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La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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Voter, voter libéral, voter librement PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 15 Novembre 2016 00:00
Fillon revient l www.libres.org

Je m’exprime ici en mon nom personnel, et j’admets volontiers que vous ne soyez pas d’accord avec mon analyse et mes choix. Mais il serait hypocrite de ma part de me défiler au dernier moment, alors que vous avez compris depuis longtemps l’opinion que j’avais et sur la campagne et sur les candidats.

 

 

 

Une campagne en demi-teinte, parce que l’enjeu était ambigu : pour les uns une simple alternance gauche-droite, pour les autres un choix de société – c’est ma préférence. Des candidats issus du même moule, ayant gouverné ensemble, et tous (sauf un) appartenant au même parti. Au résultat, le libéralisme n’a pas eu la place qui aurait dû lui revenir, bien que la rupture libérale ait été en arrière-plan avec le concept d’Etat régalien, la réduction du nombre de services publics et de fonctionnaires, la critique du monopole de l’Education Nationale et de la Sécurité Sociale et la réforme du Code du Travail. Il faut dire que le débat sécuritaire a largement dominé – hélas, à tous points de vue.

Nous voici maintenant à quelques heures du premier tour de la « primaire ouverte à la droite et au centre ». Je me permets de donner trois conseils, sinon trois consignes : voter, voter libéral, voter librement.

Voter. Les primaires sont un cadeau fait par la classe politique à la société civile. Comme vous, comme trois quarts des Français, je déplore que la démocratie française soit confisquée par des partis sans doctrine (passe encore) et sans parole (inadmissible, cet art d’oublier les promesses). Voici qu’à l’exemple de la gauche en 2012, Les Républicains nous donnent l’occasion de choisir entre sept candidats. Nous ne sommes plus condamnés à nous abstenir, parce que l’éventail du choix est assez ouvert. Les médias et les sondeurs ont tout fait pour réduire l’éventail en réduisant le choix au duo Juppé Sarkozy, voici qu’il y a un « troisième homme » qui fait irruption. Alors la question est celle-ci : allons nous continuer à nous comporter en spectateurs critiques ou devenir enfin des acteurs responsables ? Allons-nous attendre le deuxième tour des présidentielles pour savoir si nous allons voter, et si nous allons élire Marine Le Pen, ou Macron, ou le candidat issu des primaires de la droite, ou de la gauche ? En fait, c’est maintenant ou jamais que nous avons l’occasion de nous exprimer. Il faut donc aller voter, faire voter, et bien voter.

Voter libéral. Pour moi et mes proches (familialement ou intellectuellement), il n’y a aucun doute : voter libéral. C'est-à-dire que je voterai François Fillon. Certes on est loin du compte : lui-même a déclaré « Je ne suis pas libéral » et il se réclame volontiers du gaullisme dont l’un des prophètes, Michel Debré, avait dit « La doctrine du gaullisme c’est de ne pas en avoir ». Dans cette vue il faut donner un blanc seing au chef suprême, qui ne se sent pas lié par une « idéologie » et se réserve le droit de changer de cap au hasard de la conjoncture (« Je vous ai compris »). Je ne crois pas que ce soit exactement ce qu’entend François Fillon, ni ce qui est conforme à son tempérament. En fait, il n’a pas hésité, surtout dans ses écrits, à prendre des postures « idéologiques », en se prononçant contre l’islamisme totalitaire et pour le principe de subsidiarité, qui assigne des limites étroites au pouvoir politique. François Fillon n’est donc pas un libéral affirmé, mais il se prononce sans hésiter et de façon concrète pour une société de libertés. Au demeurant, François Fillon est le seul à prôner un gouvernement réduit à quinze ministres, sans aucun Secrétaire d’Etat, et composé pour moitié au moins de personnalités issues de la société civile, ayant expérience et tempérament voulus pour réaliser rapidement les réformes majeures – ce que j’ai cessé de souhaiter ici-même. Enfin le choix en faveur de Fillon est fondé sur l’étude systématique des programmes, des discours et des écrits des sept candidats en présence. Le bilan de cette étude est dressé dans ce numéro spécial.

Voter librement. Quelle que soit la clarté de mon choix, il n’engage que moi-même et je n’ai pas l’intention de donner des consignes impératives de vote. Je comprends que certains électeurs puissent porter leur suffrage ailleurs – et beaucoup d’entre vous n’y manqueront pas. Il en est ainsi parce que, même moins libéral, tel candidat vous aura plu pour l’une de ses réformes ou de ses postures : paraître rassembleur, ou fort, ou jeune, ou autoritaire, ou intégriste, etc. Chacun vote en fonction de ses priorités. Certains électeurs estiment que l’enjeu prioritaire est la sécurité, d’autres la famille, ou l’école, ou la fiscalité, ou le chômage, ou le logement, ou l’Europe, et chacun arrête son choix sur le candidat auquel il attribue les meilleures idées ou les meilleurs aptitudes pour résoudre les problèmes qui lui paraissent prioritaires. La diversité va de pair avec la liberté. Mais que chacun soit persuadé de l’importance de sa participation au vote : faire dès dimanche un choix de société.

 
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