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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 08 Novembre 2017 00:00
Harcélement ... de l'Etat! l www.libres.org

Je m’étais interdit de vous harceler avec le harcèlement. D’abord parce que tout a été dit sur le sujet – le meilleur et le pire d’ailleurs. Ensuite parce qu’en dehors d’une condamnation justifiée et sans doute unanime, chacun aborde la question et propose une réponse en fonction de ses convictions très personnelles. C’est affaire de vécu, d’âge, de conviction, de passion, souvent de religion.

 

 

 

J’ai pourtant changé d’avis en prenant connaissance de l’appel lancé dimanche par une centaine de femmes au Président de la République pour qu’il décrète « un plan d’urgence contre les violences sexuelles ». Car j’ai réalisé que le principe même de l’appel, sinon les arguments retenus, était contraire à une approche libérale. Et, du même coup, je me suis demandé ce que les libéraux devaient dire et pouvaient faire pour en finir avec ces mœurs indignes d’êtres humains.

Que l’on recherche du côté de l’Etat les solutions aux problèmes de société les plus graves, les plus alarmants, est à mes yeux une erreur fatale. Non seulement l’Etat n’est pas un parangon de vertu, mais substituer le commandement public à la responsabilité personnelle c’est faire un pas supplémentaire dans la prise en charge des citoyens par les gouvernants : la voie du totalitarisme est ouverte.

Si l’appel est donc une marque de « servitude volontaire », il est aussi très ambigu dans sa rédaction. Il n’est pas besoin d’affirmer qu’ « une femme sur deux a été victime d’une violence sexuelle » pour conclure à l’infamie de cette violence.  : serait-elle limitée à un petit nombre qu’elle n’en serait pas moins un problème de société. L’insistance marquée sur les violences dans les relations de travail, au sein des entreprises, est une occasion de remettre sur la table le débat sur le triste sort des salariées. On y accole habituellement le couplet sur le niveau de rémunération et de position des femmes. La guerre des genres La guerre des genres (nouvelle appellation de la misogynie) est déclarée, un tiers des signataires de l’appel se présente comme « féministe militante ».

Mais là n’est pas l’essentiel : on connaît de longue date la tendance française à politiser tous les sujets. Sans nul doute notre Président aura-t-il entendu l’appel. Mais précisément c’est bien là l’essentiel : laisser croire que la violence, sous toutes ses formes, y compris les plus odieuses, est affaire exclusive de gouvernement, et que de bonnes lois, appliquées par de bons juges et de bons policiers, suffisent à éradiquer la violence. Certes, la mission régalienne est celle d’user de la violence d’Etat pour protéger la liberté et la propriété. Mais l’Etat, sauf à s’inspirer du totalitarisme, a des limites.

L’Etat est inopérant si les mœurs poussent à l’indignité. Il y a malheureusement un malentendu, voire même une incompatibilité, entre la « liberté des mœurs » et la dignité de l’être humain. Les libéraux conservateurs (dont je suis, en dépit de l’ambiguïté de l’adjectif conservateur) pensent que la liberté n’est qu’un chemin, par lequel les individus peuvent atteindre leur pleine dignité (« Liberté des actes, dignité des personnes » disait Jean Paul II). Aujourd’hui la liberté est gaspillée, et les mœurs poussent à l’extrême et au barbare. Nous vivons dans des « structures de péché », comme le disaient Jean XXIII et Jean Paul II.

C’est cet environnement qu’il faut remettre en cause, pour mieux revenir au « bien commun », qui ne se confond pas avec quelque intérêt général ou quelque niveau de vie, mais qui est constitué par l’ensemble des règles sociales qui permettent le respect de la personne, et favorisent son épanouissement, en même temps qu’elles créent les conditions de l’harmonie sociale. Ce bien commun est sans doute issu de valeurs morales et spirituelles Réhabiliter les valeurs morales et spirituelles jadis en honneur, mais qui se sont délitées avec les guerres et dictatures du 20ème siècle, avec le décalage entre progrès matériel et progrès humain. Garder l’esprit de partage dans un monde enrichi est difficile.

C’est donc une profonde conversion qu’il faut espérer. Elle se fait essentiellement par l’éducation, par l’exemple, par la conjonction de l’éthique et de l’esthétique. Cela ne peut être l’objet d’un « plan d’urgence » : un plan oblige et punit, alors qu’on recherche spontanéité et responsabilité ; et ce n’est pas dans l’urgence et le court terme que le changement se fera. Certes il faut s’y mettre tout de suite : tout mettre en œuvre pour libérer l’enseignement, restaurer la famille et le rôle de la mère, respecter la vie, réhabiliter le mérite, reconnaître les talents et construire les vraies solidarités. Puissions-nous prêcher et accompagner cette conversion. Oui, c’est urgent.

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1351 du 7 février 2018

Editorial : En marche sans bouger
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