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Le discrédit de la classe politique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Mars 2016 00:00
Le bord du gouffre l www.libres.org

Les méandres de la position gouvernementale autour de la loi travail jettent un discrédit de plus sur nos dirigeants actuels. Un sentiment populaire se renforce : on ne saurait attendre rien de bon de cette classe politique, incapable d’avoir une ligne et de s’y tenir, incompétente pour gérer les dossiers du pays, et à plus forte raison pour engager des réformes de fond. Certes ce n’est pas nouveau : la droite n’a pas fait mieux dans le passé : Villepin et le CPE (avril 2006), Juppé et son plan (décembre 1995), Chirac et la loi Devaquet (décembre 1986).

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D’ailleurs les manifestations de ce discrédit vont bien au-delà de cette actualité et de notre pays. Elles prennent la forme de refus du vote (l’absentéisme atteindra bientôt une moitié du corps électoral) ou de vote rejet : le populisme recueille tous les suffrages. Aux Etats-Unis, Donald Trump doit son succès à ses attaques contre le système politique, y compris celui du Parti Républicain. En Europe, Cinq étoiles italiennes, Podemos espagnol, Syriza grec exploitent « l’indignation » recommandée par Stephane Hessel.

En fait, je crois que le discrédit est dû à des causes plus profondes que les reculades, les incohérences, les échecs accumulés depuis au moins un demi-siècle.

La première cause est fort ancienne, elle est la légitime méfiance que les citoyens nourrissent à l’égard du pouvoir, quel qu’il soit. Le pouvoir est usage de la coercition, c'est-à-dire de la force publique qui oblige les gens à agir contre leur volonté. Sa mission est d’assurer la sécurité des personnes et des biens, mais peut-on vérifier facilement l’usage qui est fait de la force publique ? Les citoyens se réfugient dans une « ignorance rationnelle » (Peter Aranson) : contrôler le pouvoir est si difficile que c’est du temps perdu, et on débouche sur la « servitude consentie » (La Boëtie) et la corruption : « Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Acton).

Or, le pouvoir est progressivement devenu absolu avec la deuxième cause, qui est l’Etat Providence. Quand l’Etat veut s’occuper de tout, peut-il satisfaire tous les intérêts, tous les besoins ? Bien rares les titulaires du pouvoir qui peuvent gérer en même temps la santé, l’école, le logement, les salaires, l’emploi, les retraites sans mécontenter personne. Quand on fait les comptes, c’est toujours sous forme d’impôts et de réglementation que se paient les innombrables interventions et « services » de l’Etat. En sortant de ses missions régaliennes, l’Etat a pris des responsabilités qu’il n’a pu assumer et la classe politique en a été dépréciée. En outre, un des avatars de l’Etat Providence est le « capitalisme de connivence », cette alliance entre milieux d’affaires et politiciens. La prospérité des entreprises dépend de la politique économique, fiscale, sociale, d’où une pression permanentes des milieux d’affaires sur les autorités publiques. Cette pression crée privilèges, désordres et parfois scandales, qui révoltent à juste titre les citoyens « normaux ».

Mais à mon sens c’est une troisième cause qui est actuellement en France la plus déterminante : les hommes politiques sont devenus des « politiciens », des gens qui constituent une classe à part, pour lesquels la politique est devenue un métier, où il n’y a guère de précarité. Les carrières sont longues et confortables, certains vont même au-delà du confort. Qu’on soit de droite ou de gauche, on entre en politique très jeune, à la sortie d’une grande école, d’une université ou, encore mieux, de l’ENA. On fait un tour dans les cabinets ministériels avant de devenir soi-même politicien, à moins d’avoir la chance de « pantoufler » dans les sociétés publiques et du CAC 40. Ces gens, si instruits en théorie, n’ont jamais connu les réalités de l’entreprise, voire des ménages, ils ne connaissent ni le chômage ni les fins de mois difficiles, ni les exigences des relations humaines. Ils demeureront irresponsables, ne courant aucun risque, surtout s’ils sont issus de la fonction publique. Cette nouvelle classe politique tranche radicalement avec celle des notables qui ont dominé la vie publique pratiquement jusqu’à la seconde guerre mondiale. Notables par leurs professions, notables par leur expérience de la vie des usines et des bureaux, plus représentatifs et plus respectueux de l’opinion de leurs électeurs. Sans doute la démocratie représentative est-elle infidèle, mais aujourd’hui elle est devenue caricaturale.

De la caricature à la trahison, le pas est vite franchi. Non seulement le populisme est un risque pour la liberté et ouvre la voie au chaos, voire à la dictature, mais l’esprit civique est en voie de disparition. Les citoyens finissent par se désintéresser des affaires publiques, dont la classe politique a désormais le monopole. Ce n’est plus le gouvernement par le peuple, mais le gouvernement sur le peuple.

Ces perspectives dramatiques peuvent paradoxalement indiquer l’issue : c’est la renaissance de l’esprit civique au sein de la société civile. Les gens de bonne volonté et de bonne qualité doivent se mobiliser et s’organiser en dehors de la classe politique, pour la mettre en responsabilité, pour lui rappeler quelle est la stricte mission de l’Etat. Il faut mettre à profit les quelques mois à venir, car c’est une période exceptionnelle pendant laquelle la classe politique est en situation d’infériorité, quémandant les soutiens et les votes. Nous devons en profiter. Les libéraux en profiteront, mais ils ne peuvent être efficaces que s’ils parviennent à susciter un engagement autour d’eux. Le discrédit de la classe politique est dangereux. Il pousse à l’extrémisme. L’indifférence ou la résignation des citoyens est pire encore, elle pousse au nihilisme.

 
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Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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La transmission de la propriété
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