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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Mitterrand, le prince PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 11 Janvier 2016 00:00
Mitterand l www.libres.org

Je voudrais apporter ma modeste contribution à la célébration du vingtième anniversaire du décès de notre cher Président. J’en profiterai pour glisser quelques considérations sur l’idée que se font les Français de ce qu’est un grand homme d’Etat.

 

 

Le texte de Machiavel intitulé « Le Prince » (1515) est révolutionnaire, et nous en portons aujourd’hui encore les stigmates : le Prince exerçant le pouvoir n’a pas à obéir à la morale ordinaire, la raison d’Etat lui donne tous les droits, tous les coups lui sont permis, parce qu’il porte le bien commun sur ses épaules. Le machiavélisme caractérise des personnes qui n’ont aucun scrupule à pécher par pensée, par action, par omission. On a souvent parlé du « Florentin » à propos du maître de l’Elysée de 1981 à 1995.

Pour être bon prince, il faut se libérer de toute conviction, rester indifférent aux dégâts que l’on commet, nier ses erreurs et ses fautes, fussent-elles scandaleuses.

Convictions ? Notre Prince a fait preuve de beaucoup de souplesse, allant souvent jusqu’à la duplicité. S’il avait au départ quelques principes hérités d’une famille bourgeoise et chrétienne, il a su s’en affranchir. Il a été lourdement soupçonné de pétainisme, au prétexte qu’il avait reçu la francisque, haute distinction du régime de Vichy, dont il a été l’agent chargé de gérer le sort des prisonniers de guerre entre 1940 et 1943. Mais certains biographes ont plaidé que Mitterrand jouait un double jeu : ses relations à Vichy lui permettaient de mener une action efficace au sein de la Résistance. La duplicité devait aller jusqu’à défendre en 1945 la cause d’Eugène Schueller, créateur de l’Oréal, convaincu de collaboration, et  à utiliser le réseau de La Cagoule, conspiration d’extrême droite. Jusqu’en 1988 Mitterrand a prolongé, tout en la niant contre toute évidence,  une amitié solide avec Bousquet, secrétaire général de la Police de Vichy, pourvoyeur en juifs des camps de concentration.

Gaulliste, puis antigaulliste, il se situe dans les années 1950 au centre gauche, au sein de l’UDSR, parti présidé par René Pléven, Mitterrand sera ministre dans son gouvernement. A la tête de l’UDSR Mitterrand fera équipe avec la droite traditionnelle et sera dans le gouvernement Laniel (1953). Quand éclate la guerre d’Algérie Mitterrand garde des Sceaux déclare « L’Algérie c’est la France » et remet la justice entre les mains des tribunaux militaires qui prononcent plusieurs peines de mort– une peine qu’avec Badinter il fera ensuite supprimer. C’est finalement avec Pierre Mendès France qu’il se situe clairement du côté de la gauche. Homme de gauche sans être socialiste, il s’emparera de la SFIO et deviendra, en 1974,  révolutionnaire sans être communiste, simplement pour aboutir au Programme Commun de Gouvernement et se faire élire en 1981. Après les élections de 1993 perdues par le gauche, son deuxième septennat sera marqué par la cohabitation avec Edouard Balladur. S’agissait-il d’un tournant historique ? Certains le laissent croire, pour attribuer à Hollande l’habileté manœuvrière de François Mitterrand. Le reniement peut passer pour de l’intelligence et l’indifférence pour de la maîtrise.

Les dégâts ? Amnésie de la plupart des médias.  Quel est le bilan de celui que Jack Lang qualifie d’« homme de progrès » ?  Progrès économique en 1981 avec les nationalisations (au moment de la vague libérale Thatcher-Reagan), une hausse du SMIC de 10 %, la semaine de 39 heures, une semaine de congé supplémentaire, le tout financé par quatre dévaluations du tandem Mauroy Delors en trois ans. Progrès social avec une abondante législation inspirée par la lutte des classes : loi Auroux sur le pouvoir des syndicats dans les entreprises, loi Quillot sur les rapports entre propriétaires et locataires, impôt sur les grandes fortunes et plus de 2 millions de chômeurs. Progrès diplomatiques avec le soutien à Gorbatchev et le refus de rencontrer le président Eltsine, avec l’opposition à la réunification de l’Allemagne (pourtant présidée par son ami Kohl), avec des liens privilégiés avec Castro.

Les scandales ? Avec le recul du temps, certains n’en sont plus : la double vie aux frais des contribuables est faute vénielle, tout comme les scandales financiers du financement de la campagne par Henri Emmanuelli et le racket des communes (Urba Gracco), le Carrefour du Développement (Burundi). Mais demeurent quelques énigmes plus dramatiques, comme la mort de Pierre Bérégovoy, le suicide de François de Grossouvre.

Un souvenir personnel : en 1959, au moment de « l’affaire de l’Observatoire », victime d’un attentat qu’il avait organisé lui-même, je pensais que la carrière politique de Mitterrand allait être définitivement brisée. Je me trompais lourdement : les Français aiment les princes. Beaucoup de nos compatriotes jouissent avec délectation des écarts de morale et de pensée qu’ils ne peuvent se permettre personnellement ; ils sont persuadés que le chef est toujours l’homme providentiel et que tout lui est permis.

C’était l’objectif des quelques réflexions  et rappels que je vous ai livrés : en 2017, il faudrait briser la tradition monarchique et absolutiste de notre histoire et choisir un président qui ne soit pas un prince, mais un serviteur de la nation, porteur de valeurs morales et spirituelles que l’on a baptisées depuis quelques années « valeurs de la République » pour faire oublier que la moralité et la chrétienté ont été mises au rancart par les princes qui nous gouvernent.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

Connaissance du libéralisme : Le renard libre dans le poulailler libre - La loi, la liberté et le droit - Droit,morale et religion

Avis à nos lecteurs : 8ème Week end de la Liberté


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