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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Un Président inévitable et insaisissable PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 18 Octobre 2017 00:00
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L’avantage d’être partout est de n’apparaître nulle part. Mais est-ce un avantage durable ?

 

 

 

Emmanuel Macron est inévitable : il fixe sans cesse l’attention de ses sujets, contrairement à ce qu’il prétend il ne cesse de parler, de se montrer et - plus spectaculaire encore - il vient de donner un grand show télévisé qui laissera beaucoup de Français pantois.

Car Emmanuel Macron est insaisissable. Il prétend faire « en même temps » tout et son contraire. Ni de droite ni de gauche : passe encore puisque ces mots ne signifient rien en France où la classe politique est globalement socialiste collectiviste. Libéral et social : oxymore parce qu’on ne peut à la fois prôner la liberté individuelle et l’Etat Providence. Le libéral étatisme, le libéral jacobinisme : vacuités et vanités.

Inévitable et insaisissable « en même temps », on ne peut séduire que par la forme, par le miracle de la communication, dans laquelle le Président excelle. Il est jeune, impétueux. Il parle beaucoup, il parle bien : tantôt populaire, voire très populaire, tantôt élégant et expert comme on apprend à l’ENA. Je comprends que l’interview ait séduit et révolté à la fois ; chacun y a entendu ce qu’il voulait entendre.

Il y a ceux qui ont entendu l’ode à la réussite, la critique de l’égalitarisme, la dénonciation de la jalousie qui habite les Français par contraste avec le rêve américain à base de labeur et d’innovation (Tocqueville l’observait déjà il y a deux siècles). Macron a expliqué « pourquoi les riches ». Il y a aussi ceux qui ont entendu les mérites de l’éducation, de l’apprentissage : seul le capital humain est source de promotion sociale. Il y a encore ceux qui ont entendu la nécessité de s’adapter et d’innover dans un monde bouleversé par la mondialisation. Il y a enfin ceux qui ont entendu la promesse de durcir la chasse aux sans papier et l’expulsion de ceux qui ont commis un délit.

Autres auditeurs, autres écoutes. Ils ont écouté l’ode à l’impossible dialogue social avec des syndicats accrochés aux privilèges et à la lutte des classes. Ils ont écouté aussi la description des ahurissants montages fiscaux, les redistributions à base de compensations, d’exemptions. Ils ont écouté encore les menaces sur la propriété quand l’Etat indique ce qu’on doit faire de son argent, quand on évoque la « mutualisation » de l’héritage. Ils ont écouté enfin l’éloge de la PMA, c'est-à-dire de l’enfant sans père, au prétexte de la dignité de la femme, aussi bien atteinte dans la PMA que dans la GPA. Il est vrai que sur ce dernier point le Président se porte « garant d’un débat apaisé » dans les prochains mois et fait confiance au législateur !

Evidemment l’objectif de Macron était d’attirer le plus grand nombre d’ouailles, approbateurs comme détracteurs. Mais peut-on additionner tout et son contraire ? Tout et son contraire Sur le champ le calcul peut sembler gagnant. Les commentateurs ont été plutôt désarçonnés et partagés, et 42 % des sondés ont aimé le Président. Mais à terme on peut pronostiquer et l’échec des réformes, et l’aggravation du mal français.

L’échec des réformes est d’ores et déjà perceptible. La première ordonnance sur la moralisation de la vie politique est une farce lancée par Bayrou ; elle n’attaque pas les racines de la corruption, qui ne sont pas l’emploi de quelque parent ou relation ni l’exercice d’une activité professionnelle parallèle à un mandat électoral, mais bien le financement des partis politiques, des syndicats, des associations et la part du secteur public dans l’économie, source de marchés publics, de subventions, de protections, de réglementations et de fiscalité. Partout et toujours le « capitalisme de connivence » et l’Etat Providence donnent à la classe politique les moyens du clientélisme et de l’enrichissement personnel.

La deuxième ordonnance sur le marché du travail, qui est en sursis, a sans doute promis quelque souplesse aux PME et TPE, mais la « hiérarchie des normes » n’a pas été inversée et la négociation collective demeure la règle. L’indemnisation du chômage et le traitement des démissions constituent une usine à gaz construite sur des contrôles bureaucratiques inopérants.

En fait non seulement la centralisation et le dirigisme survivent, mais ces maux français sont aggravés par la posture présidentielle. Emmanuel Macron, et il s’en vante, est dans la logique de la 5ème République : le Président préside, le gouvernement et le parlement exécutent. Monarchie démocratique Il a « reçu mandat du peuple souverain ». Il a été élu pour « retrouver le fil du destin français », un fil continu, paraît-il, depuis la Renaissance, et qui donne un tissu « d’intelligence, de culture, de solidarité, d’ambition pour le monde ». L’orgueil et l’arrogance du Président actuel s’inscrivent dans la tradition monarchique et jacobine, véritable fil de l’histoire de France, qui a toujours magnifié le pouvoir et opprimé la liberté.

Le discours présidentiel sera donc repris en boucle tout au long du quinquennat, tandis que la France se ruinera et se divisera, jusqu’à ce qu’on en vienne enfin à une rupture véritable, qui ne saurait être que celle de la libération. Encore faut-il qu’une opposition libérale s’organise enfin pour convaincre davantage de Français des dégâts de l’Etat et du collectivisme, et des vertus de la liberté et de la dignité.

 
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La concurrence sauvage
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