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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

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Le déclin de l’école expliqué aux Français PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 03 Février 2016 00:00

Philippe Nemo incrimine « l’école unique »

 

 

L’échec scolaire est désormais évident pour tous les Français, y compris pour le ministre porte-parole du gouvernement, Monsieur Le Foll. Reste à en expliquer les causes, pour essayer de trouver une solution. Seule Madame Vallaud-Belkacem, qui va plus vite que tous les autres, a déjà mis en place une solution, sans visiblement avoir pris le soin de lire l’énoncé du problème : elle refonde.

Philippe Nemo, l’un des célèbres « Nouveaux Philosophes » des années 1980, est normalien, naguère professeur en charge du département de philosophie à l’ESCP  et à HEC, membre des jurys d’agrégation et d’admission dans ces grandes écoles, depuis peu à la retraite, dont il a profité pour créer l’Ecole Professorale de Paris, destinée à former des maîtres de talent pour les générations futures, une sorte d’Ecole Normale Privée, tant il est vrai que la publique diplôme des intellectuels d’une qualité fort inégale.

Au cours d’un forum à Marseille la semaine dernière, organisé conjointement par le Lions Club Prospective et Contribuables Associés, Philippe Nemo a résumé la thèse qu’il a exposée dans plusieurs de ses ouvrages consacrés à l’Education Nationale.

 

Pourquoi ils ont tué Jules Ferry

Titre de l’un de ses ouvrages, cette apostrophe laisse entendre que c’est un complot qui est à l’origine du désastre actuel. C’est en effet la thèse de Nemo : c’est l’école « unique » qui a voulu en finir avec « l’école classique ». La raison profonde : l’égalitarisme. Elle procède de l’idéologie qui veut que l’école soit un des champs de la lutte des classes, avec une instruction conçue pour les enfants de bourgeois qui pénalise toute ascension des enfants de prolétaires.

Les gens du complot partent de l’observation (erronée bien sûr) que les matières « classiques » sont davantage à la portée des uns que des autres, il faut donc les ôter des programmes pour ne garder que des matières accessibles à tous. Une fois de plus, l’égalité est recherchée à travers le nivellement par le bas, au lieu qu’elle le soit grâce à la promotion par le haut. Les études de Piaget confirment cette hypothèse : les enfants partent d’un savoir intéressé et concret (le feu peut me brûler) pour parvenir à un savoir désintéressé et abstrait (quelle est la distance de la terre à la lune). Les tenants de la lutte des classes transposent cette psychologie de l’enfant à au processus social : les travailleurs ouvriers et employés ne sont pas soucieux d’autre chose que de bien faire leur travail, tandis que les capitalistes recherchent la finalité et l’utilité du travail des autres, qui sera source de profit pour eux. Donc les familles de salariés ne connaissant que la réalité du travail, ne peuvent guider leurs enfants dans la recherche d’un savoir abstrait. L’école unique met fin à ces discriminations et aligne tous les enfants sur un programme normalisé à la portée de tous. Ainsi sont éliminées nombre de disciplines réputées discriminantes, comme l’histoire, la géographie, la littérature, et bien sûr les humanités, la rhétorique et la philosophie.

 

La Nouvelle Eglise

« Je détruirai et reconstruirai », disait Proudhon. Après avoir éliminé l’école classique et effacé les discriminations sociales, communistes et socialistes ont besoin de créer l’homme nouveau, artisan de la société sans classe à construire. Il faut évidemment se débarrasser de ces gêneurs que sont les Eglises et les prêtres. La loi Combes y pourvoit en 1905, mais dans les années 1920, le projet d’école unique mûrit dans des colloques qui forgeront les réformes appliquées dès le Front Populaire avec Jean Zay et (surprise !) Marcel Déat. Après l’interruption de la 2° GM, le projet est repris avec le plan Langevin Wallon imprudemment  cautionné par De Gaulle, et depuis lors les progrès de l’école unique et laïque ont été permanents et accélérés. Ils trouvent leur épanouissement dans la « refondation de l’école » illustrée par les écrits de Vincent Peillon dont on retiendra en guise de conclusion le principe : « L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi ».

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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La concurrence sauvage
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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