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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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Place de la République PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Dimanche, 17 Avril 2016 00:00
"Nuit debout"... Et République couchée

La décision sera assurément impopulaire, mais le gouvernement n’a que trop tardé à remettre de l’ordre après toutes ces nuits passées debout : la place de la République sera rebaptisée la semaine prochaine. La droite conservatrice et sénile aurait aimé qu’on l’appelât Place de la Chienlit. La gauche de la gauche, progressiste et juvénile, aurait préféré qu’elle se nommât Place Rouge. Mais, cédant aux pressions des lobbies libéraux, le gouvernement a choisi : ce sera Place de la Fausse République.

 

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En effet, les libéraux sont tentés de voir dans la Place de la République un haut lieu du mensonge, où tout est faux : fausse jeunesse, fausse démocratie, fausse police, fausse peur, et au total fausse république.

Fausse jeunesse ; j’ai rappelé récemment les vertus que l’on peut prêter à la jeunesse, si l’on en croit Frédéric Bastiat. Vous aurez remarqué que ces jeunes n’en ont aucune, surtout pas la sincérité ni la naïveté. Ce ne sont pas des innocents vêtus de candeur naïve et de lin blanc, ce sont des pros de la manifestation, de la prise de parole, de la provocation. Ils sont sectaires, engagés, violents, même s’ils refusent d’être assimilés à des casseurs. D’ailleurs, s’il y a des dégâts ils sont dus aux brutalités policières et ils peuvent être une façon d’exprimer un message. Un distributeur de billets et les vitres d’une banque éclatés, c’est simplement le refus d’une société où l’argent est maître.

Fausse démocratie : on est allé jusqu’à parler de « démocratie directe » et sans doute la place de la République évoque-t-elle les tranquilles votations auxquelles se livrent les Helvètes dans leurs cantons et leurs communes. On a aussi parlé du « réveil de la société civile », le grand écrivain qu’est Alexandre Jardin est venu expliquer que ces jeunes étaient enfin devenus de véritables citoyens, ayant le courage de parler de ce qui importe, alors que jusqu’à présent seule la classe politicienne avait le monopole de la réflexion et du discours. Comme dans les amphis de mai 68 qu’il est bon de parler dans la nuit, de se saouler de slogans et même de se donner une gestuelle : tout un code savant permet de savoir si on est d’accord ou pas, content ou pas, mais pas de vote ni de révolution. On est là pour détruire, pas pour construire.

Fausse police : Monsieur Casenave, stoïque ministre de l’intérieur, fait semblant de vouloir rétablir l’ordre, mais voilà plus de quinze jours que la place est occupée sans aucune autorisation administrative. La police était plus efficace quand il s’agissait de déloger les « veilleurs » qui en 2013 et 2014 s’asseyaient paisiblement et parfois même priaient pour protester contre la loi Taubira. D’ailleurs, ni leurs nuits ni leurs expulsions n’intéressaient les médias : il s’agissait de réactionnaires. Tout au contraire, place de la République et dans les rues adjacentes, les affrontements avec la police sont systématiquement filmés, repris en boucle sur les chaînes d’information : la terrible police est à l’œuvre, elle est l’ennemie de la jeunesse et de la démocratie, les libertés publiques sont en danger…

Fausse peur : tous les gouvernements ont peur des manifestations, le courage n’est pas la marque des gouvernements français. En décembre 1986, Chirac ne résiste pas à la manifestation contre la loi Devaquet et la mort accidentelle de Malik Oussékine aura raison du projet de Matignon ; en décembre 1995, c’est Juppé qui ne résiste pas à la grève des cheminots et à la paralysie du pays, le plan Juppé est mort-né ; en avril 2006, Villepin retire la loi votée par le Parlement instituant le contrat première embauche (CPE). Chirac, Juppé, Villepin : voilà de vraies peurs. Mais le pouvoir actuel a-t-il peur ? La gauche, elle, résiste mieux : la loi El Khomry sera toujours là, mais d’un contenu inverse de celui qui était prévu. Certes les médias, aujourd’hui comme jadis, se régalent de présenter un thriller social, leur audience augmente avec l’apocalypse politique. Mais on sait qu’aujourd’hui la fausse peur de Valls et Hollande les autorise à faire un pas vers les jeunes, vers l’électorat de gauche : cadeaux sans doute inutiles !

Fausse République : le pouvoir politique est-il encore crédible, s’exerce-t-il encore dans ce pays ? Où est l’état de droit ? Où est le Parlement ? Où est la protection des personnes et des biens ? Bien que tout diffère, le scénario est le même qu’en 1968 sur un point : la France n’est plus gouvernée, le pouvoir est à ramasser. D’ailleurs grèves et manifestations vont reprendre. La France vit en anarchie constitutionnelle. Il n’y a pas d’autorité, pas de direction, mais les institutions républicaines sont en place.

Pourquoi vous avoir fatigués avec ce faux éditorial ? Vous saviez tout cela. Mais rappelons-nous ensemble que le libéralisme repose sur des règles sociales et que la liberté n’autorise pas l’irresponsabilité, ni le mensonge, ni l’indignité. Et empressons-nous de préparer la libération.

 
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