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La peur de la contagion PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Juin 2016 00:00

Le Brexit inquiète : pour des raisons légitimes, mais aussi pour la crainte de dérives populistes qui se traduiraient par une avalanche de referendums.

 

 

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Il est légitime et raisonnable d’imputer le Brexit au rejet de l’Europe de Bruxelles. Le Titanic européen s’est brisé sur l’iceberg anglais. Les ingénieurs et l’équipage voulaient aller trop loin, trop vite. Ils ont eu la « présomption fatale » de tout vouloir régenter, de régir la couleur des fraises comme le volume des chasses d’eau ou la fabrication des fromages. Ils ont cru que l’euro rendait le paquebot insubmersible, la politique de la Banque Centrale a contribué au naufrage Ils ont refusé la diversité au prétexte d’harmoniser, ils ont considéré la concurrence entre Etats comme « dommageable », alors qu’elle était une façon de limiter la souveraineté des Etats sans la supprimer. Par extension la mondialisation elle-même devenait une gêne, et la vague d’immigration déferlante devenait un défi impossible à relever.

Evidemment, la classe politique européenne se raidit dans l’erreur et veut de façon irresponsable s’en tenir à l’Europe de Bruxelles et de Strasbourg.

A-t-on raison de craindre « la contagion » ? Certes il n’a fallu que quelques heures à Madame Nicola Sturgeon, premier ministre écossais, pour demander l’ouverture immédiate de négociations avec Bruxelles : les Ecossais confirmeraient par referendum leur désir de rester dans l’Union Européenne. Il en est de même pour les Irlandais, et la plaie douloureuse de la guerre civile pourrait se rouvrir. Parallèlement, sur le continent, Marine Le Pen annonce son intention de mettre le referendum au cœur de sa campagne ; les nationalistes hollandais, allemands, tchèques, hongrois entonnent l’hymne référendaire ; les extrémistes grecs et espagnols font de même. Cette poussée peut-elle être contenue par des politiciens aussi usés et entêtés que Junker, Schultz et, chez nous, Hollande, Sarkozy ou Ayrault ? Ils occupent les médias, mais simplement pour rappeler qu’ils existent. Quant à Angela Merkel, son crédit a diminué avec sa gestion de l’immigration (et l’accord avec les Turcs en particulier) et on a toujours critiqué sa politique « ultra-libérale ». Six chefs d’Etat (sur vingt sept) pourraient-ils convaincre voire domestiquer des millions d’Européens hostiles à Bruxelles ?

La thèse de la contagion a donc des arguments à faire valoir, dont les deux plus puissants sont la rupture avec l’Europe actuelle et le rejet de la classe politique. Ce sont des arguments négatifs, qui ne permettent pas d’éclairer un choix européen. J’ai déjà évoqué cette dispersion des populismes mais j’y reviens. A Paris, le populisme a une teinte ultra conservatrice qui n’est pas sans rappeler le pétainisme : travail, famille, patrie. Le travail s’oppose au capital, au commerce, à la finance : c’est celui des artisans, des paysans et des ouvriers ; la famille est vue comme pièce maîtresse d’un ordre moral et d’un monisme culturel ; la patrie est protection contre l’étranger : c’est « la France seule ». A Madrid comme à Athènes, le populisme est avant tout antimondialiste. Il est une résurgence du marxisme, une « indignation » au vu des méfaits du capitalisme. A Rome, il est anarchiste ; il argue de la corruption et de l’incompétence des administrations. A Berlin, il est anti-européen et fédéraliste, sa cible préférée est l’euro et la politique monétaire. A Londres, il est souverainiste, isolationniste et séparatiste (au point que les Londoniens réclament leur indépendance). Certes je grossis volontairement le trait puisque, par définition, le populisme a partout et toujours la même substance : pour tout ce qui est contre, et contre tout ce qui est pour. Mais, en dépit de l’existence d’un groupe « Europe des Nations et des Libertés » au Parlement Européen, je suggère qu’il n’y a pas une « internationale populiste », ni une quelconque idée de ce que pourrait être une « autre Europe ». C’est à mes yeux une erreur de défendre l’Europe en dénonçant la renaissance du nazisme, c’est donner le drapeau à croix gammée à des gens qui n’en ont pas.

Alors quelle est la vraie peur de contagion ? A ce jour, c’est un large consensus des peuples européens contre une vague d’immigration imprévue et déferlante et contre le terrorisme islamiste. Mais le referendum est-il une arme efficace ? L’exemple anglais le suggère, et les Suisses ont rejeté à plusieurs reprises (2008, 2010) l’expulsion des étrangers criminels et la limitation de l’immigration (2014).

Mais pour qu’il y ait contagion, il faut des institutions politiques fragiles dans tous les pays. Celles de l’Allemagne, des pays du Nord et du Centre, sont solides, comme celles de la Suisse et peut-être du Royaume Uni (si l’Irlande ne s’enflamme pas). Les constitutions seront respectées et les nations ne se désagrègeront pas. Pour qu’il y ait contagion il faut un front commun, pour l’instant il est national. Pour qu’il y ait contagion, il faut une idéologie dominante. C’est pourquoi je ramène l’issue de la crise européenne au choix fondamental entre socialisme et libéralisme. A ce jour, c’est le socialisme constructiviste, et non « l’ultralibéralisme », qui a inspiré l’Europe de Bruxelles, et les Français sont aujourd’hui les plus entreprenants pour la sauver. La meilleure façon de couper court à la contagion est de valoriser le libéralisme dans tous les pays. C’est ce pour quoi nous devons redoubler d’efforts.

 
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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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