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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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La monarchie constitutionnelle PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 15 Septembre 2015 00:00
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La monarchie constitutionnelle est un alliage précieux de communauté et de diversité ; elle mérite qu’on y réfléchisse, et qu’on en tire quelques leçons pour notre pays.

 

 

Je voudrais souligner aujourd’hui une actualité qui n’a sans doute pas inspiré aux médias les commentaires qu’elle appelait : la reine Elisabeth II a battu mercredi dernier 6 septembre le record de longévité détenu jusque là par sa grand’mère Victoria avec un règne de 63 ans, 7 mois, 7 jours.

Certes les médias ont rafraîchi notre mémoire en rappelant quelques détails croustillants : depuis 1952 Elisabeth n’est pas seulement reine d’Angleterre, mais aussi d’Ecosse, de Galles et d’Irlande (pays du Royaume Uni), mais encore du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande et douze autres pays du Commonwealth, et même de 53 pays si on y ajoute les membres du Commonwealth of Nations (par exemple la Jamaïque et les Bermudes). Cela a-t-il un sens au regard de notre République une et indivisible ? Oui certes : nous avons aussi nos Dom Tom, vestiges de l’Union française, avatar de l’Empire Français de la IVème République.

Il y a cependant une différence radicale entre France et Grande Bretagne : alors que chez nous nos enclaves dans le reste du monde sont sous la coupe bienveillante de Paris, les pays sur lesquels règne Elisabeth sont des Etats souverains, avec leurs propres gouvernements et leurs propres lois. Les Anglo-Saxons n’ont aucune peine à réaliser ce qui nous paraît insensé : une communauté bâtie sur la diversité.

C’est sans doute par ce biais que s’explique le succès de la monarchie constitutionnelle, régime politique qui, au sein du monde « occidental », est très répandu : pour ne citer que nos voisins européens, Belgique, Danemark, Espagne, Liechtenstein, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays Bas, Suède. Dans le monde asiatique, on doit se rappeler que le Japon est une monarchie constitutionnelle.

Quel est le creuset où se fondent communauté et diversité ? Toujours pénétrés de la pensée de Montesquieu, les juristes français voient dans ces monarchies une forme de la séparation des pouvoirs : au roi monarque héréditaire échoit le pouvoir exécutif, au parlement élu le pouvoir législatif. On dit encore que le monarque n’est plus absolu, puisque la constitution vient limiter son pouvoir. L’exemple du Royaume Uni dément ces interprétations : le parlement cumule les deux pouvoirs, le Premier Ministre est le chef de la majorité parlementaire.

Il faut chercher ailleurs une lecture du succès de la monarchie constitutionnelle. Mon ami le professeur Pedro Schwarz, dont le nom trahit sa nationalité espagnole (il descend des nobles de Charles Quint, et lui-même a été membre des Cortès du temps de Juan Carlos) m’a donné un premier élément de réponse : la monarchie représente la continuité et le poids de la société civile, le gouvernement (en général issu du parlement) représente la volonté contingente du peuple et le pouvoir de la société politique.

La monarchie constitutionnelle instaure ainsi une limitation permanente du pouvoir. Elle rappelle que, quelle que soit l’étendue du pouvoir des dirigeants, ils ne peuvent transgresser quelques règles de fond, ils ne peuvent briser la communauté qui a forgé la nation. Le gouvernement est au sommet de la société politique, le roi au sommet de la société civile. Celle-ci est faite de toutes les communautés, depuis la famille jusqu’à la nation, en passant par les corps intermédiaires, les associations, les institutions économiques, sociales ou religieuses.

La logique de la monarchie constitutionnelle est opposée à celle de l’Etat-nation : il existe une nation en dehors de l’Etat. Le roi incarne la nation, le gouvernement gère l’Etat.

Un excellent exemple a été fourni par l’histoire récente de la Belgique : lorsque le Parlement « national » a voulu légaliser l’avortement, le roi Baudouin a refusé d’apposer sa signature au bas de cette nouvelle loi et a quitté le pouvoir pendant quelques semaines : il a ainsi exprimé le refus de la nation de se plier à ce qu’il estimait être un abus de pouvoir des élus, parce que ceux-ci allaient contre la tradition d’un royaume chrétien. Hélas pour lui, et pour la suite, la nation belge n’a jamais existé, puisque Flamands et Wallons ne peuvent cohabiter. L’Etat belge a été une pure construction politique, comme la Grèce, comme les nombreux Etats en 1918 (dont la Hongrie) ou en 1945 (Yougoslavie, Tchécoslovaquie). Par contraste, L’empire austro-hongrois était fondé sur l’existence d’un seul empire, mais de deux Etats.

Au prix d’un raccourci risqué, j’en tire deux conclusions :

1° Ayant ignoré et annihilé la société civile, la société politique française cherche en vain ce qui pourrait bien souder la nation française au moment où elle se désintègre : faute d’un monarque, elle se réfère aux « valeurs de la République » - mais c’est pour mieux échapper à toute contrainte. La « laïcité » en particulier, tient lieu de ciment communautaire – du moins le fait-on croire.

2° Le mal français appelle la fin du mythe de la République « une et indivisible ». Le jacobinisme doit disparaître, et le fédéralisme doit émerger, comme cela a été le cas en Allemagne. Certes, la communauté est à retrouver dans des traditions religieuses et morales, (et sûrement pas dans un patriotisme dévoyé, qui touche à la xénophobie), mais une dose de fédéralisme assurerait au moins une certaine diversité. Mais la diversité est-elle présente dans l’histoire de France ?

Bien qu’elles paraissent éloignées du débat politique, ces questions pourraient se révéler fondamentales à l’occasion de la mise en place des régions. Mais je crains que le choix ne soit déjà fait par la société civile : la région sera un super-département !

 
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