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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

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Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 08 Novembre 2016 00:00
D.DAY l www.libres.org

 

Cette nuit américaine aura été la plus chaude qui soit. Le climat politique mondial se réchauffait depuis plusieurs mois, avec la crise du Moyen Orient, les succès du totalitarisme islamiste, la guerre tiède contre Poutine, les feux du Brexit. Le pic a été atteint, puisque les Américains ont fait le choix d’un président qui pourrait nous ramener quelques décennies en arrière : le phénix de l’Etat renaissant de ses cendres.

 

 

 

Nous sommes tous d’accord pour déplorer les acteurs et le ton de la campagne américaine. Comment le pays de la liberté et de la démocratie, qui a vaincu l’hitlérisme, le soviétisme et le maoïsme, a-t-il pu se donner des candidats et des spectacles aussi médiocres et haïssables ? Passe encore pour les Démocrates, Clinton ne dépare pas d’Obama ; raison pour laquelle elle a eu le soutien des médias et politiciens français. Mais les Républicains n’avaient-ils donc aucune personnalité libérale dans la tradition de Reagan ?

Que pourrait-il se passer maintenant ? Pour donner une réponse raisonnable (et incertaine), je crois avant tout nécessaire de rappeler l’origine du succès de dernière minute de Hilary Clinton. Il est dû à deux atouts majeurs : le capitalisme de connivence et le communautarisme.

Le capitalisme de connivence est l’alliance entre classe politique et milieux d’affaire. Dans ce régime bâtard, les apparences sont celles de la libre entreprise et du libre échange. Mais la réalité est toute autre : l’Etat n’a rien perdu de son dirigisme élitiste ni de sa présomption de bâtir la société parfaite où règnerait la justice sociale. Oui, c’est bien Wall Street qui impose la politique de la FED et les taux négatifs ; oui ce sont bien les lobbies au service des grandes compagnies qui faussent ou paralysent la concurrence ; oui c’est bien la corruption qui permet d’obtenir les marchés publics et d’acheter la complicité syndicale. C’est un fait : Clinton a été soutenue par les milliardaires.

Mais elle a aussi été soutenue par la population assistée, choyée et subventionnée. Il est facile d’acheter les voix en distribuant les subsides, les services publics gratuits, la retraite et la santé « pour tous ». Les communautés d’origines diverses s’organisent en ce sens et la nation se décompose en factions assistées. La classe politique cible les communautés. Ainsi Clinton a-t-elle cherché et obtenu le soutien des femmes, des immigrés latinos, des Noirs.

Trump n’a pas échappé à cette logique. Il a failli l’emporter parce qu’il a ciblé une communauté particulière, celle des WASP (White Anglo Saxon Protestant). Mais cette communauté est en déclin, submergée par la population immigrée non assimilée : des millions de personnes qui viennent chercher les dollars pour les expédier à une famille restée en dehors du territoire des Etats-Unis. Le « melting pot » américain est un lointain souvenir. Cette situation mène au populisme et au rejet de l’étranger.

Cependant Trump a également obtenu l’adhésion de millions de citoyens simplement révoltés par les mœurs politiques dominantes, y compris chez les Républicains : électoralisme, compromis, corruption. Il a recueilli les voix des tea parties, de cette société civile qui refuse la dérive totalitaire et jacobine de l’Etat fédéral. L’indépendance des Etats de l’Union, pourtant base de la Constitution est en grand péril. Washington veut imposer l’uniformité législative dans les domaines de la peine de mort, de l’avortement, du port d’armes, de la protection sociale, du droit du travail. Trump a incarné pour beaucoup d’Américains le rejet du pouvoir fédéral et de l’Etat Providence. En fait, les élections ont opposé bénéficiaires et victimes de ce qui se fait à la Maison Blanche et au Congrès (même quand il est Républicain).

Le Congrès va-t-il revenir aux Démocrates ? Les sénateurs républicains vont sans doute garder la majorité, mais la Chambre des Représentants peut basculer compte tenu des quotas par Etats. Mais de toute façon les plaies ouvertes de la société américaine, mises au grand jour par la campagne, risquent de se creuser. Alors les tensions sociales et ethniques s’accroîtront et le pouvoir socialiste affaibli par les déficits et la corruption ne pourra les gérer. L’Etat Providence et centralisé se trouvera renforcé, et menacera l’économie américaine, justifiant un protectionnisme déjà renforcé par Obama. La puissance américaine entamée, la paix mondiale est menacée, comme elle l’a été avec Carter qui a remis les clés du Moyen Orient aux ayatollahs – fort heureusement Reagan a permis le « retour de l’Amérique » et terrassé le communisme. La perspective est donc celle d’une menace sur la mondialisation, accompagnée d’une flambée de nationalisme.

L’Etat, que l’on avait cru remis à sa juste place depuis quarante ans, renaît de ses cendres. Faudra-t-il payer cette triste évolution d’une décroissance mondiale, voire d’un conflit armé élargi ? Cela dépendra aussi de la volonté et de l’engagement de tous ceux qui, dans tous les pays, sont attachés à la liberté. Nous devons faire retomber la fièvre de ce mardi soir.

 
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Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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