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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Chrétiens et Citoyens PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 11 Octobre 2016 00:00
L'école de la République l www.libres.org

 

 

 

Le principe de laïcité qui prévaut dans la plupart des démocraties occidentales signifie que le pouvoir politique ne peut être inféodé à un pouvoir religieux. Il concerne donc la société politique. C’est le principe que ne respecte pas l’islamisme, qui entend soumettre toutes choses, y compris l’exercice du pouvoir à la loi coranique, au demeurant sollicitée dans la pire des lectures.

 

 

Le principe de laïcité ne peut faire oublier le principe de subsidiarité, fondement des mêmes démocraties occidentales, qui signifie que le pouvoir politique a des limites et ne peut prescrire aux citoyens leurs choix de vie personnelle, y compris leur choix religieux. La liberté religieuse a d’ailleurs été à l’origine de toutes les luttes contre l’absolutisme, qu’il s’agisse de celles des premières communautés chrétiennes contre le pouvoir romain, ou des réformés contre la monarchie absolue.

Tout cela devrait être banalité, et je ne devrais pas rappeler ces évidences. Pourtant l’interprétation de la laïcité et de la liberté religieuse est devenue perverse dans beaucoup d’esprits, et en particulier chez ceux qui veulent éradiquer la morale chrétienne pour lui substituer les fameuses « valeurs de la République ».

Première perversité : y a-t-il opposition entre valeurs de la République et morale chrétienne ? Le message évangélique est un message de liberté, et non de soumission. Il considère tous les hommes comme égaux en dignité. Il appelle à aimer les autres comme soi-même. Dans la devise originelle liberté-égalité-fraternité rien ne saurait choquer un chrétien, qui préfèrerait peut-être la décliner en liberté-dignité-charité (caritas, amour). Hélas les parangons de la laïcité la déclinent de plus en plus en citoyenneté-égalitarisme-redistribution. Tout est devenu subitement citoyen, de l’écologie jusqu’à la banque : la cité est plus importante que la liberté, tout acte personnel doit se mesurer à l’aune du mythique intérêt général. L’égalité signifie le même revenu, le même patrimoine, quels que soient le mérite et le service rendu. La redistribution, rebaptisée solidarité, est un partage imposé au mépris de la responsabilité et de la propriété.

Comme cette déclinaison heurte la nature humaine et suscite une révolte spontanée et légitime, il reste à éduquer la jeunesse en conséquence : « l’école de la République » reçoit mission de « l’engendrement du citoyen » (Vincent Peillon), elle formera des illettrés ; hélas elle forme aussi des asociaux. L’école, cette nouvelle Eglise (Peillon). La famille n’est plus un obstacle à cette colonisation des esprits, car les « lois de la République » peuvent faire éclater les liens du mariage et de la filiation. Voilà bien la deuxième perversité, qui rend opérationnelle la précédente. « La loi pervertie ! La loi détournée de son but, mais appliquée à poursuivre un but directement contraire » : Bastiat rappelait que la loi ne saurait avoir d’autre objectif que « l’organisation collective du droit individuel de légitime défense ».

La loi Taubira présentée (à tort) comme celle du mariage des homosexuels est du type pervers décrit par Bastiat. Elle atteint les choix de vie privée faites par les chrétiens, mais aussi par les croyants et incroyants de toutes sortes, elle attribue à la loi le pouvoir de modifier les structurelles naturelles de la famille. Dans ces conditions, comment s’étonner que des millions de Français aient déjà manifesté leur opposition et que quelques centaines de milliers se préparent à récidiver dimanche prochain après-midi ?

Ministres et médias présenteront l’affaire comme une manifestation de « cathos », d’intégristes (comme dit le ministre de l’Education Nationale). Oui, c’est vrai : ils mettent la loi chrétienne et la loi naturelle avant la loi de la République. Ce sont des cégétistes de la religion. Mais à la différence de la CGT, dont les troupes clairsemées font vaciller la majorité parlementaire, ils ne défendent pas des privilèges et ne prônent pas la lutte des classes. Ils rappellent à juste titre les limites du pouvoir politique. Ils traduisent le sentiment de millions de Français qui n’en peuvent plus de l’Etat omniprésent, omnipuissant, mais aussi impotent et incompétent. Face à un « droit des citoyens » sans cesse plus étouffant, ils affirment la primauté et la pérennité du droit naturel. Ils ne veulent pas conquérir le pouvoir, mais le contenir. Ils ne prônent pas une théocratie (comme le font les islamistes) mais une démocratie. Une démocratie aujourd’hui confisquée par une classe politique qui veut imposer une religion d’Etat, appelée hypocritement laïcité.

Le proche avenir nous dira si les chrétiens et les autres auront su faire prévaloir leur démarche « citoyenne » en demandant et aux gouvernants en place, et à ceux qui suivront, de supprimer ce que la loi Taubira contient de menaces pour la famille et pour l’enfant.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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Connaissance du libéralisme :
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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