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J – 5 : vote utile PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Juin 2017 00:00
Pouvoir Jupitérien l www.libres.org

Nous voici maintenant à cinq jours du premier tour. Sachons convaincre les électeurs autour de nous de l’enjeu des élections et de l’évidence d’un choix utile.

 

 

L’enjeu est clair : une majorité présidentielle monolithe sera-t-elle portée à l’Assemblée ? On peut encore dire : les Français vont-ils voter les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron, vont-ils lui signer un chèque en blanc ?

Dans l’histoire et la logique de la Cinquième République, c’est bien la première fois qu’un Président a été élu avec une aussi faible adhésion du corps électoral. C’est aussi la première fois que son programme et sa personne sont aussi peu connus des électeurs. Faible représentativité, forte ambiguïté : de quoi éviter une confiance aveugle.

La confiance est d’ailleurs imméritée et impensable au vu des immoralités qui jalonnent la marche d’Emmanuel Macron. L’immoralité a d’abord consisté à masquer les noms et les intentions de ceux qui ont conçu le montage, d’Attali à Jouyet en passant par Bergé, Niel, Minc, Peyrelevade, et tous les puissants qui craignaient une véritable alternance, voire même une rupture. L’immoralité, c’est aussi la mobilisation et la propagande éhontée des médias, de l’empire Drahi, du Canard, du Monde, des Echos et des chaînes de télévision publique. Et qui a contrôlé l’origine des fabuleux moyens, privés et publics, investis dans une campagne dont les comptes ne seront jamais rendus ? L’immoralité c’est encore de masquer son arrimage à gauche pour mieux débaucher à droite, c’est la félonie de tous ces politiciens sans foi ni loi qui ont changé plusieurs fois de camp. L’immoralité c’est enfin de se vêtir de probité candide et de lin blanc pour éliminer Fillon, alors que l’on découvre aujourd’hui des affaires bien plus louches et plus récentes mais aussitôt couvertes par une magistrature aux ordres. Voilà les « nouveaux visages, les nouveaux usages ».

Dans ces conditions, le choix qui se présente aux électeurs est évident : empêcher l’émergence d’une majorité absolue. Ils ne peuvent sceller la servilité du Parlement à un pouvoir élyséen et jupitérien entre les mains d’une caste d’énarques d’autant plus redoutables qu’ils ont l’appétit et l’insolence de la jeunesse. S’abstenir en la circonstance n’est pas une solution ; dans nombre de circonscriptions, il faut empêcher les candidats d’En Marche de franchir la barre des 12,5 % au premier tour. De même un vote rejet se portant sur des extrêmes ou des marginaux n’est pas davantage approprié : la dispersion des voix aboutit à compromettre les chances d’une majorité d’opposition. Le seul vote utile est de concentrer les suffrages sur les candidats du « Combat pour la France », issus de la droite et du centre.

Sans doute faut-il oublier le programme concocté par leur état-major : il n’a plus rien de libéral aujourd’hui et il est peu crédible. Sans doute faut-il oublier les discours de Raffarin et autres barons du sarkozisme et du juppéisme prompts à une coalition irréfléchie. Sans doute faudra-t-il éliminer ça et là quelques félons façon Estrosi ou NKM. Mais l’essentiel est de barrer la route à la majorité des sièges annoncée dans la presse par des sondages qui confondent intentions de vote et nombre d’élus. Sur le terrain, nombre de candidats sortants et de fortes personnalités peuvent porter avec talent et probité les couleurs d’une opposition recomposée, au sein de laquelle un courant libéral pourrait enfin émerger.

Les formes de cette recomposition sont à coup sur incertaines aujourd’hui. La balance est égale entre résistants et collaborateurs au pouvoir élyséen. En revanche, ce qui est certain c’est qu’aucune recomposition ne sera facile si En Marche rafle la mise.

Le hasard place le deuxième tour au 18 juin. On ne manquera pas d’y voir le symbole d’une nouvelle résistance – évidemment moins dramatique qu’en 1940, à cela près que c’est toujours la liberté qui est en jeu contre l’Etat restauré. Mais si le premier tour n’élimine pas un nombre suffisant de candidats de l’Etat socialiste et dirigiste la résistance sera neutralisée, du moins en ce qui concerne son volet parlementaire. Sans doute la résistance continuera-t-elle à s’exprimer intellectuellement, comme le font les vrais libéraux sans relâche mais sans succès depuis des décennies. Sans doute les réalités du chômage, du terrorisme, du désordre social et moral, se rappelleront-elles bien vite aux Français abusés par les vains espoirs et les vrais mensonges. Mais peut-on se passer de l’atout d’une expression politique parlementaire, de l’émergence d’un courant ou d’un parti libéral ?

Une chance est à saisir, même si elle n’est pas courue d’avance : voter utile dès le 11 juin, dans cinq jours.

 
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