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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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« 2005 : l’année de la reprise » PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 02 Février 2016 00:00

C’est la déclaration solennelle et joyeuse de Michel Sapin, notre ministre des Finances. Elle était en commentaire des résultats officiels communiqués par l’INSEE : 1,1 % de croissance sur l’ensemble de l’année 2015. Les optimistes ont accompagné cette bonne nouvelle de quelques autres : confiance retrouvée chez les entrepreneurs et les ménages. Nous souhaiterions qu’il en soit ainsi mais il y a loin de la coupe aux lèvres : retrouver une vraie croissance durable et une inversion de la fameuse courbe du chômage exigerait des réformes structurelles, dont aucune n’a été réalisée, ni même n’est en perspective.

 

 

Il faut se contenter de peu

Certes 1,1 % en 2015 c’est presque six fois mieux que 0,2 en 2014 ! Mais pour ce léger progrès on peut aligner en face plusieurs reculs. C’est moins bien que les prévisions en début d’année, sur lesquelles on a bâti le budget de l’Etat 1,4 %. C’est moins bien que la moyenne de l’Europe (1,5%), et au niveau de la moyenne de la zone euro. Toutefois au sein de cette zone la dispersion est très grande : France, Espagne et Italie font baisser la moyenne, relevée par l’Irlande (4,6), la Pologne (3,4), la Suède (3,1) et la Grande Bretagne (2,8). L’Allemagne, il est vrai a ralenti le pas, avec un chiffre égal au nôtre. Mais les Allemands sont bien plus dépendants du marché mondial que nous, le ralentissement des pays émergents et de la Russie l’ayant fortement pénalisée. Enfin, détail statistique à ne pas manquer, ce qui a « gonflé » le taux de croissance français, c’est l’accumulation des stocks, surtout au dernier trimestre 2015, puisque le produit français comprend aussi des biens produits mais invendus pour l’instant.

 

Les vraies inquiétudes

La « reprise » n’a visiblement pas eu d’effet sur la progression du chômage, qui d’après les résultats de décembre 2015 a maintenant atteint le pic de 11 % de la population active pour la catégorie A. Si l’on excepte la Grèce, la France est maintenant la seule à dévisser en matière d’emplois, le mieux est constaté en Italie et surtout en Espagne. C’est qu’en France on ne crée pas d’emploi, alors que les Espagnols en ont créé 800.000 en 2005 et les Anglais 400.000. Notre chiffre médiocre de 280.000 emplois créés comprend la création de 60.000 emplois seulement dans le secteur marchand, le reste est fait d’embauches de fonctionnaires ou de salariés du secteur associatif.

C’est évidemment la grande inquiétude pour l’économie française. Elle s’articule avec la léthargie de l’investissement, on prévoit que la France sera en 2016 le seul pays d’Europe dans lequel l’investissement sera décroissant. Il est vrai que la vieille Europe se traîne, ce qui pousse les autorités de Bruxelles à accélérer le grand projet Junker d’investissements publics. Mais les équipements collectifs se vendent difficilement à l’étranger, ils peuvent créer des emplois mais ils en tuent aussi car les charges fiscales et sociales freinent l’embauche (c’est l’effet Bastiat, appelé par les économistes aujourd’hui effet d’éviction). On dira la même chose pour les « emplois verts », qui reposent sur des subventions et des exemptions plus que sur une demande solvable.

 

La tyrannie du statu quo

C’est évidemment un phénomène que nous évoquons souvent ici : aucun des changements structurels dont la France a besoin ne peut se réaliser, car la résistance des syndicats et des corporations est très forte et le pouvoir politique trop faible et discrédité. La semaine dernière a été riche en grèves, manifestations, blocages de la part des professions que menace la concurrence ou la mondialisation ; les paysans continuent leur action et les taxis n’ont pas dit leur dernier mot. Cependant, il s’agit de l’écume de la vague. La houle profonde, c’est l’impossibilité de toucher quoi que ce soit au Code du Travail, l’incapacité de modifier les régimes de retraites et de santé, le maintien d’un smic élevé, la fiscalité de plus en plus progressive et pénalisante pour les entrepreneurs. Le tout sur fond de tensions politiques et sociales renforcées. Il se confirme bien que ce n’est pas un meilleur taux de croissance, même faible, qui amorce la reprise d’une économie. C’est l’adaptation de l’économie aux défis de la concurrence et de la compétitivité qui produit une croissance durable et inverse la courbe du chômage. Sarkozy allait « chercher la croissance avec les dents ». Il s’y est cassé les dents.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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