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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L’affaire Ghosn : avatar d’un capitalisme dévoyé PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 11 Mai 2016 00:00

La vraie gouvernance exige un marché financier libéré

 

On peut voir dans l’affaire Ghosn une simple passe d’armes entre deux fortes individualités. On peut aussi expliquer l’ardeur de notre jeune ministre de l’Economie par son désir de marier entreprise capitaliste et justice sociale, couple utopique de la sociale démocratie. D’ailleurs, la rémunération des grands patrons scandalise beaucoup de Français, même ceux qui acceptent les salaires des footballeurs et les cachets des artistes.

En réalité, il s’agit d’un débat bien plus important, qui agite la science économique depuis les années 1930 et a rebondi avec la crise de 2008.

Entre les deux guerres mondiales, l’émergence aux Etats-Unis des « grands trusts » industriels (pétrole, sidérurgie, mécanique, électricité) a accrédité la thèse de la fin prochaine du système capitaliste. La thèse devait beaucoup au marxisme : victime de ses « contradictions internes », le capitalisme court à sa perte. Les profits s’accumulent dans de grandes sociétés qui produisent en très grande quantité et à coûts décroissants (« courbes plates » de Srafa), balayant les PME, rendant la révolution prolétarienne inéluctable, même si elle était retardée par l’impérialisme (exploitation commerciale des colonies). La crise de 1929 permettait à Schumpeter, bien qu’adversaire du marxisme, d’annoncer la disparition du capitalisme (Socialisme capitalisme et démocratie ). Berle et Means expliquaient le volet juridique de cette apocalypse : les actionnaires des grandes sociétés n’avaient plus aucun contrôle des dirigeants, les assemblées générales étant entre les mains d’une minorité de gros porteurs. S’ouvrait ainsi « L’ère des managers » (Burnham). Un dernier pas était franchi dans les années 1950 avec Galbraith : dans les pays capitalistes, le pouvoir a échappé aux actionnaires propriétaires, de même que dans les pays socialistes il avait échappé aux ouvriers ; il était désormais partagé entre grands directeurs, grands syndicats, grandes administrations, de sorte que l’avenir serait à la convergence des systèmes vers un « nouvel Etat industriel ».

Ces funestes prévisions ont été démenties. Aux Etats-Unis, les dinosaures industriels ont disparu et la croissance s’est localisée dans une nuée de PME, la souplesse caractérise l’économie de services. Toutefois le numérique a remis quelques vieilles idées à la mode.

A ma connaissance, c’est Henry Manne qui a expliqué l’erreur. S’il est vrai que les petits actionnaires ne contrôlent plus les assemblées générales, en dépit des réglementations visant à les protéger, il existe un marché financier actif, qui leur permet de mettre en danger des dirigeants qui n’assureraient pas la rentabilité de leurs placements : les cours chutent, menaçant les grands patrons d’une Offre Publique d’Achat ou d’Echange, et des concurrents actuels ou potentiels vont prétendre remettre les entreprises sur la voie du profit et de la distribution de dividendes. Le marché financier est ainsi le vrai gendarme de l’entreprise et le meilleur garant de la propriété privée. Dans le système capitaliste, la gouvernance (mot inventé par Henry Manne) dépend de la chaîne : bonne gestion = satisfaction des clients = profits = satisfaction des actionnaires = cours élevés = confiance aux managers.

Dans cette logique, la rémunération des managers est sous le contrôle des administrateurs, eux-mêmes sous contrôle du marché financier. Le niveau de rémunération fait partie des critères de bonne gestion.

Que se passe-t-il dans l’affaire Ghosn ? Parmi les administrateurs de Renault figure l’Etat, dont le souci essentiel n’est ni la rentabilité de l’entreprise ni la qualité de ses produits. En fait, ici comme dans bien des cas, les administrateurs sont devenus inamovibles et le jeu du marché financier ne les concerne pas, ou pas principalement. Il y a à cela deux raisons :

La première c’est l’esprit de corps : les administrateurs sont choisis au sein d’une élite d’ingénieurs, de financiers, de dirigeants issus des mêmes écoles ou de la même promotion de l’ENA (Voltaire !), et ils siègent dans plusieurs conseils, le système est bien verrouillé.

La deuxième c’est l’altération des cours de bourse par la politique monétaire laxiste, qui donne aux opérateurs la facilité de spéculer et de créer des bulles, au lieu de prendre en compte les seules performances de gestion des entreprises.

Dans les deux cas, c’est l’Etat qui dérègle le système : le choix des administrateurs est guidé par les relations étroites entre dirigeants et hauts fonctionnaires, c’est un avatar de l’économie dirigée, particulièrement sensible en France, Quant à la politique monétaire, elle est l’outil du pouvoir entre les mains des Banques Centrales.

Cette alliance entre classe politique et monde des affaires donne le « capitalisme de connivence », système où la logique du profit n’a plus sa place (on a tout fait pour le diaboliser). La gouvernance a disparu. Le vrai péril n’est pas le capitalisme, mais l’Etat.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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