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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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Garder son sang froid PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Mai 2017 00:00

Un grand nombre de Français sont persuadés qu’une lame de fond va donner au Président une majorité absolue, ou relative (base de quelques tractations ou trahisons ponctuelles). Je comprends leur pronostic, mais il est à mon sens déraisonnable, et je crois qu’il nous faut aborder ces semaines législatives avec lucidité. Il faut garder son sang froid et manœuvrer dans la tempête.

 

 

Je comprends leur pronostic parce qu’ils désespèrent de l’opposition potentielle : Macron n’est-il pas en train d’anesthésier ou d’exploser la droite traditionnelle ? Certes il y a de quoi douter de l’avenir de LR et UDI, compte tenu des maladresses de leurs leaders, de la pusillanimité d’un programme à ce jour délavé et sans souffle, de la sécession probable des « jupéistes ». Certains électeurs sont déjà résignés, voire même par dépit décidés à se mettre à la queue de la marche. Mais dans bien des circonscriptions, les candidats d’opposition sont connus pour leurs qualités et leurs convictions, on ne peut les abandonner pour voler au secours d’une victoire annoncée.

Je comprends aussi ce pronostic parce que l’effet d’annonce est éblouissant, jusqu’à en être aveuglant. La mise en scène est aussi bien soignée que la soirée Pyramide. Voici le Président dans les sables du Mali, partageant l’ordinaire des soldats, il est le Chef des Armées, celui qui a remonté les Champs Elysées en command-car. Bonaparte au Pont d’Arcole. Voilà aussi la crise de GS&M réglée en un tour de main par Le Maire, qui a su convaincre Peugeot et Renault de passer des commandes permettant à l’entreprise de durer au moins jusqu’à l’automne. Puis encore voilà occulté le lancinant problème de ND des Landes pour lequel tout risque de conflit avec Monsieur Hulot et les écologistes a été écarté grâce à l’ouverture d’une nouvelle enquête dont les conclusions seront connues dans six mois. Et voici enfin le succès prévisible des ordonnances sur le code du travail puisque dès aujourd’hui le Président s’entretient avec les partenaires sociaux sur un projet dont le texte ne sera sûrement pas publié avant le 18 juin. Et n’oublions pas le rendez-vous avec l’Allemagne et l’Europe dans quelques jours : on en parlera longuement !

S’il y a une culture qui fait aujourd’hui la richesse de la France, c’est celle de l’habileté, de l’ambiguïté, de la duplicité. Les paysans de l’Elysée sèment à tout vent. La récolte sera précoce.

Garder son sang froid, c’est peser calmement les risques d’un plébiscite. Les électeurs ont pu se tromper en 2012 en choisissant un Président qui se voulait « normal ». Mais celui-ci n’est pas normal, parce qu’il se veut impérial. Le pouvoir à Matignon ne sera que la projection du pouvoir à l’Elysée, où demeure le « maître des horloges », où travaille le clan des énarques siciliens, où se tissent les relations avec les puissances visibles ou occultes qui sont installées dans les médias, les conseils d’administration du CAC 40, les syndicats. On m’objectera qu’un Président fort à la tête d’un Etat fort est indispensable en période de crise nationale, européenne, mondiale et face au totalitarisme. Mais je soutiens à nouveau que le pouvoir de ce Président, livré sans limite à lui-même et aux siens, serait par priorité destiné à pérenniser les privilèges et les combinaisons qui ruinent la nation depuis des décennies. J’évoquais récemment le péril du centrisme : la neutralité apparente est la meilleure façon de préserver les acquis réels. Il y a des centristes invertébrés, comme Bayrou. Il y a les centristes de façade, comme Macron.

Garder son sang froid c’est démasquer la manœuvre, rétablir la vérité.

C’est remarquer que la plupart des candidats d’En Marche viennent de la gauche, et que les représentants de la « société civile » sont des fonctionnaires, ou ont traîné leurs bottes dans des officines, cabinets et associations de gauche.

C’est aussi mesurer la valeur du programme imposé aux candidats de REM : des mesures nocives, de nature à prolonger le chômage et diminuer le pouvoir d’achat, des mesures irréalistes qui ne pourront jamais être mises en place, des mesures partielles qui négligent quelques graves problèmes de notre pays. Le catalogue de ces mesures doit être connu, commenté, et diffusé. Voilà la meilleure façon d’éviter une Assemblée de godillots et de brider le penchant monarchique du Président.

C’est aussi pousser les candidats d’opposition à se radicaliser, à oser la liberté. Garder son sang froid, c’est garder sa foi, son engagement  et sa détermination.

 
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