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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 02 Mai 2016 00:00
Libéralisme "maison" l www.libres.org

Bleu, saignant, à point, bien cuit ? En sauce meurette, poché, à la coque, dur, au plat, mimosa ?

Vapeur, grillé, thermidor, à l’armoricaine ?

 

 

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Les goûts ne se discutent pas. Chacun a le droit d’accommoder le libéralisme à sa façon. Les chefs de la nouvelle cuisine libérale se surpassent, nous assistons actuellement à un véritable festival gastronomique. Dans un sens je m’en réjouis : le libéralisme est à la mode. Est-ce une raison pour en faire n’importe quoi ? Pour moi et mes amis, libéraux « classiques » qui continuons stupidement à apprêter le libéralisme de façon traditionnelle, cette découverte de nouvelles saveurs, de nouvelles présentations, de nouvelles garnitures, a de quoi étonner. De quoi s’émerveiller ? Personnellement, j’ai regardé, j’ai senti, j’ai goûté, et je peux vous donner maintenant mon jugement : pas de quoi emballer le client.

Nous avons le libéralisme sauce financière, dite encore sauce Macron. La préparation exige des vol-au vent, dits encore « bouchées à la reine » : un instrument léger comme de la dentelle, ça fait riche d’ailleurs ça enrichira sûrement. Mais à l’intérieur c’est creux, comme une pochette surprise. Pourtant le magazine Challenge nous a persuadés qu’il s’agit d’un plat proposé par « la nouvelle vague libérale ». Pour ma part, je ne me laisse pas impressionner par des chapelets de chiffres artistiquement montés, ni par des déclarations sur la nécessaire innovation intellectuelle. J’ai cru reconnaître la bonne vieille recette sociale-démocrate : libre entreprise et économie de marché d’un part, mais d’autre part une solide redistribution, qui garantit la pérennité du bon système social à la française, allant jusqu’à l’idée géniale d’un revenu universel.

Nous avons le libéralisme à la mode de chez nous. Vous voulez pocher le libéralisme en le plongeant dans un bouillon de nationalisme à haute température, mais il ne remonte pas à la surface, il a éclaté au fond de la casserole, car le bouillon est en général trop riche en vapeurs de corporatisme, de chauvinisme, de souverainisme. J’ai cru reconnaître le bon vieux protectionniste que dénonçait Bastiat.

Le parmentier de libéralisme est très apprécié en ce moment. Vous hachez quelques menues réformes libérales, style suppression de l’ISF ou réforme du statut des collectivités locales, vous mélangez avec une purée étatiste classique : écrasé de Sécurité Sociale, semoule de monopole de l’Education Nationale. Vous servez chaud : le client ne sait pas ce qu’il mange. Je n’ai rien reconnu.

Le libéralisme en papillote a été inventé par ceux qui pensent que le libéralisme ne peut se présenter comme tel, il faut donc le fourrer dans un légume lui-même enveloppé de papier alu. Mais le légume et le papier ont totalement étouffé la senteur libérale. Qui peut reconnaître la « France qui ose » dans un Parti de Libéraux Déguisés ? De mon côté j’ai reconnu l’obsession électorale qui conduit à vendre le libéralisme pour mendier quelques sièges.

Vous oublierez les propos précédents qui se voulaient amusants mais qui finalement ne le sont pas. Car manquer une fois de plus l’avènement du libéralisme en France par duperie, par calcul, par ignorance serait dramatique. Il faut donner au libéralisme toutes ses chances, et pour ce faire ne pas s’écarter des principes libéraux les plus élémentaires. Le risque sera, une fois de plus, qu’en cas d’échec inéluctable de la politique à partir de 2017, on le porte une fois de plus au débit de « l’ultra-libéralisme », dont on n’a jamais vu la couleur en France depuis 1945 assurément, et depuis des siècles vraisemblablement !

Pas plus qu’il n’est de droite ou de gauche, pas plus qu’il n’est conservateur ou progressiste, pas plus qu’il n’est mondialiste ou patriotique, le libéralisme n’est ni social, ni patronal, ni syndical, ni national, ni ce que vous voulez, parce qu’il est la doctrine de la liberté, de la responsabilité et de la dignité. Il suffit d’introduire ces trois valeurs dans la vie personnelle et publique pour être dans la direction du libéralisme.

Sans doute y a-t-il eu, et y a-t-il eu encore, des débats de fond parmi les libéraux Hayek les a évoqués en conclusion de « La Constitution de la Liberté ». Etait-il conservateur ? Il s’en défendait. Etait-il « libertarien » comme on dit parfois aux Etats-Unis ? Il soulignait l’ambiguïté du terme, qui peut désigner aussi bien des personnes refusant tout ordre social et prônant la souveraineté de l’individu, que des personnes respectueuses de règles sociales nées de l’ordre spontané. Parmi les libéraux, certains se réfèrent au droit naturel (je suis de ceux-là) et d’autres pas. Certains sont croyants (je suis de ceux-là) et d’autres pas. Mais quel libéral authentique peut-il réduire le libéralisme à une recette économique alors qu’il est une philosophie, une éthique fondée sur le respect de la vie, de la liberté et de la propriété ?

Moi j’aime le libéralisme nature, sans sauce électorale ou partisane. Le bio-libéralisme sans engrais étatistes ou socialistes. Vous allez voir dans les prochaines semaines que je ne suis pas seul. Car heureusement demeurent encore quelques chefs étoilés et quelques écoles de cuisine, capables de vous régaler de bon libéralisme – un luxe qui n’a jamais encore été offert à la plupart des Français qui pourtant voudraient bien rompre avec les plats qu’on leur passe depuis des décennies.

En France les trains roulent à gauche. Quand ils roulent…

L’actualité ferroviaire et sociale nous inviterait à croire que les cheminots, la CGT de Martinez, le Mélanchon et les frondeurs sont les derniers vestiges de la gauche. Emmanuel Macron nous invite à croire que cette gauche française a perdu la partie. Notre pays serait-il prêt à rouler à droite, comme le font les usagers de la route ?

 
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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


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Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


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