Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

Bulletin de commande

Portait

Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

Lire la suite...
Comment sauver la protection sociale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 13 Décembre 2016 00:00
Sécu : un remède miracle ? l www.libres.org

J’ai écrit mes premiers articles sur le sujet en 1974. A mes yeux, une réponse banale s’imposait : abandonner la répartition, revenir à la logique de l’assurance privée. Hélas, voilà un demi-siècle qu’elle n’a pas été entendue en France tandis que d’autres pays ont compris la fatalité d’une réforme systémique et l’ont mise en place avec succès.

 

Aujourd’hui le débat aurait pu se terminer avec la victoire de François Fillon, mais il n’en est rien. Bien qu’il tienne un discours qui dans l’ensemble sonne bien à l’oreille d’un libéral, le favori des présidentielles (pour combien de temps ?) semble refuser les vraies réformes de nature à sauver la protection sociale.

L’article qu’il a publié dans Le Figaro hier matin « Ce que je veux pour la sécurité sociale » ni ne m’éclaire ni ne me rassure. D’une part, on y trouve des propos de bon sens : la description du système de santé actuel y est sans concession, et François Fillon se réfère au sens des responsabilités pour changer la situation, rappelant au passage que son défi prioritaire est d’en finir avec le chômage et la stagnation économique. Mais d’autre part, certaines formules vont en sens inverse : « J'entends réaffirmer le principe d'universalité dans l'esprit des ordonnances de 1945[…] Il n'est donc pas question de toucher à l'Assurance-maladie et encore moins de la privatiser. »

On ne peut en rester à ces ambiguïtés. Le rôle des libéraux est maintenant de stopper toute dérive en rappelant les principes qui doivent régir la protection sociale dans une société de libertés : rompre avec la répartition, en finir avec le monopole public.

Dans un système de répartition, qu’il s’agisse de la santé ou des retraites, le nombre de ceux qui cotisent doit être en proportion du nombre de ceux qui sont soignés ou pensionnés. Quand la population est vieillissante, le rapport baisse : il était de 4 à 1 en 1974, il est aujourd’hui de 1,3 à 1. D’où les déficits, qu’il faut combler soit en relevant les cotisations, soit en abaissant les prestations, soit en jouant sur les deux (en reculant l’âge de la retraite par exemple), soit enfin en accumulant la dette sociale : les générations futures paieront.

Cette arithmétique démographique, peu rassurante, n’est pas le seul vice du système. Car puisque l’argent est « réparti » entre contributeurs et bénéficiaires, il circule sans arrêt : les fonds entrés sont immédiatement ressortis. Ainsi des milliards s’envolent-ils chaque mois sans laisser de trace, alors que la capitalisation permettrait de les investir, finançant les entreprises et la croissance, et de rapporter des intérêts substantiels, permettant de réduire le montant des cotisations. Celui-ci pourrait diminuer d’un bon tiers : inutile alors de « réduire les charges sociales » en prélevant des impôts, qu’il s’agisse de la TVA sociale (version Fillon - Juppé) ou de la CSG sociale (version Macron - Le Maire). Le système actuel ignore la logique assurantielle pour lui substituer une logique purement redistributive. Qu’on instaure un filet social pour ceux qui ne peuvent s’assurer suffisamment, et qu’il soit financé par un impôt de solidarité, rien ne s’y oppose. Mais, comme le disait Gary Becker, prix Nobel « S’il y a des individus laissés pour compte on peut prévoir un filet social à leur intention, mais ces cas doivent demeurer marginaux et il faut se garder, comme on le fait maintenant, de construire tout un système d’Etat Providence sur des hypothèses extrêmes qui ne concerneraient normalement qu’une infime minorité de la population ».

 

Une autre réforme décisive est la fin du monopole public. La centralisation des caisses est source de bureaucratie et d’irresponsabilité. Par contraste, la concurrence et le libre choix de l’assureur réduisent les coûts, ici comme ailleurs. Cet effet bénéfique s’observe en Alsace, comme chez les Allemands voisins. Mais la capitalisation implique rapidement la privatisation, car la gestion des fonds est mieux faite par des assureurs à la recherche du meilleur rendement que par des administrations indifférentes aux résultats et bénéficiant des contribuables pour « prêteurs en dernier ressort ».

 

Ces principes ne sont pas « ultra-libéraux » : ils sont de pur bon sens. Leur préférer des mesures « paramétriques » en jouant sur les données démographiques, comptables et fiscales ne peut résister aux réalités financières et psychologiques. Oui, il s’agit de rendre les Français responsables de leur protection personnelle, de leur santé, de la gestion de leurs ressources au moment d’une retraite personnellement choisie. Mais il n’y a pas de responsabilité sans liberté, sans la tenue de comptes ou carnets personnels de santé et de retraite. C’est ce qu’il faut faire admettre à François Fillon et à son entourage. Traiter à la légère des sujets de société aussi graves que celui de la protection sociale c’est s’exposer à la « volatilité » d’électeurs trompés et déçus, c’est risquer un échec en 2017. Il faut sauver le soldat Fillon.

 
More Articles :

» Beaucoup d’emplois créés, mais toujours plus de chômeurs

Beaucoup plus d’emplois créés en 2016 : de quoi chanter victoire dans les sphères gouvernementales, et même patronales. Mais quels emplois ? Pour combien de temps et dans quels secteurs ? Ces interrogations éclairent en partie le...

» Diminuer les charges sociales

Des charges sociales trop élevées pénalisent les entreprises françaises. Ce constat a été au cœur du débat entre candidats sur les travailleurs détachés, sans doute le débat le plus animé des rencontres télévisées. Mais va-t-on au...

» Emmanuel Hollande

Emmanuel Hollande ou François Macron : cette moquerie (d’un goût approximatif) de François Fillon au cours de son interview sur les antennes de RTL jeudi dernier a tout de même une sérieuse valeur pédagogique : Macron ce n’est pas le...

» Le pédigrée du Parquet National Financier

Comment le PNF a été constitué et comment ses membres ont été nommés par Christiane Taubira et François Hollande : tous issus ou proches du Syndicat de la Magistrature.

» Pascal Salin : Quel candidat s’engage à une baisse forte des dépenses publiques et des impôts ?

Baisse déterminante dans la lutte contre la stagnation et le chômage. La fiscalité écrasante et progressive explose pour financer des dépenses de redistribution qui n’aident pas les Français les plus démunis, mais les enferment dans...

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

Lire la suite...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...