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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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La voix de son maître PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 15 Novembre 2017 00:00

Les seniors comme moi se souviennent d’une publicité qui a accompagné le lancement du « gramophone » dans les années 1930 mais qui a survécu jusqu’au début des années 1950. Pathé Marconi présentait ses disques (en bakélite) avec l’image d’un chien qui écoutait avec perplexité le son émis par le pavillon d’un tourne-disque ; et le slogan qui accompagnait l’image était « la voix de son maître ».

 

 

 

Pourquoi exhiber aujourd’hui cette vieillerie ? Parce que j’ai pensé à « la voix de son maître » en lisant avec attention le « rapport de la refondation de la droite et du centre » présenté le 7 novembre par Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains. Ce rapport a été trop sommairement commenté, parce que l’actualité du moment était au harcèlement, au terrorisme à New York, aux six mois de Macron et à une année de Trump. Pourtant ce document, conçu par les « Ateliers de la Refondation » n’est pas aussi vide qu’on le dit, et doit être à nouveau discuté dans les différentes fédérations locales du parti LR le week end prochain.

Dire qu’il n’est pas vide ne signifie pas que son contenu soit satisfaisant. Il me paraît à l’inverse tout à fait néfaste pour deux raisons de fond : d’une part, il exclut la promotion du libéralisme en France ; d’autre part, il laisse le futur président du parti, élu les 10 et 17 décembre prochains, libre de sa doctrine, s’il veut bien en avoir une. C’est dire que les adhérents LR sont comme le chien de Pathé : ils attendent la voix du maître. J’ai réellement mauvais esprit et mon commentaire inconvenant et irrespectueux me vaudra sans doute quelques inimitiés supplémentaires mais j’ai aussi la modestie de croire que mes propos importent peu à la classe politique, surtout celle qui se flatte d’être de droite.

Le rapport se propose d’être une contribution au débat d’idées, et ses auteurs déplorent avec pertinence l’absence de ce débat dans la vie politique française, et particulièrement à droite. Ils se lancent donc dans un exercice nouveau, que l’on n’avait plus tenté depuis les expériences malheureuses de 1986 et 1993. Mais les nouveaux convertis manquent visiblement de lucidité puisqu’ils rejettent doublement la moindre cohérence doctrinale.

Ils rejettent d’abord le principe d’une vision politique commune : « Notre droite est plurielle, aucun courant, aucune personne, ne peut la confisquer. Soyons forts de cette diversité ». Se dire de droite suffit donc à définir la ligne du parti Les Républicains.

Mais ils rejettent aussi le libéralisme, tel qu’il est conçu la plupart du temps dans la plupart des pays, à partir d’une audacieuse synthèse entre libéralisme et gaullisme. Après avoir reconnu la profonde division entre une « droite libérale » et une « droite populaire », les rapporteurs en viennent à une synthèse audacieuse : il s’agit d’un « axe libéral-gaulliste » Axe Libéral-Gaulliste avec cependant une touche finale de gaullisme « Tout cela nous conduit à affirmer que le gaullisme est une forme de syncrétisme, qui arrive à unir projet libéral et vision de la France dans une synthèse qui répond à l’esprit français ». Voilà donc le libéralisme « à la française », conciliant souverainisme et mondialisme, libre entreprise et dirigisme, justices commutative et distributive. Bref : tout est son contraire. C’est en effet une posture habituelle chez les gaullistes, ennemis de la doxa, fervents du pragmatisme « La doctrine du gaullisme est de ne pas en avoir » (Michel Debré, expert et praticien en la matière). C’est aussi une posture qui nie tout clivage entre droite et gauche – résultat inattendu de personnes qui entendent ne se définir que par leur ancrage à droite.

S’il manque de cohérence doctrinale, le rapport manque aussi de la moindre audace, puisqu’il n’est, comme le dit Bernard Accoyer, qu’un simple « avertissement aux leaders de la droite et du centre ». A la veille des élections à la présidence, les adhérents n’entendent pas dicter sa ligne politique au futur élu. Ce n’est pas un programme qu’ils proposent, aucune réforme ni mesure n’est précisée. Le futur président sera le maître. C’est dire qu’au Jupiter de l’Elysée s’opposera le Zeus de la République. Le président donnera de la voix On reste donc dans la mythologie politique, dans le culte de l’homme providentiel, capable de réunir tous les courants, de mettre fin à la division entre juppéisme (devenu macronisme), sarkozisme (qui a de beaux restes), fillonisme (qui inspire pourtant quelque nostalgie dans le rapport), le tout sur fond de chiraquisme. Le rapport rappelle que « le modèle social français » a divisé la droite et a coûté l’échec autant que le « pénélopegate », mais il refuse de trancher sur la question, laissant sans doute à Laurent Wauqiez, futur président, le soin de concilier libéralisme, gaullisme, socialisme et souverainisme. Mais nous devrons attendre décembre pour, à notre tour, entendre la voix du maître.

Comme moi beaucoup de libéraux risquent de faire la sourde oreille.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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