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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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La Reconquête PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Juillet 2017 00:00
aleps l libres.org

Le rendez-vous historique de la France avec le libéralisme a été manqué. Après une avancée autant éphémère qu’incertaine, le libéralisme a disparu de la vie politique française. Certes, la confusion est entretenue dans le discours : le gouvernement serait inspiré par le « libéralisme économique » comme si le constat d’une « addiction à la dépense publique » ou de « la France en faillite » était une position doctrinale alors qu’il ne s’agit que d’une évidence réelle. Comment reconquérir le terrain perdu ?

 

 

 

Je vais me référer à un précédent historique : celui du 10 mai 1981. Je sais que l’histoire ne se renouvelle jamais, mais elle suggère des réflexions qui me semblent tout à fait utiles aujourd’hui. Voyons d’abord les ressemblances. Comme en 1981, le candidat de droite a été battu. Comme en 1981, une Chambre à la dévotion du Président a été élue. Comme en 1981, la révolution est en marche, on passe « de l’ombre à la lumière ». Comme en 1981, l’opposition est terrassée, divisée. La ressemblance concernera-t-elle la suite ? Dès 1984 l’échec du pouvoir était total, le peuple était dans la rue (pour la défense de la liberté scolaire), et en 1986 c’était un raz-de-marée libéral qui balayait la gauche marxiste. La reconquête s’est faite en quatre ans.

Mais là s’arrête la ressemblance : Macron n’est pas Mitterrand, Le Figaro n’est pas celui d’Hersant et Pauwels, les Nouveaux Economistes sont octogénaires, la bande à Léo n’existe plus. Il n’y a ni Reagan ni Thatcher.

Macron n’est pas Mitterrand. En 1981 le Président élu portait un projet connu depuis des années de tous les Français, le « Programme Commun de la Gauche », et il s’est immédiatement employé à le mettre en œuvre. Nul ne sait où veut aller le Président actuel, qui est partout et nulle part, qui prétend réunir les contraires et qui renvoie aux calendes grecques les rares promesses précises qu’il avait annoncées.

Le Figaro n’est plus celui de 1981, lorsque Robert Hersant a mis tout son poids dans une opposition libérale ; sous l’influence de Louis Pauwels le Figaro Magazine est immédiatement devenu le fer de lance du libéralisme, chaque samedi plus d’un million et demi de lecteurs reprenaient espoir, et les premiers grands meetings de l’opposition ont été organisés à son initiative, tout comme la ligue des contribuables réunissant un million d’adhérents. Aujourd’hui les médias, et notamment les chaînes de télévision, sont contrôlés par ceux qui ont fait élire le Président, et la presse écrite est impuissante à endiguer la désinformation.

La reconquête a eu pour artisans intellectuels les Nouveaux Economistes, dont les ouvrages et les articles ont été largement diffusés précisément par le Figaro Magazine, consacrant chaque semaine une dizaine de pages à la pensée libérale : un numéro spécial sur Bastiat, un autre à l’occasion du Congrès Mondial de la Société du Mont Pèlerin en 1983 à Paris, avec Freedman, Hayek, et l’élite des économistes libéraux du monde entier. Aujourd’hui l’Université d’Eté de la Nouvelle Economie à Aix en Provence a disparu, après 32 éditions qui fixaient annuellement la rencontre de l’élite libérale de France avec Américains et Européens venus nous expliquer et nous soutenir. La « bande à Léo » prenait le relais d’un gaullisme dépassé et d’un giscardisme épuisé. En novembre 1985, la « croisière des libertés » embarquait ensemble intellectuels, entrepreneurs et politiciens : cette coalition devait remporter les élections législatives. Aujourd’hui le débat d’idées n’intéresse plus personne, ni les organisations patronales en mal de considération et de subventions, ni la classe politique « de droite » soumise à la pensée unique et acquise au socialisme.

Reagan et Thatcher avaient créé la vague libérale sur laquelle l’opposition française avait surfé. Ils avaient privatisé, défiscalisé, déréglementé. Ils avaient brandi le drapeau de l’éthique pour vaincre le marxisme, celui de l’URSS comme celui des syndicats révolutionnaires. Ils avaient ouvert une période de vingt ans de croissance ininterrompue et de développement des pays pauvres grâce au libre-échange Aujourd’hui, la mondialisation et le marché sont tenus pour responsables des crises dues en fait au dirigisme renaissant, et il n’est question que de remise en cause du système économique, source d’inégalités et de pillage de la planète.

De ces dissemblances avérées, vais-je conclure que la reconquête n’est aujourd’hui qu’un rêve lointain ? Un rêve lointain ? Non, car la même histoire nous donne et la démarche et l’esprit.

La démarche : de façon générale, reconstituer ce qui a été perdu depuis plusieurs décennies. Il nous faut donc regrouper les forces intellectuelles libérales, en pleine ouverture mais en toute rigueur, rebâtir une aile politique susceptible d’exercer un leadership libéral, provoquer l’engagement et le soutien des milieux professionnels, entamer le monopole de la pensée médiatique unique en usant des « réseaux sociaux », multiplier les relations internationales pour mieux informer les Français sur les performances de la liberté dans le monde entier.

L’esprit : convaincre et mobiliser la société civile, garder la détermination et l’espoir. « La vérité vaincra » disaient les Polonais aux plus sombres heures de la répression communiste. La résistance à l’oppression et au mensonge, la foi dans la dignité de la personne humaine, la recherche de la vérité et de l’harmonie, la beauté et la grandeur de la cause de la liberté : voilà l’esprit qui peut mener à la reconquête.

 
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