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Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 20 Octobre 2015 00:00

La campagne s’active : six semaines avant les élections. A ce jour, les régionales apparaissent surtout comme l’occasion pour les Français de manifester leur mécontentement et de sanctionner le gouvernement. Les régionales sont fortement teintées de nationales.

 

 

Cependant, d’ores et déjà les régionales sont plombées par deux vices, aujourd’hui cachés, qui ne cesseront d’obérer la vie publique française : la faillite des partis d’une part et, plus grave encore, le jacobinisme territorial.

S’agissant des partis, ces régionales font ressortir leurs incohérences internes et externes. Internes puisqu’au sein de chacune des formations en présence les courants s’entrechoquent, les dissidences se multiplient. Sarkozy ne fait plus l’unanimité des Républicains et l’affaire Morano illustre l’écart entre état major et militants. Le PS a ses frondeurs et ne parvient pas à les calmer. Le Front est agité par la querelle des anciens et des modernes, entre extrême droite et extrême gauche. Les Verts ont littéralement explosé.

Externes parce que droite et gauche ont du mal à se rassembler. Jean Christophe Cambadelis a tenté de sauver l’alliance avec les Verts et la Gauche Unie avec un referendum qui n’a rien prouvé, comme on pouvait s’y attendre. Des listes dissidentes de Verts et de Frontistes se sont constituées. Les Républicains ne peuvent bloquer des candidatures sauvages. Certes ces explosions, ces émiettements, sont inspirés par les originalités de la loi électorale : toute liste dépassant 5 % des suffrages au premier tour pourra se fondre avec n’importe quelle liste ayant obtenu 10 % au premier tour : la fusion se paiera cher ! Mais c’est surtout le vide doctrinal qui explique cette mosaïque de listes et de courants : aucun projet de société ne peut fédérer la classe politique, de droite comme de gauche, comme du centre et des extrêmes.

Mais il y a plus grave que la déconfiture des partis : c’est ce que j’appelle le jacobinisme territorial. Il s’est déjà remarqué à l’occasion du charcutage des régions. C’est le pouvoir central qui a dessiné la carte de France, totalement aberrante. Elle n’a aucune consistance culturelle ni historique. Priver les Alsaciens de leur spécificité, de leur langue, de leurs législations est l’expression la plus choquante de la dictature parisienne. Obliger l’Alsace Lorraine à se fondre avec la Champagne et les Ardennes n’a guère plus de sens. Créer une région avec deux capitales comme Toulouse et Montpellier n’en a pas davantage. Et que penser des limites de la Bretagne et des Pays de Loire, et du Poitou Charentes ? Seule la Corse a échappé au massacre, on a oublié de la rattacher à la Réunion. Mais la tradition républicaine n’est-elle pas celle d’une « République une et indivisible » ? Alors, qu’importent les régions !

Les choses ne vont pas mieux à l’intérieur de ces fausses régions. Comme nous l’avons déjà souligné et déploré la semaine dernière, les opérations de déconstruction se multiplient au sein même des nouveaux territoires. Le gouvernement soutient le regroupement des communes, qu’elles soient déjà agglomérées ou non. Les préfets décrètent arbitrairement la disparition de localités autonomes. Voici ressuscitée la France des préfets : l’ordre vient d’en haut, où règne pourtant le désordre. L’opposition se prête à ce jeu, pour des raisons peu avouables la plupart du temps. Nous avons relevé l’illustration la plus spectaculaire : la création de la métropole autour de Marseille. On devrait dire : autour de Jean Claude Gaudin, car c’est son hostilité viscérale à l’égard d’Aix en Provence et de son maire, et ses manœuvres de persuasion auprès d’élus corruptibles, qui vont le porter dans quelques semaines à la tête d’une métropole créée autour des dettes abyssales de la municipalité phocéenne. La manie de la concentration, héritée peut-être des goulags, nous avait déjà valu la fusion des trois universités réparties entre Aix et Marseille, grâce à Madame Pécresse. Comme toujours, la concentration ne diminue pas le coût de fonctionnement des instances locales, elle l’augmente. Comme Michel Polanyi, je crois que la complexité d’une société appelle la décentralisation et la concurrence, et pas la centralisation.

Ainsi les gouvernants français sont-ils fidèles à la tradition, et rebelles à la réforme. La tradition est celle de l’hypertrophie du pouvoir central et du mythe de l’Etat-nation. L’Ancien Régime n’a cessé de voir les luttes de la monarchie et des Parlements de Province. La Révolution et Napoléon ont accentué la pression sur les autorités locales. Après l’intermède de la Troisième République, la France a été remise à l’heure de l’administration centrale, de ses réglementations, de ses charges. Voilà un cadre idéal pour le collectivisme. Marx avait déjà remarqué qu’il est plus facile pour le prolétariat de s’emparer d’un pouvoir concentré.

Au même moment, la diversité et le fédéralisme font une poussée spectaculaire ailleurs : la Suisse, l’Allemagne, le Canada et (jusqu’à une période récente) les Etats-Unis, ayant choisi le mode fédéral, sont imités par l’Espagne, la Belgique, le Royaume Uni, l’Italie. A l’Etat constructiviste, les peuples préfèrent de plus en plus l’ordre spontané des nations fédérées. En Europe, seules l’Union Européenne, la France et la Russie vont à contre sens de la liberté.

Mon caractère et ma longue expérience me tiennent éloigné des rêves et des utopies. Depuis plusieurs mois, je me suis abstenu de toute anticipation sur les présidentielles de 2017, estimant que bien des choses pouvaient se produire d’ici là. Aussi prendrez-vous les lignes qui suivent comme un simple amusement, inspiré par l’actualité de la semaine dernière.

 
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Au sommaire du n°1346 du 20 décembre 2017

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