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La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 18 Octobre 2016 00:00
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Les électeurs cherchent en vain depuis des années à passer un vrai contrat avec les candidats. Ceux-ci ont pour habitude de se défiler : ils demandent qu’on leur fasse confiance, ils veulent un chèque en blanc et se présentent au corps électoral sur leur bonne mine ou sur des questions mineures. L’essentiel est de paraître. Pour le reste, ils s’abritent derrière la complexité et l’incertitude des évènements et des contextes économiques, sociaux, politiques et diplomatiques. L’empirisme est leur meilleur alibi : nous ferons pour le mieux.

 

 

Certes le prix Nobel d’économie est allé à deux universitaires qui ont produit des travaux sur l’incomplétude des contrats : au moment où un accord est conclu, les parties ne peuvent connaître tout ce qu’il apportera de bienfaits et de nuisances. Ce n’est qu’au fur et à mesure que le contrat sera exécuté, qu’il apparaîtra comme une bonne ou mauvaise affaire ; mais il sera trop tard pour se libérer de ses obligations contractuelles. La conclusion de l’étude n’est pas qu’il faut se passer de contrat, mais qu’il faut diminuer les risques au moment de la conclusion.

Aurons-nous enfin un contrat, même incomplet et aléatoire ? La question se pose après la séance de présentation de jeudi dernier. Une séance bien organisée, d’une tenue acceptable, voire même inattendue - en dépit des attaques violentes ou subtiles contre l’ancien président.

Après cette séance, sait-on quel contrat nous propose chacun des candidats ?

Certes, nous avons des livres, des programmes. Peuvent-ils tenir lieu de contrat ? Ou serons-nous condamnés, une fois de plus, à choisir l’abstention ou le vote rejet ? Pour l’instant, je demeure sceptique. Certes, ici même et dans le cadre du collectif des libéraux, nous tenons la comptabilité des écrits et des discours pour évaluer le degré de libéralisme des candidats. Mais ce n’est pas suffisant, cela suffira à peine à désigner ceux qui sont plus proches ou plus éloignés des idées de la liberté ; encore peut-on déceler quelques grands écarts, avec des candidats prenant des postures libérales dans certains domaines (par exemple l’économie) et anti-libérales dans d’autres (par exemple la famille).

Nous devons donc demander aux candidats le contrat qu’ils nous proposent et leur faire également connaître les clauses indispensables pour leur donner notre accord. Un simple catalogue de mesures (les 1.000 prévues par Bruno Le Maire par exemple) ne tient pas lieu de contrat, ou s’assimile à ce que les juristes appellent un « contrat de guichet » : on prend tout ou rien – les contrats d’assurance ou de transport sont rédigés dans cet esprit. A l’inverse la référence insistante à deux ou trois mesures spectaculaires ne tient pas lieu de contrat (les deux referendums de Nicolas Sarkozy par exemple).

A mes yeux (et c’est ce qui est ressorti de mon débat avec Alain Mathieu mardi dernier), les chiffres sont des fumigènes. Diminuer les dépenses publiques de 100 ou 120 ou 60 milliards, est-ce significatif, même si on additionne des choux et des navets ? Réduire le nombre de fonctionnaires de 600 ou 400 ou 300 mille, est-ce clair si on ne dit lesquels ni comment ? Je suis comme vous peut-être frappé par le vague des projets, y compris de ceux des plus sérieux. Nous aimerions entendre la réponse à plusieurs questions :

1° La Poste, la SNCF, les HLM seront-elles on non privatisées ?

2° Le monopole de la Sécurité Sociale sera-t-il entamé ; l’assurance maladie et les retraites seront-elles choisies, au moins partiellement, par les assujettis ?

3° La liberté scolaire sera-telle enfin assurée par la libre création et la concurrence de nouveaux établissements offerts au choix des familles ?

Et il ne nous déplairait pas de voir les candidats s’engager clairement sur des choix de société : rôle subsidiaire de l’Etat, autonomie et concurrence des collectivités locales, respect de la vie et de la dignité des personnes, fédéralisme européen.

Enfin, quelques détails sur les futurs responsables des affaires publiques ne nous déplairaient pas : qui sera Premier Ministre ? Qui aura en charge les grands ministères ? Sera-t-il fait appel à des personnalités de la société civile pour gouverner ?

Alors, les grandes lignes d’un contrat présidentiel pourraient se dessiner et nous pourrions choisir en connaissance de clauses. Sans contrat, on sera condamné à éviter le pire. Avec un contrat, on portera notre voix au meilleur.

 
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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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