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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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Personnalité, Liberté, Propriété PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 19 Septembre 2017 00:00
Frédéric Bastiat l www.libres.org

Voici une devise qui remplacerait avantageusement Liberté Egalité Fraternité. Dans la vie publique française on ne cesse de se référer aux « valeurs de la République » et c’est à qui se proclame le plus Républicain, au point qu’un parti hétéroclite n’a pu trouver d’autre nom que « Les Républicains », prétendant détenir un monopole de valeurs pourtant constitutionnelles.

 

 

 

C’est Frédéric Bastiat qui a proposé une devise de nature à reconnaître et garantir la liberté individuelle et l’harmonie sociale « Existence, Facultés, Assimilation – en d’autres termes Personnalité, Liberté, Propriété – voilà l’homme » (La Loi, 1850). De nombreux libéraux sont en fin de cette semaine réunis dans les Landes, département dont Bastiat fut député en 1848, au tout début de la deuxième République. Comme le suggérait Raoul Audouin, qui a fait connaître dans ce pays les œuvres de Mises et Hayek, les « libéraux » devraient plutôt se présenter comme des « propriétaristes », suivant la pensée de Bastiat (Propriété et Loi, 1848).

Les « valeurs de la République » sont devenues aujourd’hui ambiguës, voire indigentes. Comment la liberté peut-elle exister quand le dogme de l’égalité est devenu absolu, au point de mettre de l’égalité partout : non plus seulement égalité devant la loi, mais devant les revenus, la richesse, la santé, le travail, et maintenant le « genre » ? L’égalité est devenue la négation du mérite,  du talent, bref de la personnalité. D’ailleurs l’égalité devant la loi a-t-elle un sens quand le droit n’a plus pour vocation la protection de la liberté et de la propriété et devient une collection de « droits sociaux » dont le plus récent est le « droit à l’enfant » ? La République a-t-elle pour vocation de préparer l’ère des clones et des robots ?.

La fraternité est-elle plus souhaitable ? Bastiat disait encore « La fraternité ? Les avantages pour moi et les charges pour les autres ! » Il s’exprimait pourtant  à une période où la redistribution publique ne représentait qu’une infime partie du produit national, alors que beaucoup de misères étaient soulagées par la famille et la charité privée spontanée Aujourd’hui l’Etat Providence est devenu « cette grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Ladite « justice sociale » est l’alibi de la spoliation légale. Et s’il y a quelque vestige de fraternité, il s’inscrit  dans un communautarisme agressif.

La devise de Bastiat est bien préférable. Elle lie étroitement la personnalité et la liberté : seul l’homme libre peut exprimer sa nature, ses capacités, s’épanouir et atteindre son « plein accomplissement ». Il ne peut s’accommoder de la coercition, il ne peut être obligé d’agir contre sa volonté. Mais encore faut-il que la propriété de ses œuvres, fruits de sa personnalité, lui soit garantie : c’est le rôle, c’est le seul rôle de la loi. La loi garantit liberté et sécurité. Mais aujourd’hui « la loi n’est plus le refuge de l’opprimé, mais l’arme de l’oppresseur. La loi n’est plus un bouclier, mais une épée ».

La prise en compte de la propriété est un facteur déterminant pour l’économie, mais aussi pour l’harmonie sociale, et encore pour la dignité de l’être humain.

Pour l’économie, la propriété est la base du contrat, de l’échange, de l’entreprise, Pascal Salin fait de Bastiat le « Père de la Science Economique Mondiale », il démontre les bienfaits du libre échange mondial, les méfaits d’un monopole public de la protection sociale, il explique la vraie nature et l’évolution du salariat. C’est sa méthode qui lui donne cette profonde compréhension de la vie économique : ne pas s’arrêter à « ce qui se voit », aller jusqu’à « ce qui ne se voit pas », c'est-à-dire le rôle déterminant de l’action humaine dans un espace de liberté et de responsabilité. Liberté, responsabilité, propriété, dignité

La devise de Bastiat est aussi un guide pour le pouvoir, en le cantonnant dans son rôle de protection de la liberté et de la propriété. Sans aucun doute les écrits de Bastiat ont guidé les grands réformateurs de la fin du 20ème siècle : Reagan et Thatcher à coup sûr, ils en ont témoigné ; et ils ont redressé des pays en fort déclin et amorcé vingt années de croissance et de paix sociale.

Enfin, et non le moindre, c’est la personnalité, la dignité de la personne humaine, qui est au cœur des sentiments moraux de Bastiat. Il ne cesse de se référer à la transcendance de l’être humain, à la Divine Providence – ce qui interdit à l’Etat et aux « grands hommes » de se prendre pour Dieu et de vouloir inventer «  l’homme nouveau ». La liberté est soutenue par la foi. Que les peuples retrouvent la foi et se libèrent de l’Etat : c’est leur chance de vivre dignement. Profitons des désordres actuels pour restaurer la pensée de Bastiat et sa devise.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
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L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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