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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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Le héro auto-proclamé PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 05 Septembre 2017 00:00
La rentrée des héros... l www.libres.org

« Nous devons renouer avec l’héroïsme politique » : la couverture du Point, déjà riche du portrait de notre Président, s’enlumine de cette phrase extraite de l’interview-fleuve donnée au bon peuple par Emmanuel Macron en cadeau de rentrée. La phrase a fait parler d’elle, à juste titre. Mon interprétation, qui n’est pas originale*, est claire : Macron s’auto-proclame héro national. Mais avons-nous besoin d’un héro ?

 

 

 

Pour bien entendre le message présidentiel, il faut se référer à sa conception du pays et du pouvoir. Aujourd’hui comme au temps de Louis XIV, son modèle, le pays serait composé de trois éléments : le peuple, la cour, le monarque. Le peuple est méprisable : « les Français n’aiment pas les réformes ». « Les Français sont des veaux » disait le Général. Le peuple est la proie facile des populistes et démagogues. « L’héroïsme politique, c’est accepter l’impopulaire » (Sylvain Maillard et la chorale En Marche). L’impopularité est d’ores et déjà acquise : l’héroïsme est en marche.

La Cour est faite des puissants seigneurs de l’économie, de la culture et de la presse. Si elle n’est pas méprisable, elle est maîtrisable ; préoccupée de ses intérêts et de sa position, elle n’a rien à craindre tant qu’elle suit le monarque. Donc peu importe « le contrôleur des finances » : le monarque ce n’est pas Fouquet ou Colbert, ni les marchands, ni les syndicats, ni les corporations, ni la fonction publique. Leur servitude est « volontaire », disait La Boëtie.

Le monarque exerce un pouvoir sans partage « L’Etat c’est moi ». C’est légitime : il incarne la France. Il faut bien un être d’exception, un héro, qui porte le rêve national et collectif, qui fédère tous les héros en France, « des génies et des gens qui s’engagent au quotidien ». Le monarque donne un sens à l’héroïsme du quotidien, grâce à lui on peut « atteindre ce qui est décrit comme impossible ». Ainsi Emmanuel Macron a-t-il déjà « tourné la page de trois décennies d’inefficacité » et vaincu «  les forces du monde ancien », à ce qu’il dit.

De fait, Macron s’inscrit dans la grande tradition française de la monarchie absolue. Peu importe que les « héros »  aient ignoré leurs sujets. Louis XIV a ruiné les finances publiques (et les contribuables), révoqué l’édit de Nantes. Napoléon a mis l’Europe à feu et à sang, régenté le droit, la monnaie et l’école, bloqué la révolution industrielle, imposé un régime policier, mais qu’importe ? De Gaulle a trompé ceux qui l’ont porté au pouvoir en 1958, il a livré les habitants de l’Algérie aux barbares et a engagé la France dans la « troisième voie » , impasse économique et diplomatique. Il est vrai que la Constitution de la Vème République a fait de la France le seul des pays réputés libres et démocratiques où un seul homme détient un pouvoir aussi absolu et permanent, au mépris de l’état de droit. Tout est prêt pour exercer l’héroïsme politique.

Il arrive pourtant que les héros soient fatigués, parfois très vite.

D’abord il n’y a pas que des veaux, et le populisme réputé de droite (Le Pen) ou de gauche (Mélanchon) n’est heureusement qu’un épouvantail électoral, grossi par la nullité de la classe politique et l’ignorance économique entretenue. Méprisé peut-être, le peuple refuse finalement d’être taillable et corvéable à merci. Quand la communication devient mensonge et théâtre les moins informés perdent confiance.

Ensuite la Cour est moins docile qu’il ne paraît au Président. Il a d’ailleurs pris soin de ne pas heurter de front les syndicats, ni les fonctionnaires, en rédigeant les ordonnances qui proposent des réformettes sans lendemain. Les puissants de l’ENA, de quelques grands du CAC 40, du monde de la finance et des médias qui ont apporté les moyens extraordinaires de sa campagne entendent bien contrôler l’Elysée, et non pas être contrôlés par lui. Qui t’a fait roi ? Choisi pour éviter une alternance redoutée des puissants, Macron devra tempérer ses ardeurs. Se débarrasser de Bayrou était facile, domestiquer Bercy, l’énarchie, les leaders syndicaux, les groupes médiatiques, les sectes infiltrées, c’est plus risqué.

Enfin, la mondialisation est un fait inévitable et irréversible. Elle impose les réalités économiques de la concurrence, en dépit des dérives du capitalisme de connivence. Elle interdit à un gouvernant, fût-il jeune et talentueux, de dicter leur conduite aux autres pays et à leurs dirigeants. Angela Merkel n’est pas la brillante seconde d’Emmanuel Macron, et les Polonais et autres n’ont cure des pressions agressives de l’Elysée.

Je conclurai en répétant que Macron ne peut être tenu pour un héro libéral (oxymore) et en rappelant le constat de Bastiat : « Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, d’organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle ». Dans une société de libertés, la politique n’a que faire de héros, elle a besoin de serviteurs modestes.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1351 du 7 février 2018

Editorial : En marche sans bouger
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