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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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En finir avec l’Education Nationale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 18 Mai 2015 00:00
La réforme du collège ne passera pas  l www.libres.org

Les débats sur l’Education Nationale sont récurrents. Pourtant la ligne suivie rue de Grenelle est inchangée depuis 1945.

 

 

 

 

 

C’est le plan Langevin-Vallon, du nom des deux intellectuels communistes qui l’ont conçu. L’école est un des champs de bataille de la lutte des classes : elle avantage les enfants de la bourgeoisie, donc il faut instaurer un égalitarisme de bon aloi et lutter contre un élitisme de façade. Commentant le très récent rapport de la rue de Grenelle sur le niveau de connaissance en maths (20 % des élèves de 3ème sont mauvais ou très mauvais) une enseignante de haute volée a expliqué (JT de TF1, dimanche) que « si l’on fait courir un kilomètre à un enfant de cadre ou d’enseignant, un enfant d’ouvrier ne pourra courir que 800 mètres ». Il faut donc lester les plus véloces, et empêcher les ouvriers de boire (L’assommoir).

Pour rétablir la justice sociale, il faut donc changer les programmes, la pédagogie, les maîtres. Grâce aux réformes réalisées (et la droite n’a pas été en reste) le nivellement par le bas a parfaitement réussi et aujourd’hui l’illettrisme a effacé les strates sociales : tous ignorants, tous fainéants et maintenant tous violents.

Dans le système actuel, les jeunes (ceux du moins qui assistent aux cours) sont amenés à gober toutes les idées reçues et les slogans d’enseignants militants : l’histoire de Zola à Guevara, de Robespierre à Staline, l’économie de Marx à Galbraith, la philosophie de Nietzsche à Derrida, la littérature d’Aragon à Neruda, etc. Et que dire des mathématiques décrétées « modernes » dans les années 1960 ?

Certes, je grossis le trait car demeurent des établissements et des maîtres qui ont pu éviter le pire, mais le ministère, les textes et les syndicats n’y sont pour rien. De plus, demeure ce bastion de résistance appelé « le privé », qu’on a failli éliminer en 1984, mais qui a pu survivre en dépit des discriminations et des limitations pour bloquer son expansion.

Le gouvernement Valls, unanime derrière Madame Vallaud-Belkacem, veut couronner l’évolution et mener « l’école de la République » à son ultime et funeste destin. Partant du principe fallacieux suivant lequel la meilleure parade au terrorisme est la laïcité d’Etat, la destruction du système d’enseignement est parachevée. Je ne reprendrai pas les critiques nombreuses et pertinentes qui ont été adressées au projet. Je vois simplement que l’on est bien dans la ligne : effacement de tout enseignement des « humanités », de tout ce savoir apparemment inutile mais profondément formateur de la jeunesse et, par contraste, mise en avant de tout ce qui est mensonger et barbare. Quand va-t-on en finir avec cette Education Nationale coûteuse (le plus gros budget après le service de la dette), inefficace (illettrisme d’un tiers des collégiens) et impuissante (devant le harcèlement, la violence, les addictions) ? Ceux-là même que Jules Ferry voulait aider à atteindre le plus haut niveau sont les premières victimes du nivellement par le bas. L’école n’est plus source de promotion, mais de fracture sociale.

Notre pays, notre jeunesse ont besoin d’un système d’enseignement capable de faire acquérir aux enfants de solides connaissances, d’ouvrir leur esprit, de leur apprendre le respect des autres et les disciplines de la vie en commun. Un tel système repose sur deux principes aujourd’hui rejetés : responsabilité de la famille et concurrence scolaire, les deux étant liés.

Il n’y a pas d’éducation sans la famille. Or, peu à peu, les « apprenants » sont devenus propriété des enseignants. Les parents sont culpabilisés : ils ne seraient pas qualifiés pour savoir ce qui est bon pour leurs enfants et encore moins pour la société que l’on veut mettre en place. Paradoxalement, ce procès d’incompétence est fait aux familles les plus modestes, au savoir le plus réduit. Donc, on leur a épargné toute initiative, pour donner à leurs enfants une éducation nationale, laïque bien sûr, gratuite évidemment. Devenue un droit social, comme la santé ou le logement, la scolarisation se suffit à elle-même : aucune responsabilité familiale n’est engagée. D’ailleurs, que peuvent dire des familles qui ont perdu la possibilité de choisir l’école de leurs enfants ?

Le deuxième principe est la concurrence. En matière scolaire, comme pour tout autre service public ou privé, il n’y a pas de progrès sans émulation, sans diffusion ni comparaison. Or, chez nous il n’y a pas de concurrence loyale entre public et privé, puisque celui-ci dépend de l’Etat : ni liberté véritable de création de classes, ni traitement ou promotion des enseignants, ni choix des programmes et – pour couronner le tout – « monopole de la collation des grades », tout diplôme est diplôme d’Etat s’il doit ouvrir la porte de certaines professions et fonctions, dont la fonction publique.

En finir avec l’Education Nationale, c’est en finir avec ce monopole d’Etat. De nombreux pays proches du nôtre, mais moins jacobins et plus libéraux, ont depuis plusieurs années introduit avec succès les réformes qui s’imposent : privatiser (Suède) ou rendre les établissements autonomes (Angleterre), ou adopter des systèmes de chèques scolaires (Pays Bas, Etats Unis) ou décentraliser (Allemagne).

Les jeunes ont besoin d’une éducation. Puisque l’Education Nationale ne remplit pas cette mission, nous n’avons plus besoin de l’Education Nationale.

Il y aura un « après 11 janvier », nous dit-on. La « marche républicaine » ouvrirait une ère nouvelle, la barbarie devrait être anéantie, l’union nationale devrait se prolonger. Qui ne se réjouirait de telles perspectives ? Mais je m’interroge sur les arguments et les moyens envisagés pour bâtir une France nouvelle, du moins à court terme.

 
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Chacun y a trouvé ce qu’il a apporté

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Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
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- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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