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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 24 Janvier 2017 00:00

Le Parti Socialiste se porte mal, c’est vrai. Les divisions internes, le désintérêt pour les primaires jusqu’ici, la victoire des frondeurs, la fronde de Macron : les commentateurs ont à juste titre conclu à la mort du PS fondé par Mitterrand au Congrès d’Epinay en 1971. Le « rassemblement » ne se fera pas, ni avec les autres participants à la primaire, ni avec Mélanchon, ni avec Macron, même si dans les prochaines semaines la préparation des législatives s’accompagnera au sein de la gauche d’alliances contre nature, d’abandons et de trahisons.

 

 

Le PS aurait pu se survivre en se convertissant sincèrement à la sociale démocratie. C’est ce qu’ont fait les socialistes allemands du SPD avec la charte de Bad Godesberg en 1959. Ils ont admis les principes de la liberté économique, tout en prônant une large redistribution des revenus. Par contraste, en 1981 Mitterrand prenait le pouvoir avec les communistes et déclarait (mensongèrement) « Je suis marxiste » : vingt ans de décalage avec la plupart des socialistes européens.

Depuis un an, Manuel Valls s’était déclaré « social-libéral ». Allait-il entraîner les socialistes dans cette voie étroite, voire utopique ? La politique menée depuis 2012 a ôté toute crédibilité à une impulsion « libérale » au sein du PS. Alors Macron a occupé le terrain réformiste et centriste…mais il n’est pas au PS. Emerge Benoît Hamon dont la ligne est bien claire : retour au socialisme révolutionnaire. Il faut rompre avec le capitalisme, la mondialisation, la finance, afin de déboucher sur l’égalité et la fraternité, valeurs fondamentales de la République dans la tradition de Robespierre. A gauche toute.

Faut-il s’étonner de cet anachronisme ? Non, il est le résultat de deux réalités : archaïsme du socialisme, tradition de l’étatisme.

Le socialisme est daté du 19ème siècle, même si l’utopie d’une société parfaite hante les esprits au moins depuis Platon. Sous-produit d’une révolution industrielle mal comprise, mal acceptée, il n’a pas longtemps survécu à ses « contradictions internes », car la société ne peut effacer la propriété privée et la liberté contractuelle sans briser l’homme lui-même et le soumettre au joug du pouvoir politique. Marx avait fait rêver d’une société sans classe et annoncé le « dépérissement de l’Etat » : le socialisme n’a donné que nomenklaturas et dictatures, allant jusqu’aux camps et au génocide. Le socialisme a cru pouvoir se survivre en devenant « réformiste », à l’image de la Société Fabienne des Anglais, dont Keynes était membre. Le keynésianisme a repeint la façade avec un enduit économique, mais l’architecture du bâtiment n’a pas varié : dirigisme, scientisme, collectivisme, protectionnisme. Keynes n’a pas survécu à la chute du mur de Berlin et la liberté s’est imposée, jusqu’à pénétrer dans les pays jadis les plus hostiles. En 1975, Arthur Seldon l’avait prédit : « En l’an 2000 la Chine sera capitaliste ». La crise de 2008 (provoquée par l’Etat américain) a remis Keynes à la mode ; elle a permis la revanche des barbares désespérés par l’explosion de l’empire communiste et l’avènement de la mondialisation. Désormais, le drapeau du nationalisme sera brandi par les socialistes : cela s’appelle sans doute national-socialisme.

Hélas, en France, le national-socialisme reçoit l’appoint du national-étatisme. La tradition étatiste est millénaire dans ce pays, qui a vécu des siècles de concentration, de souverainisme, de jacobinisme, de protectionnisme (l’échange est réduit aux limites de l’Empire Français pendant un siècle). Quand on dit « l’école de la République », cela signifie « l’école de l’Etat ». Un Etat total, puis totalitaire. Ici ce ne sont pas les tenants du marxisme qui sont seuls en cause, mais aussi les hommes d’un pouvoir qui n’a rien de démocratique, confisqué par les hauts fonctionnaires, les politiciens, les syndicalistes, les corporations. Voilà pourquoi les méfaits du socialisme ont largement débordé le modeste PS et ont été acceptés depuis des lustres. Qui aujourd’hui veut remettre en cause un système social spoliateur, porteur d’esclavage et de corruption ? Qui aujourd’hui veut restaurer la liberté d’entreprendre et d’échanger, rendre au secteur marchand ce qui a été transformé arbitrairement en service public ? Qui aujourd’hui veut respecter la liberté des individus et des familles dans l’organisation de leur vie privée ?

Se poser ces questions, c’est expliquer le succès de François Fillon en novembre dernier, car des centaines de milliers d’électeurs ont entendu. Mais c’est aussi craindre pour l’avenir, parce que le socialisme hante encore et toujours l’esprit des Français et, par-dessus tout, l’esprit de la classe politique. Oui, je le crains, le socialisme français se porte toujours bien. Mais je ne peux croire à sa pérennité et j’ai confiance : grâce à notre engagement, cet anachronisme va tôt ou tard céder devant la dynamique de la liberté, parce que les êtres humains ne sont ni des esclaves ni des barbares.

 
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