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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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Nous, les roms … PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 27 Octobre 2015 00:00
Etat, Sécurité l www.libres.org

Nous les roms, nous avons bien aimé le spectacle de Toulouse : des CRS chargeant les avocats, les tirant à terre par la robe, les piétinant parfois.

 

 

 

Nous les roms, nous avons bien aimé la folle nuit de Moisans, les gendarmes deux fois plus nombreux ne nous ont pas empêchés d’envahir et saccager la gare, de brûler des pneus, des voitures. Au jeu du gendarme et du voleur nous avons gagné : ils ont couru dans tous les sens, sans jamais nous attraper. Et nous avons été les vedettes de la télé.

Nous les roms, nous avons bien aimé les cégétistes qui ont malmené le patron d’Air France, arraché sa chemise, sous l’œil résigné des policiers qui ont pu héroïquement l’encourager à escalader et franchir le grillage derrière lequel ils se tenaient. Nous avons franchement rigolé quand la télévision a donné la parole à Mélenchon, l’ami du peuple.

Nous les roms, nous avons bien aimé les manifestations de policiers devant l’Assemblée Nationale, la grève des gardiens de prison.

Nous les roms, nous avons la fierté d’être le symbole des hors-la-loi, des casseurs, de ceux qui se font justice et se moquent de la justice, des « indignés ». Nous sommes des gens du voyage qui veulent arrêter de voyager pour mener une tranquille vie de sédentaires, pour honorer notre tradition de vol et de violence. Nos musiques adoucissent les mœurs.

Nous les roms, nous nous disons « Quis custodiet ipsos custodes ? », ce qui signifie dans notre jargon gitan « Qui gardera les gardiens ? ».

Vous me pardonnerez peut-être de tourner en dérision des évènements dramatiques, qui ne sont eux-mêmes qu’illustrations du drame social que vit notre pays. La haine et la violence sont toujours dramatiques, mais l’impunité et l’irresponsabilité le sont tout autant. Elles marquent la faillite des institutions, l’impuissance coupable de ceux qui ont en charge la protection des biens et des personnes, c'est-à-dire la garantie de la liberté. Elles alimentent les propos sécuritaires et font le lit électoral des extrêmes, à leur tour « indignés », mais aussi de leurs rivaux électoraux, qui tendent la jugulaire et redressent le menton.

La situation interroge les libéraux : comment respecter et protéger la liberté sans recourir à la dictature ? J’entends chaque jour des personnes sensées, ayant de la sympathie pour les idées de la liberté, me dire que l’on ne peut en finir avec la chienlit qu’avec un Etat fort et des hommes d’Etat à poigne. D’où le choix de la droite, le choix de Juppé, puisque la droite est réputée représenter le parti de l’ordre et tant qu’à faire le choix de l’ordre extrême avec la droite extrême. Cette approche est d’ailleurs avalisée par l’histoire de France : les régimes sources de désordres (de toutes sortes) sont renversés par des révolutions et les désordres révolutionnaires succèdent à ceux de l’ancien régime. Tel est le sort de nations qui ne savent pas se réformer : trop longtemps asservis, les esclaves se révoltent.

Depuis des siècles les Français ont été asservis par leur propre Etat, qui a soumis puis détruit la nation. En imposant « la force injuste » d’une loi arbitraire, ignorante du droit naturel et des droits individuels, les gouvernements ont discrédité la loi. Eux-mêmes se sont mis hors leur propre loi, «tout pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Acton). A leur manière, ceux qui nous gouvernent se sont conduits en roms : non seulement ils ont enfreint la loi, mais ils ont domestiqué les juges et ont déjugé les personnes en charge de la sécurité. Comme le révèlent de scandaleuses affaires (comme l’affaire Boulin), on est allé en haut lieu jusqu’au crime. La « raison d’Etat » n’est pas davantage l’excuse du crime, on l’a souvent mobilisée en France depuis un demi-siècle. L’Etat Providence, qui efface toute responsabilité personnelle, y compris au plus haut niveau, écarte le pouvoir de sa seule mission légitime : garantir la sécurité. A vouloir tout régenter, il en oublie cette mission – qui finalement lui pèse. Le conseil de Bastiat : « N’attendre de l’Etat que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième ».

Ai-je pour autant répondu à la question de la lutte contre l’insécurité, contre la corruption, contre les roms de tous acabits ? J’ai évoqué leur origine, je n’ai pas indiqué la parade. Bien sûr le renvoi de l’Etat à sa mission régalienne est l’objectif ultime. Mais en attendant la libération, la seule chose en notre pouvoir est de montrer à nos compatriotes « ce qui ne se voit pas » et qui explique « ce qui se voit », c’est de les persuader que l’on peut changer la donne, comme ont su le faire des pays en déclin, comme les Etats-Unis désemparés et honteux après la guerre du Viet Nam, comme les Anglais en proie à la guerre civile menée par les syndicats marxistes, comme les populations européennes asservies par les soviétiques. Nous avons quelques mois encore pour éveiller et rassembler la société civile. Quand les gardiens ne peuvent plus garder, il faut se garder soi-même. Les idées mènent le monde. Encore faut-il les exprimer.

Mon caractère et ma longue expérience me tiennent éloigné des rêves et des utopies. Depuis plusieurs mois, je me suis abstenu de toute anticipation sur les présidentielles de 2017, estimant que bien des choses pouvaient se produire d’ici là. Aussi prendrez-vous les lignes qui suivent comme un simple amusement, inspiré par l’actualité de la semaine dernière.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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