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Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Cette semaine la démocratie passe son examen PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 22 Juin 2016 00:00

De Londres à Rome, de Madrid à Paris, la démocratie est en jeu

 

 

S’agit-il d’une crise politique généralisée ? Il semblerait en tout cas que depuis la chute du mur de Berlin il n’y ait pas eu de trouble politique aussi important que celui que traversent plusieurs pays, et non des moindres.

Certes, la chute du communisme aura été un grand moment de l’histoire du 20ème siècle ; si elle n’a pas marqué « la fin de l’histoire » comme le croyait Francis Fukuyama, elle a changé la vie de millions d’Européens et ouvert la voie à la mondialisation. Un autre tournant important aura été l’attentat des Twin Towers le 11 septembre 2001, les pays libres ayant été dès lors confrontés au terrorisme. Le vent de la liberté, le souffle de la barbarie.

Pour être moins tranché, le défi lancé en ce moment à la démocratie n’en est pas moins inquiétant, et le hasard fait qu’en quelques mois, en quelques jours, certaines échéances politiques se concentrent. De quoi changer la face du monde ?

Poussée du populisme : c’est le diagnostic le plus courant chez les observateurs. En France, on en souligne les dangers pour alarmer des électeurs prêts à placer Marine Le Pen en tête du premier tour des présidentielles. Le populisme aurait menacé les Autrichiens il y a trois semaines, il est sur la sellette en Espagne où les indiñados de Podemos vont se mesurer à leurs faux frères socialistes, il a triomphé à Rome où Virginia Raggi, membre du mouvement Cinq Etoiles s’empare de la mairie ; il perce en Allemagne avec Alternative fûr Deutschland, et lors des primaires américaines le succès de Donald Trump où de Bernie Sanders révèle un rejet de la classe politique qui siège au Congrès. Enfin, l’évènement le plus attendu est le referendum anglais, où les extrêmes se conjoignent pour rejeter et Bruxelles et Londres.

Cette seule énumération montre l’ambiguïté et la diversité du « populisme ». Sans doute le populisme est-il pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. C’est un rejet et des hommes, et des idées, et des institutions. Mais sa substance est très variable : c’est le nationalisme et la souveraineté qui inspirent les uns, le refus de l’immigration chez les autres ou encore le refus de la mondialisation, ou l’opposition au capitalisme et à la finance ; c’est parfois la revanche du marxisme, c’est encore une poussée d’anarchisme.

Comme on le fait remarquer, le populisme s’alimente de la crise et de l’échec des gouvernements incapables d’en sortir. De ce point de vue, il fait penser aux années 1930 : la crise économique provoque une flambée de protectionnisme, puis de nationalisme. En y ajoutant le socialisme et la condamnation du marché et du capitalisme, on obtient l’hitlérisme. Par contraste, le populisme n’a guère touché la Suisse ou les pays scandinaves.

Mais il faudrait en revenir aux causes profondes de l’échec, aujourd’hui comme en 1930 : la présomption des gouvernants de régler les problèmes qu’ils ont en général créés. C’est la « dole » qui en Angleterre dans les années 1920 crée un chômage massif, c’est la politique monétaire américaine qui amplifie le crash de Wall Street en 1929, c’est le socialisme de Roosevelt qui plonge les Etats Unis dans le désordre et la misère. Aujourd’hui, ce sont les stigmates des dépenses publiques, des déficits budgétaires et de l’Etat Providence qui prolongent chômage et tensions sociales. Le seul et unique accusé sur le banc c’est l’Etat et, par extension, les hommes de l’Etat. Quand on dit que les peuples réagissent contre « le système », cela signifie aux yeux de certains que c’est le libéralisme et le capitalisme qui sont en cause, alors que la plupart des pays de l’OCDE ont choisi les politiques de relance keynésienne après la crise de 2008 provoquée par les subprimes, crédits immobiliers gratuits sur ordre du gouvernement. Quant au capitalisme, il n’est aujourd’hui que connivence entre les milieux d’affaires et la classe politique. Là-dessus se greffent les peurs traditionnelles : peur de l’étranger, peur du climat, peur du lendemain.

Evidemment le populisme, sous n’importe quelle forme, ne propose rien d’autre que la mise en sommeil de la démocratie. Fort heureusement, les Anglais, qui ont quelque ancienneté démocratique, ont tout de même choisi la voie du referendum pour régler leur problème. La démocratie directe peut, comme en Suisse, corriger les excès de la démocratie représentative. Mais le vrai fossoyeur de la démocratie, c’est l’Etat. Une leçon à retenir. Jeudi, à Paris, les syndicalistes veulent braver l’Etat. Sarkozy et Juppé veulent le restaurer. Mais on ne restaure l’Etat qu’en le remettant à sa place ; c’est le rôle des démocrates, c’est le principe du libéralisme.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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