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Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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Waterloo, le 18 juin PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Juin 2015 00:00
Waterloo à l'Assemblée l www.libres.org

Cette semaine sera célébré le bicentenaire de la bataille de Waterloo. La France donnera un certain éclat à cet anniversaire, on en oubliera qu’il s’est agi d’une défaite, et de la fin de l’épopée de Napoléon. Mais il n’est jamais mauvais de laisser parler l’histoire, à condition d’en  retenir les leçons ; alors défaites et victoires prennent une valeur relative.

 

 

Cette valeur varie avec le temps et le lieu. Traversant le Channel, c’est à Londres qu’on trouve une gare et un musée Waterloo (et un Trafalgar Square bien sûr). Mais c’est aussi à Londres que 125 ans plus tard, le 18 juin 1940, un célèbre appel sera lancé aux Français pour transformer une défaite en victoire.

Alors : quelles leçons, pour quel temps ?

Il y a d’abord le temps des Cent Jours, qui terminent tragiquement l’histoire d’un homme qui a bâti un empire, et qui a mené jusqu’à son terme sa volonté de puissance et d’hégémonie. La bataille elle-même est celle de soldats, de cette garde qui meurt et ne se rend pas. Courage du sacrifice, même inutile. Waterloo, c’est aller jusqu’au bout. Voilà qui tranche avec la pusillanimité ambiante par les temps qui courent, avec le renoncement, la démission, sinon la lâcheté. Doit-on pour autant vanter le mérite des Kamikazes ou des Djihadistes ? Le sacrifice s’ordonne à la cause pour laquelle on l’accepte. Le martyr qui témoigne de sa foi face au fanatique barbare est digne de sa condition humaine. Le barbare qui porte la mort à des innocents ne mérite aucun respect.

Les soldats de l’Empereur étaient héroïques parce qu’ils se battaient pour l’Empereur, pour la patrie. Mais l’Empereur lui-même se parait-il d’une autre grandeur que celle d’un général de génie, d’un chef de guerre accompli ? Il avait condamné au sacrifice un million de ses hommes ; après le rêve d’une Europe sous son aile protectrice, il avait fait celui d’une impossible reconquête, Il avait succombé à l’ivresse du pouvoir. Il aurait pu appliquer son intelligence à la paix, au commerce. Admirateur de Jean Baptiste Say, ce grand économiste qu’il avait élevé aux plus hautes dignités, il pouvait promouvoir le libre échange, unir tous les peuples européens dans la croissance économique – et il l’a sérieusement envisagé. Avant que la fièvre des conquêtes ne le reprît, et qu’il en vînt au « blocus continental ». Alors Jean Baptiste Say l’abandonna et émigra en Angleterre, comme tant d’autres qui avaient pensé que Napoléon ouvrait une ère de liberté – Benjamin Constant, Destutt de Tracy, Daunou et les Idéologues qui avaient soutenu Bonaparte.

Puis vint le temps de 1815. Waterloo mène au Congrès de Vienne, peut-être la première tentative authentique d’une Europe pacifique, organisée autour de la Sainte Alliance, et à laquelle la France peut participer grâce au coup de maître de Talleyrand. Les grandes guerres peuvent-elles donner à réfléchir, et guider les peuples vers une paix durable ? On l’a cru en 1815, comme on le croira en 1918 avec la Société des Nations, ou en 1945 avec l’ONU, ou en 1989 avec la chute du mur de Berlin. En fait, le XIXème siècle sera celui de guerres incessantes, même si elles n’eurent jamais la dimension  des guerres napoléoniennes, même si elles s’atténuèrent avec l’expansion économique et les traités de commerce (dont le premier mit fin  à plusieurs siècles d’hostilité entre Anglais et Français). Quand la paix est gérée par la classe politique, qu’elle soit celle des empereurs ou de gouvernements dits démocratiques, ou d’organisations internationales, la pression des souverainetés, elles-mêmes sollicitées par les intérêts corporatifs et protectionnistes, est une menace permanente.

Puis vient l’histoire contemporaine, avec les pires atteintes que la liberté ait subies depuis des siècles : totalitarismes de Lénine et Staline, Hitler et Mussolini, Mao et autres dictateurs. L’appel du 18 juin est reconnu comme l’appel à l’esprit de résistance. Un esprit qui habitait sans doute quelques-uns des acteurs de Waterloo puis qui, quelque cent ans plus tard, a su mobiliser l’Occident contre les régimes totalitaires nés au XXème siècle, jusqu’à la victoire de 1945, en fait incomplète jusqu’en 1989. Voici maintenant le totalitarisme islamique en expansion, et l’esprit de résistance s’impose à nouveau.

L’inventaire très schématique – certains diront très sollicité – que je vous ai proposé est-il de nature à dicter quelques leçons, et à renforcer quelque détermination ?

La première leçon, c’est que l’histoire relativise tous les évènements, ce qui semble acquis et gagnant en un moment sera remis en cause et perdant à terme.

La deuxième leçon, c’est que l’histoire n’a d’autre ressort que la volonté des hommes, et qu’ils peuvent choisir la voie de la régression et de la haine aussi bien que celle du progrès et de la concorde.

La troisième leçon, c’est que les périodes de liberté et d’ouverture ont été celles de la paix.

La quatrième leçon, c’est qu’il y a avantage à apprendre aux écoliers, lycéens et étudiants ces trois leçons de l’histoire, et que c’est pitié voire crime de les priver de ces réflexions.

La détermination, c’est d’avoir courage, esprit de résistance, mais pour les mettre au service de la seule cause qui mérite notre engagement : celle de la liberté, de la vérité et de la dignité.

 
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