Fidel et François : la conversion des fils de Jésuites Imprimer
Mardi, 22 Septembre 2015 00:00

Qui aura converti qui, et de quoi ?

 

 

La rencontre d’un Saint Père avec le « leader massimo » n’est pas extraordinaire : Jean Paul II et Benoît XVI avaient fait le voyage à La Havane, ils ne sont pas passés pour autant pour des « papes communistes ». Le Vatican œuvre en permanence pour la paix dans le monde, préalable à une compréhension entre les peuples et à la construction d’une « civilisation de l’amour ». Depuis Paul VI et surtout Jean XXIII, le dialogue et la miséricorde sont les lignes directrices de la diplomatie vaticane.

Les choses sont-elles différentes avec le Pape François ? Oui et non.  Non dans la mesure où la paix entre Cuba et les Etats-Unis est un chantier ancien, même s’il a beaucoup avancé avec Obama qui a bouleversé la diplomatie américaine, jusqu’à la désorienter. Non encore, parce que les « nouveaux papes » (depuis Paul VI) se sont fait un devoir d’aller réconforter les Catholiques dans les pays où ils souffraient.

Oui, parce que le Pape François est le premier pontife sud-américain, porteur des douleurs et des espoirs de ses congénères. Si Benoît XVI en particulier n’avait pas de sympathie pour la théologie de la libération qui a hanté l’esprit du clergé latino-américain, François professe une « théologie du peuple » proche de la précédente, le populisme politique et la corruption vécus par l’Argentine, le Brésil, le Venezuela, Cuba et les autres se transpose au niveau religieux : l’Eglise et l’Evangile au service des peuples, des pauvres. Oui encore, parce que François se veut et se dit révolutionnaire comme le leader du marxisme en Amérique Latine.

Concrètement : la liberté va-t-elle  renaître à Cuba, les droits de l’homme vont-ils être enfin respectés ? Rien n’a transpiré sur ce sujet, sinon qu’il a sans doute été abordé dans l’entretien privé des deux hommes. Les Etats-Unis vont-ils cessés d’être tenus pour sataniques, adorateurs de Mammon ? Si l’on en croit Edouard Tétreau, qui se prévaut d’avoir préparé et accompagné le voyage du Pape à Cuba, il s’agit pour les deux hommes de se retrouver « au-delà du mur de l’argent » (titre de son ouvrage paru cette semaine), un mur « dressé par la finance et les nouvelles technologies ». Un mur sans doute plus inhumain que celui de Berlin !

 
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