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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L’Allemagne paiera PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 29 Septembre 2015 00:00
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Volkswagen paiera, l’Allemagne paiera, la France paiera.

Dans les moments difficiles, il y a une bonne façon de s’en sortir : c’est de trouver un bouc-émissaire. En France, la pensée unique désigne les Allemands comme ces pelés, ces galeux d’où viennent tous nos maux. Mais il arrive que l’arroseur soit l’arrosé : c’est peut-être la France qui paiera son nationalisme aveugle et délétère.

 

 

L’affaire Volkswagen a ravi tous les adversaires de l’industrie, de la concurrence, du capitalisme. A les en croire, l’industrie pollue, et l’automobile est le symbole d’une société massifiée, grégarisée, aussi bien qu’égoïste, peu soucieuse de l’intérêt général et de l’environnement. La concurrence est déloyale, parce que tout le monde triche et seules les entreprises les plus rapaces peuvent survivre. Le capitalisme justifie tous ces comportements parce que ce système est fondé sur le profit obtenu par l’exploitation des faibles, le productivisme destructeur de la nature, etc.

Vous connaissez le refrain aussi bien que moi. C’est la musique du totalitarisme, celle de la Volkswagen d’Hitler, ou de la Trabant de Staline : l’automobile oui, à condition que ce soit la même pour tous et produite suivant des normes et avec des moyens définis par l’Etat. Et bien sûr, la firme Volkswagen actuelle est aux antipodes de son ancêtre : c’est le marché.Madame Royal remet les choses en place : on va discipliner tous nos constructeurs (dont l’Etat est actionnaire ou créancier).

Mais la pensée unique va plus loin dans son analyse : ce sont les Allemands qui bâtissent le « mur de l’argent ». Ayant réussi à abattre le mur de Berlin, ils ont profité de cette libération pour imposer l’ultralibéralisme en Europe. Ils paieront demain leur insolent succès d’aujourd’hui. Ils ont fait le choix de la rigueur et de l’austérité au lieu de celui de la relance. Ils ont réduit leurs déficits et leur chômage, mais en exploitant les consommateurs du monde entier, puisqu’ils sont les deuxièmes exportateurs mondiaux. En exploitant leurs salariés, mal payés, et en important massivement de la main d’œuvre immigrée : où vont les Syriens et autres réfugiés ? Le modèle allemand a ruiné les pays qui l’ont adopté, forçant les Grecs à des sacrifices inhumains, avec une Chancelière qui est la véritable reine de l’Europe. Ecoutons avec attention Laurent Wauquiez, numéro trois des Républicains (Scan politique du Figaro, jeudi 24) ; «  Volkswagen était l'incarnation de ce qu'était une forme d'arrogance du “made in Germany” ». Et d’en profiter pour critiquer Madame Royal qui ose enquêter sur le comportement des constructeurs français, au dessus de tout soupçon, et, dit-il, c'est « l'opportunité pour moi de remettre en avant le “made in France”». Quand la France de l’entre deux guerres sombrait dans l’inconscience et la folie, accumulant dettes et dévaluations, il y avait un slogan rassurant dans le discours politique : « l’Allemagne paiera ». Les « réparations » infâmes exigées des Allemands après le traité de Versailles devaient financer tous nos débordements. Et c’est la France qui a payé, et qui a accepté Munich.

Je ne le souhaite pas, mais je crois que c’est la France qui à nouveau paiera. Egarée, intoxiquée par sa classe politique, de Montebourg à Le Pen en passant par Wauquiez, elle paiera son protectionnisme, son nationalisme, son refus des réalités économiques et sociales, sa préférence pour Clochemerle. L’arrogance c’est d’ignorer les autres, pire encore : de leur faire porter le chapeau de nos erreurs politiques. Parmi ces erreurs, celle de toujours : le rejet de la liberté d’entreprendre et d’échanger. Dans son élan franchouillard Wauquiez nous ramène à l’Ancien Régime : il propose une « clause de préférence régionale » qui permettrait d’«utiliser les souplesses du code des marchés publics pour partir sur des produits français aussi bien dans nos cantines, que dans nos commandes de voiture ». Mangeons français, roulons français, mais en protégeant chaque région au sein de la France. En 1774, avec l’Edit sur les grains, Turgot avait voulu instaurer la libre circulation à l’intérieur du pays. Il sera renvoyé en 1776 avec l’Edit sur les corporations, car protectionnisme et corporatisme sont étroitement liés.

La France est déjà en train de payer : la plus faible croissance, le plus fort chômage, la plus forte dette, le plus spectaculaire exil de sa jeunesse, le spectre le plus alarmant pour les retraités. La France paye aussi en subissant une vague de populisme, une charge de haine à l’encontre de tous les autres : les Européens, les Américains, les Anglais et…les Allemands. Comme disent les patriotes épris de francophonie : c’est la « French touch » !

La France risque de payer une addition encore plus lourde si elle ne se débarrasse pas de son Etat, de sa classe politique d’énarques normaliens. Nous pouvons éviter le pire en diffusant les idées de la liberté.

Mon caractère et ma longue expérience me tiennent éloigné des rêves et des utopies. Depuis plusieurs mois, je me suis abstenu de toute anticipation sur les présidentielles de 2017, estimant que bien des choses pouvaient se produire d’ici là. Aussi prendrez-vous les lignes qui suivent comme un simple amusement, inspiré par l’actualité de la semaine dernière.

 
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Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

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