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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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Le monde change… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 31 Janvier 2017 00:00
L'homme des primaires l www.libres.org

La percée spectaculaire de Benoît Hamon tient à l’idée de revenu universel. L’argument qui soutient cette proposition infantile semble solide : c’est la fin du travail. La révolution numérique nous conduirait à l’ubérisation, à la robotisation, désormais des pans entiers de l’activité économique devraient disparaître. Le chômage massif guetterait ce nouveau monde, et la rémunération du travail ne suffirait plus à donner aux hommes un pouvoir d’achat suffisant. Il serait donc inéluctable de compenser cette perte en assurant à chacun un revenu issu non plus du travail mais de la redistribution.

 

 

 

Les contradictions internes de la thèse sont nombreuses. Par exemple comment financer et organiser cette redistribution, d’où vient l’argent qui permettrait de garantir le revenu d’inactivité si l’activité décroît ? On peut évidemment dépouiller les « riches » de leur patrimoine, et les camarades d’Hamon ne s’en priveraient pas, au prétexte d’égalité. Mais une fois le trésor récupéré et les riches punis, comment faire ?

Pourtant ce n’est pas à mes yeux le plus grave de l’affaire. Le plus grave, c’est la philosophie dont s’inspire le mythe de la fin du travail. Une précision terminologique s’impose déjà : quand on parle de travail chez Hamon et les autres, on entend travail salarié. S’agirait-il d’annoncer la fin du salariat ? La thèse serait acceptable, puisque que dans beaucoup de pays de l’OCDE progresse le nombre d’entrepreneurs individuels, de personnes exerçant des professions libérales, d’artisans, commerçants et paysans. Mais ce n’est pas ce que dit la thèse d’Hamon : c’est bien de la disparition des activités productives qu’il s’agit.

On retrouve alors deux vieilles fables : l’une marxiste, l’autre malthusienne.

La fable marxiste est celle du processus de l’évolution sociale : le monde change sous l’impulsion des nouvelles techniques, et en particulier des modes de production. Le « capitalisme », né de la révolution industrielle du 18ème siècle, c'est-à-dire de l’introduction du machinisme dans la technique de production, a organisé la société autour de la propriété privée du capital. Ce recours au capital doit être salué comme un changement extraordinaire et prometteur, à condition que ses bienfaits ne soient pas confisqués par des propriétaires du capital. Depuis 1848, on vit ainsi dans l’idée d’un monde industriel, facteur de progrès sans doute, mais d’un progrès dévié par l’appât du profit, et au détriment des salariés. Revoici les canuts lyonnais et leur peur des machines. Cette correspondance entre ères techniques et modèles de société a été la découverte des pères du socialisme au 19ème siècle : Auguste Comte, Saint Simon, et tous ceux qui « démontraient » que l’évolution des sociétés était guidée par les lois d’une science sociale qu’ils inventaient. Dans les années 1990, à l’occasion de la « troisième révolution industrielle » qu’il croyait en marche, Jeremy Rifkin et ses ouailles (dont Viviane Forrester) reprend le thème du monde qui change et qui impose une nouvelle société.

La fable malthusienne est celle du déséquilibre croissant entre besoins de l’humanité et lois de la nature. Par leur inconscience, les hommes oublieraient toute mesure et ne se rendraient pas compte de l’incompatibilité entre leur soif d’assouvir leurs instincts et la précarité des ressources naturelles. Les hommes peuvent-ils se contrôler et limiter leur progéniture ? Il leur faudrait des valeurs morales qu’ils n’ont pas et leur comportement serait bestial. Chez Malthus, c’est le sexe qui tue l’avenir de la société, chez les malthusiens actuels, c’est le cerveau qui est atteint : les hommes inventent les moyens de leur destruction et de la destruction de la planète. En fin de compte, Hamon et les autres pensent que l’homme est indigne de l’intelligence qui lui a été donnée. Hamon est épargné.

La réalité est à l’inverse. L’activité humaine ne se réduit pas, elle explose sous l’effet de l’élargissement de l’espace d’échange. Le travail, même salarié, ne diminue pas : plein emploi aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Australie, en Autriche, etc.

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de « monde qui change », parce qu’il y a un éternel humain. Les seules ressources naturelles sont celles de l’homme lui-même, avec sa créativité, sa capacité d’adaptation.

Marxistes et malthusiens démissionnent devant leurs fausses lois de la science et de la technique. Comme tout libéral, je pense que par nature l’être humain ne renonce pas. Il porte en lui deux vertus essentielles : l’espérance, qui l’incite à chercher et à trouver sans cesse des solutions apparemment impossibles, et la charité, qui le pousse à se mettre au service des autres. L’homme n’est pas un loup pour l’homme, ni un agneau, il est simplement un homme doté de raison et de cœur. Mais Hamon et les autres n’ont pas cette foi dans l’être humain, dont ils ne comprennent pas la nature profonde.

Les libéraux, à l’inverse, misent sur les merveilles de la liberté ordonnée à la dignité de la personne. Voilà pourquoi, en France comme ailleurs, ils appellent de leurs vœux une rupture avec les prophètes de malheur, avec les fabricants d’utopies, avec ceux qui exploitent la peur et sèment la discorde. S’il y a un monde à changer c’est ce monde politique français prisonnier de son passé, rebelle au changement et à l’effort. C’est bien d’une libération que nous avons besoin.

 
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