Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

8 pages, Abonnement électronique (format pdf) 40 € (40 numéros par an)

Bulletin d'abonnement

Portait

L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

Lire la suite...
« Les lobbies sionistes » : une faute excusable ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 26 Octobre 2016 00:00

Jean Frédéric Poisson a présenté ses excuses au CRIF. Sont-elles acceptables ?

 

Pour répondre à ces questions, il faut rappeler les propos exacts dans Nice Matin jeudi dernier : « La proximité de (Hillary) Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France ». Comme dans la fable de La Fontaine, on a tout de suite crié haro sur le baudet. Jean Frédéric Poisson a tout de suite présenté ses excuses au Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, que son président Francis Kalifat a rejetées. Vendredi l’auteur de la faute précisait : « Je regrette infiniment que ces mots aient pu être interprétés comme de la haine à l'égard du peuple juif ou de l'Etat d'Israël : cette haine m'est totalement étrangère ».

Le cas du candidat s’est aggravé aux yeux de certains qui ont fait remarquer qu’il envisage de tenir réunion publique à Paris avec Robert Ménard, Philippe de Villiers, Karim Ouchikh ou Christian Vanneste. Jean Frédéric Poisson est-il l’allié du Front National ? Certes il est de ceux qui voudraient ramener le Front dans la droite classique, après s’être égaré dans la gauche populiste. Mais peut-on reprocher à un candidat d’imaginer une manœuvre politique ? C’est sur les mots, et seulement sur les mots, qu’il faut juger.

Le mot « sioniste » est-il en soi une expression d’antisémitisme ? Au sens strict, un sioniste est un partisan du retour à la Terre Promise, donc de l’Etat d’Israël. Par contraste, les Juifs de la diaspora s’accommoderaient de la pratique de leur religion n’importe où dans le monde. Dans ces conditions, et c’est la ligne de défense de Poisson, l’allusion au sionisme ne préjuge en rien de sentiments antisémites. Les paroles de De Gaulle étaient infiniment plus dures et injustes quand il dénonçait (27 novembre 1967)  « un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur ». Mais on ne peut non plus jouer sur le sens des mots, et ceux qui ont accusé Poisson d’antisémitisme à la seule écoute ou lecture de sa phrase sont légitimés à se révolter et à ne pas excuser la faute.

Toutefois la révolte n’est pas suffisante pour justifier une sanction pénale ou politique. Ici l’exploitation de la maladresse du candidat a été plutôt déplacée. Du côté des Républicains NKM et Estrosi ont vu l’occasion d’éliminer une brebis leur semblant galeuse. D’autres ont entendu discréditer la Manif pour tous, les cathos, et de façon plus générale la chrétienté. Il est dommage que Jean Frédéric Poisson ait donné une image aussi caricaturale de la démocratie chrétienne. Dans son Grand Jury dimanche François Fillon, modéré dans sa critique sur le sionisme, a surtout regretté que Poisson ait, à la façon de l’extrême droite, associé la finance et Wall Street à un « lobby » dangereux. Marek Halter a parfaitement décrit le nazisme comme la conjugaison de l’antisémitisme, de l’antiaméricanisme et de l’anti capitalisme. Ceux qui s’expriment en public devraient faire preuve de plus de vigilance et de rigueur dans les mots et les idées qu’ils véhiculent. La leçon s’adresse à Jean Frédéric Poisson, mais pas à lui seulement. La politique n’excuse rien du tout.

 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...