Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

Lire la suite...
Paysans : la faute à qui ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Dimanche, 07 Février 2016 00:00
Manifestations agricoles l www.libres.org

Le gouvernement est engagé dans l’une des plus mauvaises affaires qui soient. Les jacqueries ont annoncé la Révolution ; serions-nous à la veille d’une explosion ?

 

 

Les manifestations ont la sympathie de nombreux Français et les médias ne manquent pas d’interviewer des gens qui justifient le blocage des routes, le saccage des grandes surfaces et soulignent l’incurie du gouvernement et la rudesse des forces de l’ordre. Une analyse moins passionnée des faits et un rappel de l’histoire démontrent pourtant que les paysans se trompent et de cible et d’attitude.

La faute à qui ? La cible choisie est celle des grandes surfaces. Elles sont accusées d’exploiter  les producteurs suivant le schéma bien connu : les gros écrasent les petits. Il y a certes un écart apparent, souvent spectaculaire,  entre le prix de revient  des produits agricoles et leur prix de vente au grand public. Mais ces « marges brutes » sont à diminuer des coûts de fonctionnement des entreprises, et en particulier de la masse salariale, de l’amortissement des installations et équipements, et des charges sociales et fiscales. Le profit réalisé par les distributeurs serait-il si important ? De nombreux groupes ont lancé un « avertissement sur résultats » à leurs actionnaires et chez certains les marges s’effondrent avec la « guerre des prix ».  Qui en bénéficie? C’est le consommateur dont le pouvoir d’achat est sauvegardé dans une conjoncture difficile et qui jouit de prestations et d’attentions de meilleure qualité, tandis que partout les prix s’alignent au bout de quelques jours sur le niveau le plus bas.

La ruine des paysans c’est la concurrence. Le conflit est éternel à propos du partage des gains de productivité. Avantage aux producteurs, qui en sont les artisans ? Avantage aux consommateurs, qui en sont les bénéficiaires ? Quand il y a concurrence, le partage est en faveur du consommateur. La conquête de parts de marché, mais aussi la mondialisation, font que la concurrence est de plus en plus active dans le secteur des produits alimentaires. Le résultat le plus clair est qu’une population qui en 1960 affectait en moyenne un quart de son budget à son alimentation ne débourse plus aujourd’hui que 12 % de son revenu net.

Mais pourquoi des producteurs étrangers relèvent-ils le défi de la concurrence, alors que les Français ne s’en sortent pas ? Il y a ici deux causes, de nature différente, mais qui convergent au détriment des paysans.

La première c’est le poids des charges payées à l’Etat et aux diverses administrations locales, sociales. Si c’est la raison pour laquelle les sous-préfectures sont attaquées, les paysans ont raison  (sur le fond, mais pas sur la forme) mais  c’est Bercy qu’ils devraient incendier.

La deuxième c’est la moindre productivité. On évoque à juste titre les performances des Allemands (filières laitières et bovines) et des Espagnols (fruits et légumes), parce que l’organisation des exploitations et des circuits de commercialisation est très différente de celle, plutôt conservatrice, de la pratique française. Les paysans français ont commis des erreurs de gestion, avec des surfaces trop exiguës, un suréquipement relatif, une confusion entre résultats d’exploitation et revenus personnels qui a conduit au surendettement.

La convergence est celle-ci : c’est l’Etat français, adepte et fondateur de la politique agricole commune, qui est encore à la source de la ruine de la paysannerie. La PAC devait enrichir les paysans et les garder sur leurs terres, les paysans ont disparu (en 50 ans on est passé de 40 % de la population active à 3,5 %) et ceux qui ont survécu craignent de disparaître. La PAC a consisté à fixer des prix « européens » garantis par une protection douanière contre le reste du monde. Avec le soutien de l’Etat français, ces prix supérieurs aux cours mondiaux ont écarté les paysans d’une gestion performante et ont créé des excédents – qu’il a fallu ensuite éliminer par des quotas et des subventions. Sous les coups de butoir des Anglais, qui s’approvisionnent dans leur Commonwealth plutôt qu’en Europe, les prix garantis ont peu à peu laissé place aux revenus garantis, de sorte que les paysans français ont vu leur situation se dégrader ; aujourd’hui, ils réclament le retour à la fixité des prix (calculés bien sûr d’après leurs propres normes de rentabilité).

En conclusion, à qui la faute ? Au dirigisme parisien et bruxellois, qui a prétendu  soustraire la production agricole à la pression de la concurrence. En haussant les  coûts par des charges et des réglementations arbitraires, en faussant les prix par des subventions et protections artificielles, les pouvoirs politiques et administratifs ont ruiné les paysans, qui auraient dû revendiquer leur liberté et leur propre responsabilité. Ils souffrent et meurent peut-être, de l’assistanat et des privilèges qu’ont organisés des politiciens en quête de clientèle. Ils ne sont pas les seuls : merci à l’Etat Providence.

 
More Articles :

» Du commerce international au libre-échange mondial

La « guerre commerciale » fait craindre un recul du libre échange mondial. C’est ce que l’on pense en général après les initiatives de Donald Trump et les réactions des partenaires commerciaux des Etats Unis.  

» Quand une discrimination en chasse une autre

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la femme. On dénombre actuellement 466 journées mondiales dont 119 ont été officiellement décrétées par l’ONU. En 2018, le calendrier a commencé le 1er janvier avec la journée mondiale de la...

» Cheminots et paysans : quelle réforme ?

On ne parle plus ces jours-ci que de la SNCF et du Salon de l’Agriculture. Il y a deux points communs à ces sujets : d’une part, cheminots et paysans sont en colère ; d’autre part, il est évident qu’il y a urgence et risque de...

» Musique et paroles

La musique était harmonieuse, les paroles n’avaient aucun sens.  

» L’économie française aux couleurs de l’Elysée

« L’économie française retrouve des couleurs » : titre des deux pages que le Figaro de mercredi dernier consacrait à la conjoncture, assorties de deux photos géantes du Président et de son Premier Ministre. Même enthousiasme à la une...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...