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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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L’Union Européenne cherche sa voie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 20 Septembre 2016 00:00
Leçon d'économie par Stiglitz l www.libres.org

Le sommet de Bratislava n’a pas permis de mettre l’Union Européenne sur une nouvelle voie. Personne n’a été déçu, puisque personne ne s’y attendait, en dépit des audaces médiatiques. Le problème européen reste donc entier. Ce n’est pas nouveau, dès son lancement la construction européenne a été bancale : Europe puissance ou Europe espace ? Economie dirigée contre économie libre, protection contre ouverture, intégration contre décentralisation, etc : l’Europe n’a cessé de souffrir de ce non choix. Pouvait-on faire en quelques heures un choix qui n’a pas été tranché en soixante dix ans ? Pourtant, en apparence, il y a urgence : le Brexit a changé la donne, l’avenir de l’euro est incertain, l’immigration inquiète.

 

 

 

 

Pour les libéraux, le choix a toujours été et s’impose aujourd’hui plus que jamais : l’Europe de la liberté. C’est le choix d’un espace ouvert, avec les quelques règles simples et les institutions minimales qui s’imposent pour assurer la circulation des produits, des entreprises, des capitaux et des hommes. Les libéraux refusent d’aller plus loin dans l’émergence d’une administration européenne centralisée et dirigiste.

L’ouvrage récent de Joseph Stiglitz, le prix Nobel d’économie le plus hétérodoxe et le plus gauchiste qui soit (ce qui n’avait pas empêché Nicolas Sarkozy d’en faire l’un de ses conseillers) rappelle la voie socialiste : intégration accélérée et harmonisation forcée de l’Europe et rupture de la zone euro, pouvant aller jusqu’à la disparition complète de la monnaie unique. Toutefois Stiglitz marque bien sa différence avec Marine Le Pen : pas question de retour à la souveraineté nationale.

L’important à ses yeux est que l’Europe marque sa solidarité en exigeant de l’Union qu’elle garantisse tous les avoirs bancaires de tous les pays, débouchant ainsi sur une mutualisation des risques : Allemands et autres doivent garantir les effets des erreurs de gestion des financiers grecs, ou espagnols. Une grande redistribution doit permettre d’accélérer la croissance des pays les plus pauvres et de freiner celle des plus riches. Le résultat serait assuré à coup sûr si l’Allemagne sortait de l’euro : elle serait pénalisée dans son commerce extérieur alors que les autres pays de la zone seraient avantagés par une dévaluation compétitive de la monnaie unique qu’ils continueraient à utiliser.

On peut décrypter la position saugrenue et incompréhensible de Stiglitz : l’important c’est de rompre avec les politiques de rigueur budgétaire. L’Union a fait fausse route en imposant la « règle d’or » et en pratiquant pendant trop longtemps des taux d’intérêt élevés (influence de Trichet) alors que les Américains avaient déjà choisi les « accommodements monétaires » (quantitative easing). La nouvelle voie, c’est donc celle de Mario Draghi, c’est celle des débordements budgétaires et des dettes publiques de Tsipras et Hollande. C’est celle des Etats qui revendiquent leur souveraineté pour vivre au-dessus de leurs moyens, et au détriment des autres, solitaires par traité.

On en vient ainsi au terme essentiel du choix européen : faut-il construire l’Europe pour qu’elle apporte aisances budgétaire, monétaire et financière aux Etats et à la classe politique, ou pour qu’elle réduise le périmètre de tous les Etats par le jeu de la compétitivité marchande et institutionnelle ?

En fait, les Européens, y compris leurs dirigeants politiques, ne sont pas tout à fait maîtres de leur choix. Qu’ils s’en réjouissent ou s’en lamentent, la mondialisation est un fait inéluctable. Certes on peut toujours évoquer le spectre d’une guerre économique dérapant en conflit armé – ce qui s’est produit dans les années 1930 - mais autant croire à l’apocalypse nucléaire éliminant un milliard d’habitants de la planète. En restant dans le domaine du raisonnable et du probable, l’émergence des nouveaux partenaires dans les échanges commerciaux et financiers mondiaux ne permet pas à l’Europe de s’ériger en forteresse imprenable. Le développement du numérique a effacé toutes frontières. Par réalisme, et souvent aussi par amour de la liberté, beaucoup de pays n’acceptent pas la voie de l’isolationnisme.

La pierre d’achoppement est certainement l’immigration, mais elle peut se régler à moyen terme sous le triple effet d’un retour à la paix au Moyen Orient et en Afrique centrale, d’une accélération de la croissance dans des économies européennes libérées de leurs contraintes étatiques et créant emplois et mobilité, d’un retour aux valeurs européennes dont les racines chrétiennes imposent le triptyque liberté – responsabilité – dignité. Certes le terme est moyen, et les ajustements devront être permanents, mais la venue en Europe d’un supplément de dix millions d’êtres humains (chiffre hypothétique) ne représente que moins de 2 % des Européens habitant l’Union actuellement (510 millions). L’Europe peut-elle relever le défi ? Seulement si elle rompt avec le socialisme, ses fables, son irresponsabilité.

Cette rupture est-elle possible ? En fait la France et ses alliées d’un moment constituent un bloc résistant à toute évolution significative, et refusant toute logique économique et sociale. Hollande et Tsipras en sont les figures de proue, ils pactisent avec les opposants à Angela Merkel. Ils incarnent le vrai danger qui menace l’Union Européenne. Pour combien de temps ? Les scrutins à venir dans les prochains mois seront décisifs. C’est une raison supplémentaire de choisir le vote libéral.

 
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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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