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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Emmanuel Macron et les réformateurs socialistes PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Janvier 2016 00:00
Le parcours d'une réforme en France l www.libres.org

L’interview d’Emmanuel Macron par Jean Jacques Bourdin sur BFM télé et RMC mercredi dernier a eu un écho retentissant, et à plus d’un titre.

 

 

1° Elle s’est terminée par un combat singulier du ministre avec Mickael Wamen, l’un des cégétistes condamnés pour la séquestration de cadres de Goodyear. Emmanuel Macron, ayant eu le courage de ne pas céder à la violence verbale de son interlocuteur, a été vilipendé pour avoir trahi un des préceptes de la pensée unique : en France on respecte les syndicats, héroïques défenseurs des droits des travailleurs.

2° L’affaire est allée jusqu’à remettre en question l’appartenance de Macron au gouvernement Valls. Veut-il démissionner ? Bourdin l’a harcelé sur ce point, mais Macron s’abrite derrière François Hollande : il n’a de compte à rendre qu’au Président de la République, qui l’assure jusqu’à présent de son soutien. Mais certains, allant plus loin, en ont conclu  tantôt que la loi Macron sera détricotée, tantôt que la succesion de Manuel Valls sera dévolue au jeune ministre de l’Economie.

3° Macron a réaffirmé la nécessité de réformer et de restaurer la loi du marché dans un pays où la concurrence est neutralisée par une réglementation qui empêche les Français de travailler. Il veut encourager des Français qui le désirent à devenir entrepreneurs individuels et, pour ce faire, il faut un libre accès à toutes les activités, à tous les métiers. A ses yeux, l’obtention d’un diplôme n’est pas nécessaire à exercer une profession (sauf si elle touche à la santé ou à la sécurité). Macron a repris l’exemple, déjà évoqué dans le rapport Attali en 2008, de la coiffure. Il remet ainsi en cause, comme Attali, des privilèges acquis depuis des années, voire des siècles. Sur ce point, la Révolution a manqué l’un de ses objectifs, pourtant proclamé dans la Loi La Chapelier : supprimer les corporations, les lettres patentes, les charges publiques, qui étaient courantes sous l’Ancien Régime.

4° Mais c’est ici que l’on mesure les limites de la capacité réformatrice de la gauche au pouvoir. A supposer qu’ils le veuillent (on peut estimer que Macron – et même Valls – soient sincères) les socialistes peuvent-ils réformer ?

Certes plusieurs pays ont dû depuis vingt ans leurs réformes décisives à des gouvernements de gauche : Canada (Chrétien), Allemagne (Schroëder), Angleterre (Tony Blair), Australie, Suède, etc. Mais ces gauches-là n’étaient pas socialistes au sens français du terme : elles étaient simplement populaires, c’est à dire conscientes de ce que le progrès social est lié à la liberté économique, qui permet à tous les gens du peuple la promotion par le travail, l’épargne, l’entreprise.

Mais un tel miracle pourrait-il se produire en France ?

Je ne le crois pas : les privilèges et les privilégiés se portent bien. Qu’il s’agisse des taxis, des employés de la FNAC à propos de la fermeture du dimanche, des menaces de privation de La Poste, etc. la force de frappe syndicale est immédiatement mobilisée, les décrets d’application ne paraîtront jamais ou ne seront jamais respectés, les manifestations useront le pouvoir jusqu’à ce qu’il cède.

D’ailleurs, le calendrier joue contre le pouvoir actuel. Réformer est-il électoralement rentable à un an d’un vote national ? Les électeurs seraient-ils impressionnés au point de réélire et Hollande et la gauche ?  Feraient-ils confiance à ceux qui les ont déjà trahis ? Macron lui-même est-il crédible ? Ses positions sur l’embauche et le licenciement sont de simple bon sens et peuvent nous plaire. Mais au passage, il ne manque pas de se référer au bon vieux schéma de la lutte des classes, en parlant de « l’asymétrie du marché du travail », le patron étant avantagé pour imposer à son personnel un contrat de travail léonin. Prôner une mesure ponctuelle ne peut suffire : c’est une doctrine qui doit inspirer un programme global et un ensemble disparate de changements multiplie les mécontentements sans laisser percevoir un avenir meilleur. A mon sens réformer profondément et durablement ne peut se faire qu’au lendemain d’élections confiant le pouvoir à un candidat ayant clairement annoncé ce qu’il ferait dans les cent jours – de quoi réduire au silence les opposants aux réformes.

Enfin, ce n’est pas seulement le retour à la liberté du contrat de travail qu’il faut programmer, mais tous les autres vices fondamentaux de la France contemporaine : la fiscalité redistributive, la protection sociale, la centralisation, le régime pénal et carcéral, la liberté scolaire. La réforme est complète ou n’est pas. Une série de mesures, fussent-elles opportunes, ne constitue pas un programme de libération de notre pays, et l’assainissement économique et financier n’est pas le seul objectif à rechercher. La médecine douce est vouée à l’échec quand la chirurgie s’impose.

Je ne voudrais pas terminer sur cette note négative. Sachons exploiter l’affaire Macron : d’une part, elle révèle que ce qui naguère était impensable et relevait de « l’ultralibéralisme »  peut devenir politiquement correct ; d’autre part, elle doit nous motiver pour faire de cette année 2016 un temps fort de la pédagogie libérale, jusqu’à ce que candidat(s) et électeurs se retrouvent dans un commun programme de libération.

 
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Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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