, ou le partage des profits entre actionnaires et salariés pour désamorcer la lutte.

Vous le voyez : j’ai gardé la foi, la flamme prolétarienne m’anime toujours, et c’est ce qui fait ma fierté d’être travailleur et français, alors que les riches ne vivent que de la spéculation et de l’exploitation des pauvres. Le grand économiste du PS dont la télévision a parlé (Pïketty je crois) a donné les chiffres qui montrent que l’écart entre riches et pauvres, entre revenus du capital et du travail, n’a cessé de se creuser. Voilà de quoi se mobiliser à nouveau, descendre dans la rue à l’occasion du 1er mai. Français, retroussons nous les manches, notre travail n’attend pas : redonner au 1er mai l’éclat d’une fête de l’Internationale !

PS La Nouvelle Lettre a aimablement accepté de me donner l’occasion de parler des travailleurs et du progrès social apporté par le syndicalisme et le communisme. Je remercie en particulier le camarade Garello.

Il y aura un « après 11 janvier », nous dit-on. La « marche républicaine » ouvrirait une ère nouvelle, la barbarie devrait être anéantie, l’union nationale devrait se prolonger. Qui ne se réjouirait de telles perspectives ? Mais je m’interroge sur les arguments et les moyens envisagés pour bâtir une France nouvelle, du moins à court terme.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


Editorial : Garder son sang froid

Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

Actualité  : Les Etats-Unis de retour au Moyen Orient

Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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